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France: Le collège musulman Avicenne salue la décision du tribunal administratif et se considère ‘’blanchi’’

Vendredi 19 Avril 2024

Le collège musulman Avicenne s'est félicité, vendredi, de la décision du tribunal administratif de Nice après la suspension de l’arrêté de fermeture pris par la préfecture et se considère ainsi « blanchi » après avoir été accusé « injustement d'opacité dans son financement ».

 

Dans un communiqué de presse signé par le président de l’association Avicenne, Otmane Aïssaoui, et l’avocat du collège, Sefen Guezguez, l’établissement « remercie le Tribunal pour sa clairvoyance et son travail minutieux ».

 

« L'administration du collège souhaite que la décision rendue permettra à la Préfecture, au rectorat et aux élus de se rappeler que la paix sociale passe par l'éducation et l'épanouissement comme le fait avec excellence Avicenne », ajoute le communiqué.

 

De son côté, la préfecture a réagi dans une publication sur le réseau social X, en soulignant que « l'ordonnance en référé ne constitue pas le jugement sur le fond et ce jugement n'est donc pas définitif ».

 

« Je maintiens que les financements de cet établissement sont pour l'essentiel opaques et non conformes à la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République », a déclaré le préfet, en faisant référence à la loi contre le séparatisme.

 

Pour rappel, la suspension, intervenue vendredi dans le cadre d’une procédure en référé, a été décidée « jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité par une formation collégiale du tribunal ».

 

L’Etat a, par ailleurs, été condamné à verser une somme de 1 500 euros à l’association Avicenne.

 

Le 14 mars dernier, le Préfet du département des Alpes-Maritimes, Hugues Moutouh, a pris un arrêté de fermeture définitive de l’établissement scolaire, invoquant la loi dite contre le séparatisme et pointant des « financements opaques et des irrégularités financières ».

 

Dans le détail, la préfecture, qui échange avec l’établissement depuis 18 mois concernant l’examen de sa comptabilité, reproche notamment au collège de ne pas être en mesure de communiquer une liste exhaustive de tous les donateurs, depuis son ouverture, considérant que la tableau descriptif fourni n’était pas conforme aux procédures.

 

Au cours de l’audience qui s’est tenue, mardi matin, devant une formation collégiale de trois magistrats, et à laquelle Anadolu a assisté, Maître Sefen Guezguez a pris le temps d’expliquer que le listing des donateurs, tous établis en France, a pourtant été donné aux autorités administratives qui refusent en réalité de le valider pour une seule raison : ils ne mentionnent que les noms de famille et pas les prénoms des dits donateurs. 

 

À la barre, le directeur adjoint du cabinet du Préfet, Nicolas Huot a quant à lui affirmé qu’il existe « un faisceau d’indices qui vient démontrer une absence de transparence » et « un manque de sérieux ».

 

Dans une interview à Anadolu, l’avocat d’Avicenne pointait un arrêté « injuste et disproportionné » et assurait que la direction du collège a contacté la préfecture à plusieurs reprises « pour savoir si elle avait besoin d’éléments complémentaires » mais s’est heurtée « à un silence du côté de l’administration ».

 

« Il y a une volonté du Préfet de fermer cet établissement à tout prix mais comme l’a dit la ministre de l’Education Nationale, la justice aura le dernier mot et je l’espère, ces enfants pourront continuer leur scolarité au sein de l’établissement Avicenne », a poursuivi Maître Guezguez. [AA]

 
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