Le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), région du nord de l’Éthiopie, a surpris tout le monde, dimanche 19 avril 2026, en rétablissant le Parlement local d’avant la guerre de 2020.
Cette décision remet frontalement en cause l’autorité du gouvernement fédéral qui juge ce Parlement illégitime. Surtout, cela attise les tensions qui ne cessent de grandir ces derniers mois, entre Mekele et Addis-Abeba. ... Non seulement cette décision risque d'enterrer l’espoir d’un dialogue entre Addis-Abeba et Mekele, mais elle met aussi en lumière les divisions internes au parti.
Avec le rétablissement du Parlement, le TPLF exprime, en effet, son opposition farouche à l’administration intérimaire, mise en place par Addis-Abeba, et qui dirige le Tigré depuis la fin de la guerre. La reconduite de son président, Tadesse Worede, le 8 avril dernier, avait ulcéré les cadres du parti tigréen qui dénonçaient une décision unilatérale du gouvernement fédéral.
Pour Muauz Gidey, chercheur à l’Institut d'études politiques du Tigré, l’attitude du TPLF alimente « une situation politique déjà explosive ». Selon le chercheur, le Premier ministre Abiy Ahmed pourrait répondre à cette situation en imposant des restrictions économiques drastiques au Tigré, dont la situation humanitaire est déjà dramatique.
En 2025, la majorité de la région était encore en situation de crise alimentaire aiguë. [RFI]






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