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L’UE en voie de conclure son prêt de 144 milliards à l’Ukraine

Mercredi 22 Avril 2026

L’Union européenne a lancé mercredi la procédure qui doit lui permettre, sauf coup de théâtre, de conclure définitivement la longue saga du prêt de 90 milliards d’euros (144,4 milliards de dollars canadiens) consenti par les 27 en décembre à l’Ukraine, mais bloqué depuis par la Hongrie.

 

Ce déblocage est « le bon signal dans les circonstances actuelles », a réagi le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

 

Chypre, qui assure la présence semestrielle du Conseil de l’UE, a annoncé avoir initié la procédure devant aboutir, dans les 24 heures, à un accord final des 27, y compris la Hongrie. Cet accord lèvera alors le dernier obstacle au versement de ce prêt indispensable à Kyiv pour financer sa guerre contre la Russie sur la période 2026-2027.

 

Et sans attendre l’issue jeudi, plusieurs responsables européens ont d’ores et déjà salué « une décision attendue de longue date », selon l’expression du président lituanien Gitanas Nauseda.

 

« L’Ukraine dispose désormais, pour un avenir prévisible, d’une base stable lui permettant de repousser la guerre d’agression » menée par la Russie, a indiqué Stefan Kornelius, porte-parole du chancelier allemand Friedrich Merz.

 

Une fois l’obstacle hongrois définitivement levé, après des mois de suspense et de rebondissements, l’UE espère verser rapidement une première tranche de ce prêt, indispensable à l’Ukraine pour financer sa guerre contre la Russie.

 

Il reste néanmoins une petite incertitude. Budapest a toujours posé une condition à la levée de son veto : la reprise de livraisons de pétrole russe, via un oléoduc qui traverse l’Ukraine, endommagé par des frappes russes en janvier.

 

Les deux sujets n’ont a priori rien à voir, mais le premier ministre hongrois Viktor Orban, proche de Moscou, a toujours su utiliser tous les leviers à sa disposition pour tenter d’obtenir gain de cause.

 

« Pas de pétrole = pas d’argent » pour l’Ukraine, n’a-t-il cessé de répéter.  

 

« Droujba »

 

Or, si l’Ukraine a bien annoncé mercredi la remise en fonctions de l’oléoduc Droujba (amitié en russe), le brut ne coule toujours pas en Hongrie et Slovaquie, les deux pays de l’UE bénéficiant d’une exemption pour continuer à se fournir en pétrole russe auprès de la Russie.  

 

« À 12 h 35, le transit du pétrole a été lancé » depuis le tronçon de l’oléoduc en Ukraine, a annoncé à l’AFP un responsable ukrainien du secteur énergétique.

 

Mais la ministre slovaque de l’Économie, Denisa Sakova, a pour sa part indiqué sur Facebook que les premières livraisons de pétrole russe n’étaient pas attendues avant les premières heures jeudi matin.

 

Prudents, les diplomates chypriotes ont donc fixé à jeudi après-midi la fin de la procédure écrite, au terme de laquelle l’accord sera définitivement entériné.

 

Dans le jargon bruxellois, une procédure écrite donne un certain délai à chaque État membre pour dire, formellement, s’il est d’accord ou non.  

 

Une réponse positive, qui vaut un accord, permettra à la Commission européenne de prendre les mesures nécessaires au paiement à l’Ukraine d’une première tranche de ce prêt. L’UE a prévu de verser 45 milliards (72,2 milliards de dollars canadiens) en 2026 et la même somme en 2027.

 

« L’Ukraine remplit ses obligations dans ses relations avec l’Union européenne, y compris sur des questions aussi sensibles que le fonctionnement de l’oléoduc Droujba », a assuré mercredi M. Zelensky.

 

Kyiv et les responsables européens espèrent également que les conditions sont tout aussi réunies pour permettre l’adoption rapide de nouvelles sanctions contre la Russie, également bloquées depuis des mois par un veto de la Hongrie.  

 

Budapest et Bratislava ont, pour les mêmes raisons liées au pétrole russe, décidé de bloquer un accord sur un 20e « paquet » de sanctions contre Moscou. [AFP]

 
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