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Le Sénégal suspend son accord d’extradition judiciaire avec la France, deux affaires en cause

Vendredi 12 Décembre 2025

Yassine Fall, ministre sénégalaise de la Justice (photo d'archives)
Yassine Fall, ministre sénégalaise de la Justice (photo d'archives)

Le Sénégal a décidé de suspendre son accord d’extradition avec la France, jusqu’à ce que Paris accepte de lui remettre deux de ses ressortissants recherchés par la justice sénégalaise, a déclaré la garde des Sceaux, ministre de la Justice, Yassine Fall, jeudi, à Dakar.

 

‘’Nous avons décidé de suspendre toute extradition vers la France, jusqu’à ce qu’elle réponde à nos demandes d’extradition concernant deux de nos compatriotes’’, a soutenu Mme Fall devant les députés réunis pour examiner le budget 2026 du ministère qu’elle dirige.

 

Le Sénégal a demandé à la France d’extrader deux citoyens sénégalais. Le premier est  l’homme d’affaires et journaliste Madiambal Diagne, président-directeur général du Groupe Avenir Communication (privé), réfugié en France le 25 septembre 2025 après avoir échappé à la police. Le second est un autre homme d'affaires, Doro Gaye, impliqué dans une affaire d'escroquerie foncière pour laquelle la justice sénégalaise a émis un mandat d'arrêt international à son encontre. Lui aussi a fui le Sénégal avant de se retrouver à Paris.

En réaction à cette mesure de Dakar, le collectif des avocats de Madiambal Diagne a dénoncé un "chantage diplomatique" qui viserait à influencer la décision du tribunal de Versailles concernant le sort de son client et attendue en début février 2026.

 

Le Sénégal et la France ont signé un accord d’extradition en vertu duquel la justice française demande souvent que lui soient remis des prévenus vivant dans le territoire sénégalais, a rappelé Yassine Fall.

 

Selon elle, les demandes d’extradition provenant de la France concernent souvent des citoyens dudit pays, quelquefois des binationaux.

 

En 2024 et 2025, le Sénégal a reçu de la France une vingtaine de demandes d’extradition, a indiqué Mme Fall, précisant que la justice sénégalaise a répondu favorablement à trois d’entre elles.

 

Selon la garde des Sceaux, le Sénégal a refusé de remettre aux autorités françaises quatre des prévenus réclamés.

 

En raison du ‘’blocage’’ de deux demandes d’extradition du Sénégal, Dakar n’a pas donné suite à 10 demandes reçues de la France, a signalé Yassine Fall.

 

‘’Le Sénégal a fourni toutes les justifications nécessaires et continue de demander leur extradition. Tant que ces demandes ne sont pas satisfaites, nous suspendrons toute extradition vers la France’’, a insisté Mme Fall.

 

‘’La réciprocité va s’appliquer’’, a-t-elle poursuivi, précisant que 12 demandes reçues de la France tombent sous le coup de la suspension de l’accord d’extradition par le Sénégal.

 

Les personnes recherchées par la justice française et vivant au Sénégal continueront à être interpellées, mais elles ne seront pas remises à la France, a précisé la ministre de la Justice. ‘’Nous les ferons arrêter, si c’est nécessaire, mais nous ne les extraderons pas’’, a-t-elle soutenu.

 

Le montant des autorisations d’engagement (dépenses) du ministère de la Justice pour l’année budgétaire 2026 s’élève à 81,35 milliards de francs CFA. Celui de ses crédits de paiement (ressources) est de 81,01 milliards. [IMPACT avec APS]

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1.Posté par Me François JURAIN le 13/12/2025 10:00
La réciprocité est tout à fait normale. Peut être eu-t-il été plus judicieux d'attendre la prochaine audience concernant le journaliste patron de presse homme politique milliardaire, DIAGNE, tout en menant, pendant ce temps imparti, prévu si ma mémoire est bonne pour le mois de janvier, une discrète négociation au plus haut niveau, dans l'intérêt bien compris des deux parties. Surtout que le SENEGAL avait une carte maitresse dans son jeu, avec l'arrestation récente de l'assassin d'un jeune, en FRANCE, il y a quelques temps, affaire qui avait fait grand bruit en son temps, et n'a pas fini d'en faire.

De toutes les façons, DIAGNE n'aurait pas été extradé, pour des raisons liées à sa personne et sa vie personnelle, en France.

A l'échelon mondial, il serait temps de revoir ce problème d'extradition, car tous les pays accusent l'autre de ne pas pratiquer l'extradition, mais très peu (voire aucun) jouent vraiment le jeu. C'est bien dommage, mais la France (entre autres) serait mal venue de pousser des grands cris d'orfraie devant cette posture du SENEGAL, alors qu'elle même n’extrade que très peu de monde. Là encore, il s'agit du grand bal des hypocrites, pour lequel on refuse du monde! Donc la réciprocité aura peut-être cet avantage, de faire comprendre que dans ce domaine là, c'est donnant-donnant, et c'est très bien ainsi.

Me François JURAIN

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