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Les réflexes autoritaires de retour

Samedi 18 Septembre 2021

Depuis quelques semaines, c’est le retour à la case-départ dans la gestion des « autorisations » liées aux manifestations publiques. Un tour de vis systématique est ainsi appliqué aux demandes citoyennes concernant l’exercice de libertés publiques constitutionnelles. C’était le cas ce week-end avec l’interdiction d’une marche contre la cherté des denrées alimentaires de première nécessité. Ce fut déjà le cas la semaine dernière en banlieue dakaroise. Ici et là, des citoyens ont été arrêtés, brutalisés, privés de libertés pendant des heures, relâchés… Et rebelote sans doute sous peu.
 
En revenant à la règle illégale des interdictions systématiques sous prétexte d’anticiper le « trouble à l’ordre public », le président de la république, par l’entremise de sa préfecture politisée, réenfile le sombre costume de la répression qui caractérise sa conception autoritariste du pouvoir. Or, il y a quelques mois, ses propres certitudes avaient été dangereusement secouées par une violente insurrection politique. L’une des branches de cette rébellion fut justement de mettre un terme au bâillonnement des libertés minimales dont les citoyens d’une démocratie, même de moyenne qualité, sont en droit de jouir. C’était la réponse à un processus de normalisation stalinienne de principes démocratiques immuables et inviolables sacralisés par la Constitution. Désireux subitement de sauver son pouvoir, Macky Sall abdiqua sans demander son reste.
 
Six mois après, comme s’il attendait que la bourrasque de mars 2021 perdît de sa puissance, le voilà qui retombe dans ses vieux réflexes impérieux, oubliant que c’est son autoritarisme primesautier qui fut l’une des causes de ces événements sanglants. Les forces de l’ordre sont de retour sur scène, sous les accoutrements préférés de politiciens cyniques : ceux de la répression. Au nom du principe de déclenchement des causes et des effets, il n’est pas certain que cette voie soit la mieux indiquée pour assurer la paix sociale.
 
 
 
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1.Posté par Me François JURAIN le 06/10/2021 11:53
Je resterai toujours étonné devant la naïveté (loin de moi l'idée de considérer ce terme comme une insulte, au contraire) des sénégalais, de tous poil et de tous bord!
Car enfin, depuis 2012, c'est à dire 9 années presque pleines et entières, le chef de l'état, préalablement nommé par effraction, puis réélu alors qu'il n'était pas majoritaire en voix, n'a eu de cesse de concentrer entre ses mains, non seulement tous les pouvoirs, mais également tous les pouvoirs, fouler aux pieds une constitution dont il na que faire, faisant avaliser par un conseil constitutionnel dont il est risible d'utiliser ce terme pour une assemblée de ce type produisant le travail qu'il produit, une justice dont il a bien compris tous les avantages qu'il pouvait tirer en transformant un Procureur général en "petit télégraphiste", maitrisant pleinement une assemblée nationale en maintenant en place son président, homme d'affaire si il en est, et dont la première des qualités est de savoir compter (ses sous), ect...ect...ect.. la liste est longue, et non exhaustive, et je lis encore, sous des plumes que j'admire, ce qui me fait encore plus mal, que l'on utilise sans vergogne, le terme de "démocratie"!
Il n'y a aucune honte, puisque les faits sont là, ténus, à reconnaitre que le pays s'est non pas lentement, maus assez rapidement, transformé en un régime dictatorial classique, ou un seu homme dirige, commande, et fait exécuter ses ordres, sous l'intimidation (nous n'en somme pas encore arrivés à la terreur, quoi que...)
Il est donc tout à fait normal, dans une dictature classique, que son "président" (le terme est très mal choisi pour un dictateur, mais passons) choisisse qui a le droit de défiler de manifester, dans un pays dont il a décidé qu'il lui appartenait, et où il pouvait faire ce qu'il voulait sans que personne ne l'en empêche!
D'ailleurs, qui pourrait l'en empêcher? L'opposition? Ou est elle, l’opposition? Le parti socialiste s'est laissé acheter, et n'existe plus, REWMI, présenté comme le parti numéro un d'opposition, par la personne de son leader, à trahi ses militants pour les embarquer dans une barque où aucun ne voulait aller, PASTEF est en perdition, et se prépare un stratagème avec le PDS, qui aura pour finalité, de rejoindre la "mouvance" présidentielle, afin de soutenir l'ennemi de toujours, devenu ami, pour 2024, puisque le dictateur en place a décidé, depuis bien longtemps, de se présenter (les résultats sont connus d'avance) à un troisième mandat, en échange d'une dette fiscale, prononcée par une justice, que les impétrants ne reconnaissent que lorsqu'elle touche les autres!
Là encore, grande naïveté qui m'impressionne, de la part des sénégalais: tous ces achats à grand frais (car les vendus, les traitres sont exigeants! N'est ce pas, Madame la coordinatrice de FOUTA TAMPI?) de politiciens véreux-voyoux, sans aucune conviction en dehors de celle de leur compte en banque, toutes ces transactions politico-mafieuses, croyez vous un seul instant que cela se paie avec l'argent du dictateur? Non, évidemment, c'est bien avec l'argent publique que tout cela se passe! Et cet argent, c'est celui qu devrait servir à améliorer les écoles, les hôpitaux, et que sais je encore, c'est en tout cas comme cela se passe en démocratie! Force est quand même de constater que nous en sommes bien loin!
Alors, de grâce, Messieurs les journalistes, les observateurs politiques, toute cette élite talentueuse dont le travail (et le devoir) de porter un oeil objectif sur la politique du pays, vous êtes nombreux qui me procuraient un immense plaisir, lorsque je vous lis ou vous entend à la télévision, faites preuve d'objectivité (je sais que vous n'en manquez pas) et n'utilisez plus ce terme de démocratie pour le sénégal, car vous savez aussi bien (mieux) que moi, que ce terme, depuis 2012, est totalement inapproprié. Ou alors, il faudra m'expliquer ce qu'est une démocratie!
Cordialement et en toute sympathie, merci pour le plaisir que j'ai à vous lire, Momar DIENG et les autres,
Me François JURAIN

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