Connectez-vous

Industrie du cacao: quand le chocolat enrichit les multinationales et ruine l’Afrique

Mardi 7 Avril 2026

Industrie du cacao: quand le chocolat enrichit les multinationales et ruine l’Afrique

Comme l'année précédente, les consommateurs de cacao en Europe, et plus particulièrement en France, tapent du point en raison de la flambée des prix. Le prix des chocolats continue d'augmenter (+4 % cette année). En quatre ans, les prix ont grimpé de 36 %: 9 % en 2023, 5 % en 2024 et 14 % en 2025, déplore UFC-Que choisir (Union fédérale des consommateurs), la première association de défense des consommateurs en France.

 

Une bonne affaire pour les chocolatiers, d’autant plus que les ventes durant cette période de Pâques est la plus faste, représentant 11 % du chiffre d'affaires annuel.

 

Une situation intrigante pour les consommateurs. En douze mois, le prix du cacao a été divisé par trois. La tonne est en effet passée en moyenne de 11 000 dollars à 3 000 dollars.

 

Le syndicat des chocolatiers de France relativise le contraste qui, de son point de vue, n’est qu’apparent. Le cacao ne représente qu’entre 10 et 20 % des ingrédients entrant dans la fabrication d’une tablette de chocolat, justifie-t-il. Il souligne l’apport d'autres intrants comme le beurre, le sucre, le lait, de la poudre, etc. dont les prix connaissent des fluctuations.

 

De plus, insistent les professionnels du cacao, la matière première est acquise grâce aux contrats à terme. Autrement dit, le chocolat que l’on trouve actuellement dans les rayons des supermarchés européens est issu du cacao acheté entre 2024 et 2025. A cette période, expliquent-ils, la tonne de cacao frôlait les 13 000 dollars. C’est dire, d'après ces explications, que le chocolat actuellement en rayon en Europe est fabriqué avec du cacao acheté au plus fort de la crise des prix de cette denrée.

 

“Le cacao destiné à Pâques 2026 a été acheté il y a de nombreux mois voire, pour certaines entreprises, au moment du pic du cours”, se justifie le syndicat du chocolat de France.

 

La baisse des prix du chocolat devrait logiquement se faire sentir progressivement, et non à court terme. Entre-temps, les consommateurs devront composer avec un cacao moins cher, mais un chocolat toujours plus coûteux.

 

Des explications amères pour les consommateurs, visiblement à la recherche d'alternatives. Dominique Schelcher, qui dirige Système U, un réseau de distribution en France, a relevé une baisse de 15 % des volumes de vente des chocolats à la veille de Pâques, le 2 avril sur RTL rapporte le média l’Opinion. 

 

Mieux, les alternatives au chocolat commencent à arriver dans les rayons des supermarchés grâce à l'ingéniosité des start-up.

 

Malaise en Afrique

 

 En Afrique, le malaise est perceptible chez les planteurs de cacao. Le Ghana en est une illustration. Environ 70% des petits planteurs du Ghana par exemple, n'arrivent plus à vivre convenablement de leur labeur. D'après un rapport de l'ONG britannique Oxfam de mai 2020, les cacaoculteurs ghanéens gagnaient à peine 60 dollars par tonne de cacao, ce qui les maintient largement en dessous du seuil de pauvreté, fixé à un dollar par jour par les Nations unies. La situation n’a pas changé depuis.

 

“Nous allons CESSER de VENDRE notre CACAO à l'étranger ; nous allons acheter notre propre cacao et le transformer localement”, a annoncé le président ghanéen John Mahama en marge du 39e sommet de l’Union africaine à Addis Abeba. 

 

Le président ghanéen vise l’achat sur le marché local d’au moins 50 % de la production locale de cacao, soit environ 400 000 de fèves. 

 

L’objectif est de “créer de la valeur ajoutée”, afin d’irriguer l'économie nationale et de rémunérer les planteurs à leur juste valeur.

 

En cela, la bourse du cacao ne serait qu'un élément clé d'une stratégie, explique à TRT Français Germain Salla qui dirige l’Institut des matières premières à Douala. Une stratégie conquérante qui se décline en quatre points: production, transmission, consommation et commercialisation (PTCC).

 

Concernant la production, "l'Afrique contrôle déjà l'essentiel du marché du cacao, avec au moins 70 % des parts de marché".

 

La transformation devrait constituer une priorité pour les pays africains producteurs de cacao, insiste Germain Salla. [TRT]

 
Nombre de lectures : 132 fois


1.Posté par Me François JURAIN le 19/04/2026 12:16
Tant que les pays d'Afrique ne feront pas -ce qui aurait dû être fait depuis longtemps- la transformation de leurs richesses, le problème demeurera inchangé. Il n'y a pas besoin de posséder un "master douze" en économie, pour comprendre que la plus value d'un produit, c'est sur sa transformation, et non sa culture: le récoltant, lui, ne récolte que les "emmerdes", et dans le meilleur des cas, un petit bonus que veut bien lui laisser, dans "sa grande bonté", l'industriel, qui lui, n'a aucun problème, et gagne des fortunes sur la transformation du produit: voyez NESTLE, par exemple, qui non seulement se permet de payer un vil prix les matières premières achetées en Afrique, mais se permet, en retour, de revendre dans les pays Africains les résidus des produits transformés à très haut prix...dans ces mêmes pays Africains! nombre de ces "merdes", car il n'y a pas d'autres mot, n'auraient pas les autorisations requises pour être vendues en Europe, par exemple, mais sont vendues ici, tel que le lait en poudre, reconnu cancérigène et tueur d'enfants et évidemment interdit de vente en Europe. Mais il n'y a pas que NESTLE, d'autres grands noms de l'agroalimentaire ont les mêmes pratiques.

Donc, il faut changer le logiciel, déjà lutter contre la corruption car bien évidemment, il y a un système corruptif à la clef, par des sommes énormes versées aux dirigeants de ces pays africains pour avoir le droit d'empoisonner ses congénères, nous en sauront bientôt encore un peu plus, car l'un d'eux, Monsieur Vincent BOLLORE, doit être jugé prochainement à ce sujet, ayant déjà été condamné, sauf défaut de mémoire, dans une affaire similaire concernant l'huile de Palme, mais pour que cela cesse, pas de miracle: lutter d'abord contre la corruption, ensuite, faire les investissements nécessaires pour créer les usines de transformation, et après, assurer soi même la commercialisation à travers le monde. Sauf à ce que l'on me prouve, ce que je réclame depuis des décennies, que les Africains sont plus bêtes que les Américains, les européens, ou autres habitants de cette planète, je ne vois pas pourquoi ce schéma commercial ne peut pas être réalisé par les Africains eux mêmes, ce qui m'apparait comme une évidence biblique.

Les Africains sont capables et ont, surtout, la matière première pour fabriquer du chocolat avec une teneur en cacao de 90%, sans aucune aide extérieure, qu'ils pourront vendre, à un prix attractif, en Europe ou ailleurs, et ce (très bon) chocolat co-habitera sur les rayons, avec le chocolat fabriqué hors Afrique, avec celui fabrique par les puissants groupes, qui eux, fabriquent et vendent un "chocolat" avec une teneur en cacao de 50% ce qui est légal, puisque sous la pression des lobbys de ces grands groupes, ils ont en ont obtenu l'autorisation. Après le consommateur arbitrera: un chocolat moins cher, et fabriqué sur place avec du vrai cacao, ou un chocolat plus cher, mais fabriqué avec des ersatz de cacao...

Ce sera tout bénéfice pour les pays africains concernés, les producteurs pourront enfin vivre de leur travail, les employés des usines de transformation pourront vivre décemment avec un salaire valorisé, et les consommateurs retrouveront enfin le vrai gout du vrai chocolat, comme c'était il y a soixante ans, avant que la corruption ne s'appelle "lobbying": mais là, pas de problème, et pas de substitut: les billets restent des billets! il n'y a que le nombre qui peut changer!

Monsieur DANGOTTE, au NIGERIA, l'a bien compris, avec sa raffinerie de pétrole: suivons les exemples d'en haut,surtout quand ils sont bons...et locaux, qui plus est!
Me François JURAIN

Nouveau commentaire :















Inscription à la newsletter