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IPC 2018 - Le Sénégal s’éloigne de la «gouvernance sobre et vertueuse», selon Transparency international

Vendredi 23 Février 2018

S’il s’était engagé avant son accession à la magistrature suprême à «ordonner le convenable et à condamner le blâmable», notamment en instaurant une «gouvernance sobre et vertueuse», Macky Sall est rattrapé par ses voeux pieux, en ce sens que «notre pays se trouve toujours dans la zone rouge marquée par la forte corruption», comme le révèle l’Indice mondial de perception de la corruption 2017 publié hier par Transparency international. Décryptage.


Nafi Ngom Keïta avec Macky Sall avant son limogeage
Nafi Ngom Keïta avec Macky Sall avant son limogeage
A la lumière de l’indice de perception de la corruption (Ipc) rendu public mercredi par Transparency international, l’un des engagements forts du candidat Macky Sall, allant dans le sens d’instaurer une «gouvernance sobre et vertueuse» au Sénégal, est pratiquement resté lettre morte, au bout de cinq années de présidence.
 
EN ZONE ROUGE, LE SÉNÉGAL HANTÉ PAR LA GRANDE CORRUPTION
 
Cet indice composite, utilisé pour mesurer la perception de la grande corruption dans le secteur public et la classe politique à travers le monde, classe le Sénégal au rang des mauvais élèves en la matière. Il met aussi en relief le fait que le score du Sénégal, qui est de 45/100, ne s’est pas amélioré par rapport à l’année 2016 et n’a connu qu’une faible augmentation de trois points de 2013 à 2017.
 
Le Forum civil qui en fait l’analyse ès qualité de section sénégalaise de Transparency international, déplore une telle situation. Et relève pour l’essentiel, que malgré les engagements du chef de l’État, «notre pays se trouve toujours dans la zone rouge marquée par la forte corruption».
 
Ce constat est tout de même tempéré, si besoin est, par le fait que le score du Sénégal est légèrement supérieur à la moyenne mondiale qui est de 43,07/100 et beaucoup plus par rapport à celle africaine qui est de 32,02/100. Au demeurant, il est à noter qu’en ce qui concerne l’Afrique, seuls le Botswana, les Seychelles, le Cap-Vert, le Rwanda, la Namibie et l’Ile Maurice sont hors de la zone rouge, avec une moyenne supérieure à 50/100.
 
Dans les grandes lignes, le Sénégal est donc placé à la 66ème place au niveau mondial et à la 8ème place à l’échelle continentale.
 
DES EFFETS PERVERS SUR L’ÉCONOMIE ET LA CROISSANCE
 
Le Forum civil précise avoir salué en son temps les séries de réformes allant dans le sens d’une bonne gouvernance - notamment à travers l’Ofnac, la Crei ou encore la Centif. Il relève toutefois que «la stagnation du Sénégal au niveau de l’indice de perception de la corruption
est un mauvais signal pour l’économie du pays ; car des critères scientifiques ont démontré que la constance de l’indice de perception de la corruption peut être synonyme de perte de points de croissance.
 
Comme en témoigne, selon la même source, «le rapport de l’étude sur la perception de la corruption réalisée en 2016 par l’Ofnac qui révèle que le montant total des pots-de-vin versés au Sénégal, durant les 12 mois qui ont précédé cette étude, s’élèvent à plus de 118,44 milliards. Ce qui constitue un manque à gagner énorme pour l’économie, car la corruption sape, par le détournement d’une partie destinée aux investissements, la qualité des politiques économiques et l’efficacité de l’action publique».
 
71,7% DES CAS LIÉS AUX DÉMEMBREMENTS DE L’ETAT, L’OFNAC ET LE PROCUREUR BASSIROU GUÈYE AU BAN
 
D’un autre point de vue, le Forum civil estime que le fait que l’Ipc soit resté constant depuis 2016, et qu’il n’ait connu qu’une évolution de 3 points de 2013 à 2017, au moment où des pays de la sous-région ont connu un bond de 4 points en une année, démontre aujourd’hui toute la pertinence de rectifier le tir.
 
Il s’agira par exemple de renforcer les dynamiques de réformes judiciaires en soutenant l’intégrité et l’indépendance du système judiciaire - notamment «en évaluant qualitativement le procureur de la République qui s’est distingué récemment par le classement sans suite de certains dossiers», et «en soutenant la formation des juges dans la lutte contre la corruption».
 
En outre, il est préconisé de diversifier les équipes de l’Ofnac composées à majorité de fonctionnaires, alors que les résultats de leur étude sur la perception de la corruption démontrent que 71,7% des cas de corruption sont imputables aux démembrements de l’État. «D’où l’intérêt, pour garantir l’efficacité de leurs missions, de leur associer des profils divers, notamment des fiscalistes, banquiers, universitaires, journalistes d’investigation…».
 
LE FORUM CIVIL PROPOSE UN PLAN QUINQUENNAL DE SORTIE DE CRISE
 
Dans la même veine, la section sénégalaise de Transparency international propose de réinterroger la place de l’ancrage institutionnel de l’Ofnac dans le champ de la présidence au regard des interactions entre la politique et la corruption ; de fournir toutes les informations nécessaires relatives au recouvrement de l’argent de la traque des biens mal acquis par l’agent judiciaire de l’État ; de renforcer les moyens de la presse en matière d’investigation et
d’instaurer un prix d’intégrité pour les agents de l’administration.

En outre, le Forum civil propose qu’un plan quinquennal de sortie de la zone rouge soit négocié entre l’exécutif, le parlement, la justice, l’Ofnac, la société civile, les universitaires et les médias.
Mohamed NDJIM
 
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1.Posté par Me François JURAIN le 24/02/2018 10:04
Que de blabla pour soigner un cancer, de type mondial, mais qui se développe particulièrement bien dans les 54 pays d'Afrique, alors que l'ordonnance de soins est tellement simple:
1°) Revoir le code pénal, et prévoir une peine incompressible de 15 ans de travaux forcés (minimum), privation des droits civiques à vie, et confiscation de tous les biens dans le monde, à tout homme investi de l'autorité, qui aura fauté, quel que soit le montant du vol ou détournement (cela commence à 1FCFA).
2°) Afin que le Sénégal sorte du régime de la démocrature, pour devenir une vraie démocratie, séparation totale et effective du législatif et de l'exécutif.
3°) Indépendance totale des organes chargés de chasser les biens mal acquis et détournements divers, avec obligation, pour le procureur, devenu indépendant par la séparation ci-dessus, de poursuivre tous les dossiers dénoncés par les organes suscités (y compris la cour des comptes, devenue véritablement indépendante). Pour cela, création d'un véritable parquet financier.
4°) Suppression de l'immunité dont jouissent, de par leur poste, les hommes politiques (à commencer bien entendu par le premier d'entre eux), avec obligation de rendre des comptes, avant, pendant et après, sur sa fortune personnelle: publication du salaire de chaque ministre et président, etc., et mise à disposition de la justice avec confiscation du passeport pour une durée de six mois, le temps de bien vérifier que le ci devant n'aura rien détourné et qu'il ne se sera pas enrichi sur le dos du peuple sénégalais.
C'est compliqué, ces quatre mesures? Moi je trouve pas, et le résultat, ce sera le développement d'une véritable politique sociale, qui permettra de libérer les classes moyennes, l'attrait pour le pays par les investisseurs étrangers, le développement de tout un peuple, le retour au pays de nombre de Sénégalais, et surtout un frein définitif à l'émigration mortuaire...
Le jeu n'en vaut il pas la chandelle?
Il suffit simplement de trouver le médecin, qui aura la stature d'un homme d'Etat, qui servira au lieu de se servir lui et ses proches, en un mot: compétent, intègre, ayant le sens de l'honneur et de la dignité.
Candidats, inscrivez-vous!!!!!
Me François JURAIN

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