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La crise couve au sommet de l'exécutif français

Lundi 28 Novembre 2016

La crise couve au sommet de l'exécutif français

PARIS (Reuters) - Une crise majeure couvait lundi au sommet de l'exécutif français après les propos de Manuel Valls évoquant sa candidature à la primaire de la gauche en vue de l'élection présidentielle, qui sonnent comme un affront à François Hollande.

Le Premier ministre est-il allé au trop loin ? Oui, aux yeux du porte-parole du gouvernement, qui réclame une "explication claire et franche" entre les deux hommes, alors que le chef de l'Etat, impopulaire et affaibli, doit annoncer dans les jours qui viennent s'il brigue ou non un second mandat.
 
"Il n'y aura pas de primaire entre le président de la République et le Premier ministre", a déclaré Stéphane Le Foll sur Europe 1.

"Ça n'existe pas, ça ne peut pas s'imaginer, sauf dans des esprits qui ont un peu tendance à confondre leur ressentiment personnel avec l'intérêt général", a ajouté ce proche de François Hollande dans une allusion au président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone, qui a émis le souhait que les deux têtes de l'exécutif participent en janvier à une primaire de la gauche la plus ouverte possible.

Un scrutin impliquant les deux dirigeants, "ça n'a pas de sens, c'est une situation totalement baroque", a renchéri sur BFM TV le député PS Christophe Caresche.
 
François Hollande et Manuel Valls se retrouvent ce lundi pour un déjeuner hebdomadaire dont la teneur pèsera sur l'avenir immédiat d'une gauche balkanisée, alors même que la droite vient de désigner François Fillon pour la représenter en 2017, à l'issue d'une primaire populaire et incontestée. Le Premier ministre doit ensuite s'envoler pour une visite de 24 heures en Tunisie.
Une mise au point entre les locataires de l'Elysée et de Matignon est aussi réclamée par le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, à la tête d'un parti aux abois particulièrement indiscipliné.
 
"RIEN D'IRRÉPARABLE N'A ÉTÉ DIT"
Sur France 2, le patron des socialistes a tenté de calmer les esprits, préférant parler de "discussion" plutôt que de "crise" au sein de l'exécutif.
"Rien d'irréparable n'a été dit", a-t-il souligné.
"Là, on est dans la supputation, on est dans simplement la discussion entre le Premier ministre et le président de la République pour voir comment les choses vont déboucher et elles déboucheront par une seule candidature", a-t-il assuré.

Pour Stéphane Le Foll, une entrée effective de Manuel Valls dans la course à l'Elysée se traduirait forcément par un départ de Matignon. "A ce moment-là, il n'est plus Premier ministre, c'est aussi simple que ça", a-t-il dit.
 
Signe de la nervosité ambiante, l'Elysée a formellement démenti dimanche soir les rumeurs de changement de Premier ministre, réclamé par certains proches du président et des candidats déclarés à la présidentielle comme Arnaud Montebourg et Emmanuel Macron.
"Dans l'intérêt du pays, je pense que cela doit cesser", a déclaré le premier, en lice dans le cadre de la primaire de la gauche. Manuel Valls "ne peut pas à la fois être Premier ministre et être candidat à la présidence de la République".
 
Emmanuel Macron, qui a démissionné du gouvernement pour se lancer dans la course vers 2017, juge que la situation actuelle n'est "pas tenable" et que Manuel Valls est "allé trop loin".
La tension au sommet de l'Etat atteint son paroxysme après des semaines de pression sur l'Elysée de la part des proches de Manuel Valls, qui a déclaré dans le Journal du dimanche qu'il était "prêt" à participer à la primaire.
 
Des propos au cours d'un week-end embouteillé qui a aussi vu l'annonce de la candidature à l'Elysée de la présidente du Parti radical de gauche, Sylvia Pinel, et le soutien du Parti communiste au candidat de "France insoumise", Jean-Luc Mélenchon. Deux candidatures annoncées hors primaire du PS.
 
Cette semaine de tous les dangers pour le couple exécutif doit s'achever samedi par un rassemblement de la Belle alliance populaire, mouvement lancé par le PS pour tenter de mettre en ordre de bataille une primaire "ouverte" désormais compromise. 

 
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