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Le Président et ses inondations: de l'hypocrisie sous les eaux

Samedi 5 Septembre 2020

Image d'archives
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Plus de vingt ans de présence active et stratégique dans l’espace politique sénégalais. Président de la République depuis avril 2012. Premier ministre, il l’a été. Président de l’Assemblée nationale également. Ministre de l’Intérieur, ministre des Mines, de l’Energie et de l’Hydraulique, il l’a été. De même que Directeur général de Petrosen. Par deux fois au moins, il a fait le tour du Sénégal et semble en connaître les coins et recoins insoupçonnés. Même s’il a été fortement « encadré » et « conseillé » avant et après son arrivée au pouvoir, il disposait déjà d’une solide expérience politique qui, cumulée à des circonstances exceptionnelles, lui a permis de damer le pion à des vieux de la vieille classe politique incapables de saisir la chance de leur vie à un moment crucial de leur carrière politique.
 
En regard de tous ces éléments factuels et de bien d’autres encore, lorsqu’il est donc rapporté que le Président de la République se serait indigné et ému des dégâts causés par les pluies qui s’abattent sur le pays, on a l’impression d’être nargué. On peut avoir le vilain sentiment d’être le jouet d’une partie de forfanteries qui se jouerait au coin d’une plage confisquée de Mermoz contre les populations prisonnières des inondations depuis Mathusalem.
 
S’indigner aujourd’hui et maintenant des dégâts des inondations sur de pauvres gens tout en étant convaincu de sa propre impuissance ne peut être que cynisme pur et simple. S’indigner du sort de ses compatriotes – au bon milieu de l’hivernage - en sachant parfaitement que l’on a échoué à empêcher le pire contre eux est un signe de mépris net. S’indigner après avoir déroulé – en l’entretenant - une chape de corruption historiquement jamais égalée au Sénégal à tous les niveaux de l’appareil d’Etat est une forme refoulée de revanche sur un destin implacable. On ne se refait pas. Enfin, pas toujours.
 
Nos politiciens professionnels, des plus aguerris et retors aux plus jeunes cupides et pressés, ont appris à tout contourner dans ce pays : les lois, les institutions, les organes de contrôle, la vigilance citoyenne, jusqu’aux choix des électeurs. Alors, les inondations qui assaillent ceux qui les ont «élus» ne peuvent être plus que des dégâts collatéraux. Nous en sommes là et nulle part !
 
 
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1.Posté par Me François JURAIN le 14/09/2020 12:46
Les inondations, c'est un peu comme le sparadrap: difficile de s'en défaire, lorsqu'il vous colle aux doigts!
Ca revient tous les ans, avec une force et une intensité que vous ne maîtrisez pas, c'est la loi de la nature, laquelle a été considérablement déviée par la main de l'homme, depuis de nombreuses décennies, ce dont on ne peut rendre coupable le Président, Macky SALL;
Au sénégal (mais pas que) les inondations sont un vrai fléau, pour des Raisons parfaitement identifiées:
-Absence de reseaux à la hauteur,
-Absence d'entretien du peu de réseau existant,
-constructions dans des zones inondables.
Ce qui est intéressant, c'est que ces trois causes peuvent parfaitement être identifiées, analysées, et par une audit même légère, on peut parfaitement remonter jusqu'aux responsables: Oh, cela n'empechera pas la pluie de tomber (et ensuite de remonter, car l'eau, elle passe, et si on dévie son chemin, elle passe là où elle peut, mais personne n'arrêtera jamais l'eau!)
Les reseaux: parlons en! tous les ans, on entend dire que tant de milliards ont été affectées à la création et réparation de tel ou tel réseau! c'est facile de vérifier, et,de vérifier aussi les facures, ainsi que la destination réelle des fonds.
Si l'on exclue les constructions illicites, qui n'ont que ce qu'elles méritent car la loi se doit d'être respectée par tous, en ce qui concerne les constructions autorisées, il faut un permis de construire. Sur ce permis de construire, il y a une signature. D'une personne qui n'aurait jamais dû signer ce permis de construire, sachant qu'il s'agit d'une zone non aedificendi, inondable.
Il est donc tout à fait normal que ce signataire, parfaitement identifié, soit traduit en justice, pour répondre de ses actes: cela s'appelle la responsabilité, et elle incombe à chacun, même si le responsable appartient à l'APR!
Enfin, les 760 milliards, dépensés parait il, depuis 2012!
Moi les explications aussi embrouillées qu'embarassées du DG de l'ONAS ne m'ont pas convaincu; Il y a un certain décalage, en ce qui concerne l'excellence du réseau décrit par ce Monsieur, et les constatations que tout un chacun peut faire, pour peu qu'il prenne la peine de se promener dans DAKAR, à pieds, qu'il pleuve ou non.
Là, il est facile de constater l'émergence: émergence des eaux pluviales, émergence des eaux usées qui se mélangent, soulèvement des plaques d'égouts, qui attestent bien évidemment d'un réseau totalement inadapté, ect...
Donc là aussi, les vérifications sont faciles: travaux égal factures, factures égal dépenses, dépenses égal paiement et identification du bénéficiaire.
a mon avis, un élève de seconde, même pas le premier de la classe, devrait être capable de faire ce petit travail: apparemment, pas Monsieur le DG de l'ONAS.
Plutot que de lancer des défi à Monsieur Ousmane SONKO, pour qu'il vienne vérifier "sur pièce", que ce DG publie dans un journal local, cette mini comptabilité: voila ce que nous avons fait, voila ce que ca a coûté, voila ce que nous avons payé!
Car pourquoi féglé ce problème dans un bureau entre deux personnes, fussent elles honorables! le sénégal n'appartient ni au DG de l'ONAS, ni à Macky SALL, ni à Monsieur SONKO, il appartient au SENEGALAIS; C'est donc à eux, et à eux seuls, qu'il faut rendre des comptes.
"ce qui se comprend bien s'énonce clairement"
C'est pourtant simple, non!
Me François JURAIN

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