En septembre dernier, la commission avait déjà conclu que les autorités et forces de sécurité israéliennes avaient commis « quatre des cinq actes génocidaires » définis par la Convention de 1948 sur le génocide.
Selon les enquêteurs indépendants de l’ONU, « le ciblage délibéré des enfants est l’un des éléments clés permettant d’établir l’intention génocidaire des autorités et forces de sécurité israéliennes de détruire le groupe palestinien, dans son ensemble ou en partie, à Gaza ».
« Les preuves montrent que des enfants palestiniens ont été délibérément pris pour cible et tués par les forces de sécurité israéliennes », a déclaré Srinivasan Muralidhar, président de la Commission. « Même après le cessez-le-feu d’octobre 2025, des enfants continuent d’être tués et gravement blessés, Israël continuant à faire fi du cessez-le-feu ».
Allégations de violences sexuelles à l’encontre d’enfants
Dans son nouveau rapport, la commission affirme que les conséquences du conflit dépassent largement les pertes humaines. Les enfants sont ainsi victimes de blessures importantes, de séparations, de déplacements forcés, de famine ou encore de manque d’accès à l’éducation et la santé. Ils ont été arrêtés et torturés dans les centres de détention, sans indication où ils se trouvaient pour leurs proches.
« Les blessures physiques et psychologiques graves, les traumatismes collectifs, l’orphelinage, la séparation, le handicap, les déplacements répétés, la famine et l’effondrement des systèmes éducatif et sanitaire ont anéanti l’enfance de ces enfants et continueront de les marquer tout au long de leur vie à Gaza », détaille le rapport.
Les forces de sécurité israéliennes ont également recouru à la violence sexuelle à l’encontre d’enfants dans le cadre d’une humiliation et d’une oppression collectives, ancrées dans un schéma prolongé, ethnique, genré et intergénérationnel d’occupation et d’hostilités israéliennes.
Les enquêteurs dénoncent notamment le ciblage de services de maternité et de néonatologie, qui aurait entraîné une hausse des fausses couches et des complications à la naissance. « En prenant pour cible les enfants, Israël sape les fondements de la société palestinienne, affaiblit la vitalité démographique et la capacité globale du peuple palestinien à préserver et à exercer son droit à déterminer son avenir en tant que peuple ».
Ils accusent également le blocus imposé à Gaza d’avoir provoqué une famine ayant contribué à la mort d’enfants et à la dégradation de leur état de santé.
Crimes de guerre en Cisjordanie
Selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), plus de 260 enfants ont été tués depuis la trêve, soit un chaque jour. Des centaines ont été blessés par les frappes menées par Israël.
Parallèlement, les trois enquêteurs indépendants note qu’Israël est aussi responsable de crimes de guerre contre les enfants en Cisjordanie. En outre, le démantèlement et la destruction d’orphelinats et d’établissements scolaires à Gaza et en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, ont entravé la prise en charge et le développement cognitifs, sociaux et émotionnels des enfants et ébranlé les fondements de la société palestinienne.
La Commission d'enquête demande donc à Tel Aviv de mettre un terme à ses violations et ses crimes. Elle a identifié des unités militaires qui ont mené ces exactions et formule des recommandations à l’intention d’Israël et de tous les États membres afin de garantir que les auteurs de ces crimes répondent de leurs actes. [ONU Info]







FRANCE


