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Lutte contre l’émigration irrégulière au Sénégal : « Plus de 200 milliards de FCFA dépensés entre 2005 et 2019 », selon une étude de la Fondation Böll (Article republié)

Lundi 9 Novembre 2020

En 15 ans, les autorités sénégalaises n’ont pu endiguer les départs massifs irréguliers de jeunes vers l’Europe malgré l’équivalent de plus de 300 millions d’euros (plus de 200 milliards FCFA) injectés dans les politiques migratoires. La recrudescence de drames en mer a poussé une trentaine d’organisations de la société civile à demander, entre autres, un audit et des comptes à l’État.


Lutte contre l’émigration irrégulière au Sénégal : « Plus de 200 milliards de FCFA dépensés entre 2005 et 2019 », selon une étude de la Fondation Böll (Article republié)
Alors que les départs massifs de migrants vers l’Espagne se multiplient à partir des côtes sénégalaises, entraînant des centaines de morts ou de disparus, la question du financement visant à décourager les postulants à l’émigration irrégulière s’impose aux autorités sénégalaises. Selon la Fondation Heinrich Böll établie à Dakar, «plus de 200 milliards de francs CFA (environ 306 millions d’euros) ont été consacrés à la mise en œuvre de différentes initiatives dans le domaine des migrations entre 2005 et 2019».
 
Selon le document, ce montant est basé «sur le décompte fait à partir de la compilation des différents budgets des projets et programmes migratoires» mis en œuvre au Sénégal.
 
Les financements de politique migratoire ont été identifiés sur trois séquences.
 
La période 2005-2012 – assimilée dans le rapport à l’étape de «verrouillage des possibilités de migration légale» – a provoqué une «ampleur des migrations irrégulières à bord de pirogues surnommées ‘’barça wala barsakh’’ (à Barcelone ou la mort)». Ces sept années ont absorbé 15% du montant total, soit 30 milliards de francs CFA (environ 45,730 millions d’euros).
 
Avec 35% du financement, soit 70 milliards de francs CFA (environ 107 millions d’euros), la deuxième période 2012-2015 a surtout coïncidé avec l’arrivée de fonds européens visant à favoriser le retour au pays de Sénégalais vivant en Europe.
 
Enfin, la majeure partie des investissements –120 milliards de francs CFA (près de 183 millions d’euros)– a été consommée entre 2015 et 2019 et a porté sur divers thèmes: sensibilisation, appuis institutionnels, renforcement du contrôle des frontières, etc.
 
Selon l’étude, en dépit de l’envergure des financements, «les résultats obtenus sont mitigés et le phénomène de la migration irrégulière continue de prendre de l’importance. Cela peut s’expliquer par un contexte institutionnel national marqué par un éparpillement des acteurs et par une absence de politique claire et cohérente».
 
Le professeur Aly Tandian, directeur du Laboratoire d’études et de recherches sur les migrations et faits de société à l’Université Gaston-Berger de Saint-Louis du Sénégal, décrypte le phénomène:
 
«Ce qui a biaisé les actions engagées, c’est la méconnaissance des besoins des populations. Il y a des préalables à respecter comme la cartographie des besoins, le profilage des acteurs, la faisabilité des projets, etc. Les zones de départ des candidats à la migration ont leurs similarités mais aussi et surtout leurs spécificités», analyse-t-il.
 
Il explique qu’il est «parfois surpris de voir émerger des projets maraîchers, agricoles ou avicoles visant à contrer la migration irrégulière alors que leurs bénéficiaires ont des compétences dans d’autres secteurs».
 
L’émotion suscitée dans l’opinion publique par la recrudescence des morts et disparus en mer depuis plusieurs semaines a remis l’État sur la sellette. Ce 3 novembre, un collectif d’une trentaine d’organisations  de la société civile, de syndicats et d’associations de migrants a rendu publique une déclaration pour demander des comptes aux autorités sénégalaises
 
«L’absence d’une vraie politique migratoire se traduit par du pilotage à vue et transforme le pays en gouffre à milliards obtenus de la coopération internationale. Il n’y a aucune transparence sur ces fonds, aucune efficacité depuis le Sommet de La Valette […] et l’adoption du Pacte mondial sur les migrations. Sinon des ministères hypertrophiés, des actions sans impact positif, un décalage avec les attentes des jeunes en particulier. Autant d’errements qui nourrissent et enrichissent des trafiquants sans scrupules», lit-on dans le communiqué.
 
En novembre 2015, dirigeants européens et africains s’étaient en effet retrouvés à La Valette, pour asseoir une «responsabilité commune» dans la gestion des migrations.
 
«La migration, une question complexe»
 
Les objectifs fixés tenaient en quelques points: démanteler les causes profondes favorisant les départs clandestins, renforcer la coopération entre pays pour neutraliser les départs irréguliers, protéger les migrants, établir des politiques de prévention afin d’inciter les candidats à rester dans leur pays, faciliter l’expulsion de clandestins dans leur pays d’origine.
 
Le collectif, pour qui «l’État est responsable de tous ces maux», exige «la publication de tous les projets […] avec leurs montants, les sources de financement et les ministères qui en assurent la gestion, un audit des fonds obtenus (des partenaires étrangers) depuis cinq ans au moins, la publication de tous les accords (de réadmission) signés avec les pays européens, l’Union européenne, le Frontex (Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes), etc.».
 
«Pourtant, ce ne sont pas les solutions qui manquent. Mais pour mettre en œuvre de véritables solutions, il faut de la volonté et de l’humilité. La migration est une question bien trop complexe pour n’être gérée que par des politiques», rappelle le Pr Aly Tandian.
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1.Posté par Me François JURAIN le 17/11/2020 18:23
En un mois, d'après les chiffres espagnols, 3000 sénégalais ont pris les pirogues de la mort, 500 en sont morts. Pendant ce temps, le landernau politique se préoccupe plus de l'arrivée de judas dans la mouvance présidentielle, et du jeu de chaises musicales. Comme disent les jeunes qui prennent les pirogues: de toutes les façons, avant de partir, ici on est déjà mort! Triste constat à 20 ans. Pendant ce temps, le PR, la main sur le coeur, dira et affirmera que jamais, depuis l'indépendance, on a autant fait pour empecher les jeunes de partir! on met à leurdisposition des prêts pour qu'ils se transforment en auto-entrepreneurs, super pour des jeunes quisavvent ni lire ni écrire! On a construit une belle salle (enfin belle, ...une salle) arena, bien en bordure de l'autoroute, pour que tout le monde la voie: il ne manque plus qu'un portrait géant du PR, pour faire bonne mesure. Moi, je préfererai voir un grand et vrai centre de formation professionnelle, pour que jes jeunes qui sont intéressés par la mécanique puisse devenir de vrais mécaniciens sur les voitures d'aujourd'hui, j'aurai préféré que dans ce centre, on forme de vrais menuisiers qui sauraient travailler et réparer le bois comme on le fait aujourd'hui, j'aurai préféré que dans ce centre, on forme de vrais et bons plombiers qui sauraient réparer et installer comme on le fai aujourd'hui, c'est à dire comme on le fait au 21 siècle, et non pas au siècle des années 50; Alor, bien sur, je ne suis pas prophète, mais je pense qu'avec un tel centre, beaucoup de jeunes seraient restés, parce qu'ils auraient un vrai métier dans les mains, et qu'il gagneraient plus que très largement leur vie.
Mais pour un politicien, un tel centre n'a aucun intérêt, voir même, il présente de gros inconvenients:
former des jeunes, les instruire, développer leur intelligence, cela représente un danger pour un président qui veut faire pousser des racines à son fauteuil: des illetrés, vous pouvez les manipuler comme vous voulez, dès qu'ils commencent à être un petit peu instruits, ils sont ingérables...
Un grand centre professionnel au bord de l'autoroute! vous n'y pensez pas, ca ne va pas dans le décor, alors qu'une salle arena, de toutes les couleurs (pour l'instant), c'est quand même plus décoratif: bon d'accord, jusqu'à maintenant, elle n'a jamais servie, mais un jour peut être qu'elle servira, qui sait?
Bon d'accord, il y a eu cinq cent morts, mais vous croyez qu'un président, ca n'a que ca à faire? Le problème du momen, déjà depuis longtemps et encore pour quatre ans, c'est le troisième mandat, comment l'organiser, le faire passer dans l'esprit es gens, ect... Ca c'est un vrai problème! Mais l'imigration, bof, ce n'est pas d'aujourd'hui...et ce n'est pas prêt de s'arrêter, alors...tandis que les prochaines élections, ca c'est du sérieux: comment faire pour couple les législatives avec la préidentielle et le troisième mandat...Ca ce sont des vrais problèmes!
Et pendant ce temps, les pirogues continueront de partir, les jeunes continueront de mourir, et les politiciens de s'enrichir...On a rien inventé, cela marche comme ca depuis que le monde est monde...
De mon côté, je présente mes condoléances attristées aux familles éplorées, je pense à celles que je connais personnellement, du village de sendou, de Bargnie? rUFISQUE..des discussions que j'avais avec ces jeunes, sans espoir, sans avenir, sans illusions: "lorsque vous n'avez même pas dans votre poche de quoi payer un café à votre copine, et que vous savez que cela ne changera pas, ne changera jamais parce que tous les politiciens qui se sont succédés nous ont ignoré, maintenus dans un état de pauvreté afin de mieux s'enrichir..." Difficile de mentir à un gosse de 20 ans qui vous explique que de toutes les façons, il est déjà mort...Et surtout maintenant, difficile de contenir sa colère, quand on voit et que l'on comprend le dessous des cartes...On pourrait se dire: que ceux qui sont morts ne sont pas morts pour rien, mais malheureusement, si. iLS SONT MORTS POUR RIEN, dans l'indifférence générale, à commencer par ceux qui ont du sang sur leurs mains, responsables de l'anéantissement de toute une jeunesse qui ne demande qu'une chose: qu'on leur apprenne à travailler pour qu'ils aient un vrai métier, pour vivre nomalement. Est ce trop demander???
Me François JURAIN

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