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Les actions européennes réduisent un peu leur chute du 1er trimestre

Mardi 31 Mars 2020

Les Bourses européennes ont terminé en hausse mardi, profitant du rebond des cours du pétrole et d’un indicateur économique chinois encourageant pour réduire un peu leurs pertes de mars et du premier trimestre, les plus lourdes depuis plus de 30 ans.
 
À Paris, le CAC 40, hésitant pendant la deuxième partie de séance après avoir gagné jusqu’à 1,35% en matinée, affiche en clôture une hausse de 0,4% (17,61 points) à 4.396,12 points. A Londres, le FTSE 100 a gagné 1,95% et à Francfort, le Dax a progressé de 1,22%.
 
L’indice EuroStoxx 50 a pris 0,77%, le FTSEurofirst 300 1,62% et le Stoxx 600 1,65%.
Au moment de la clôture en Europe, Wall Street évoluait en territoire positif, le Dow Jones s’adjugeant 0,64%, le Standard & Poor’s 500 0,52% et le Nasdaq Composite 0,82%.
 
L’indice PMI manufacturier officiel chinois est remonté à 52 en mars après sa chute historique à 35,7 en février, ce qui suggère que le secteur industriel a déjà renoué avec la croissance de l’activité alors que les économistes interrogés par Reuters tablaient sur une poursuite de la contraction et un indice à 45,0.
 
Pékin souligne toutefois qu’il est trop tôt pour parler de stabilisation de la situation, une prudence partagée par de nombreux observateurs face aux inconnues persistantes sur l’évolution de la pandémie de coronavirus, y compris en Chine où certains redoutent une “deuxième vague” d’infections avec la levée de certaines mesures de confinement.
 
Quelles que soient la réalité et la durée de l’embellie, les performances économiques chinoises du premier trimestre devraient être plombées par la paralysie économique de février, note Oxford Economics: “dans notre scénario de base, nous tablons désormais sur une chute de 14,1% de la production industrielle chinoise au premier trimestre par rapport au précédent”, explique Sean Metcalfe et Stephen Foreman, économistes du cabinet, dans leur dernière note de conjoncture.
 
Pour les indices boursiers, les performances mensuelles et trimestrielles sont elles aussi des baisses à deux chiffres: le CAC 40 a perdu 17,21% en mars et 26,46% sur l’ensemble des trois premiers mois de l’année, du jamais vu depuis 200. Quant au Stoxx 600, il accuse une baisse mensuelle sans précédent de 14,8% et une chute trimestrielle de 23%.
 
Et les investisseurs ne voient le bout du tunnel que dans plusieurs mois: “Le deuxième trimestre devrait être difficile mais la situation devrait s’améliorer vers la fin de l’année” prédit ainsi Sébastien Galy, stratège macro senior chez Nordea Asset Management.
 
“Lorsque la peur commencera à reculer, la volatilité devrait chuter sur les marchés d’actions. Cet effet fixera un plancher au marché et offrira un potentiel de hausse, le marché misant sur différents trains de mesures de sauvetage. Mais nous allons devoir affronter une forte récession et gérer de nombreux avertissements sur les bénéfices et de nombreuses faillites.”
 
VALEURS
 
La meilleure performance sectorielle du jour est pour le compartiment du pétrole et du gaz, qui a rebondi de 6,18%. Celui du transport et du tourisme a pris 5,12%, celui des matières premières 3,91%. A l’opposé, le secteur des télécoms a abandonné 0,35% et celui des banques 0,18%.
 
A Londres, WPP a gagné 6,9% malgré la suspension de son dividende comme de ses rachats d’actions et le retrait de ses prévisions 2020. Les analystes de Citi notent que ces décisions prouvent la prudence de la direction et que la baisse d’activité en Chine évoquée par le géant de la publicité n’est pas aussi marquée qu’anticipé.
 
Dans son sillage, Publicis a pris 11,96% la plus forte hausse du CAC.
A la baisse, Safran a chuté de 5,61% à 80,14 euros, Morgan Stanley ayant fortement réduit son objectif de cours, à 79 euros contre 145 auparavant.
 
LES INDICATEURS DU JOUR
 
En Europe, les premières estimations de l’inflation en France comme dans l’ensemble de la zone euro montrent un net ralentissement de la progression des prix en mars, à 0,7% seulement en rythme annuel.
 
Aux Etats-Unis, la confiance du consommateur est revenue en mars à son plus bas niveau depuis juillet 2017, l’indice du Conference Board revenant à 120,0 après 132,6 en février.
 
CHANGES
 
Le dollar, orienté à la hausse depuis le début de la journée, a abandonné ses gains après l’annonce par la Réserve fédérale américaine de l’ouverture d’une nouvelle facilité de fourniture de dollars aux autres banques centrales…
 
L’indice mesurant ses fluctuations face à un panier de référence cède désormais 0,06%.
L’euro réduit ainsi son recul à 0,31%, à 1,1012 dollar.
Sur l’ensemble du trimestre, l’”indice dollar” affiche une hausse de 2,7%.
 
TAUX
 
Le retour au moins temporaire de l’appétit pour le risque a fait remonter les rendements obligataires: celui du Bund allemand à dix prend six points de base à -0,472%, celui des Treasuries de même échéance près de deux points à 0,6836%.
 
Le dix ans italien, lui, est en hausse de plus de quatre points de base à 1,545% après une adjudication de 8,5 milliards d’euros, le montant maximal prévu, jugée rassurante même si elle a été bouclée avec des rendements à l’émission au plus haut depuis huit mois (0,8% à cinq ans, 1,48% à dix ans).
 
PÉTROLE
 
Le pétrole réduit ses gains mais reste orienté à la hausse et s’éloigne de ses plus bas de 18 ans après l’entretien téléphonique de lundi entre Donald Trump et son homologue russe, Vladimir Poutine, qui entretient l’espoir d’une trêve dans la guerre des prix dévastatrice entre l’Arabie saoudite et la Russie.
 
Le Brent gagne 0,18% à 22,80 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 1,69% à 20,43 dollars.
Ils affichent sur le premier trimestre une chute inédite de plus de 65%. (Reuters)
 
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