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En 2012, c’était sans confession !

Mardi 19 Juillet 2016

En 2012, c’était sans confession !
Macky Sall est-il autoritaire dans son style de gouvernance ? Serait-il plutôt victime de l’éternelle solitude qui frappe les chefs d’Etat au pouvoir, ainsi qu’il l’avait révélé lui-même au magazine panafricain «Pouvoirs» ? Où sommes-nous, plus simplement, en face d’un président de la république adepte par essence de l’exercice solitaire de ce pouvoir ? Ces questions sont loin d’être tranchées tant elles portent en elles-mêmes des montagnes de complexités qui trouvent leur fondement dans des structures mentales bien particulières.

Ce qui est par contre irréfutable, c’est que le chef de l’Etat, en plusieurs occasions, a choisi les voies de la confrontation avec ses adversaires et avec la frange de l’opinion publique qui ne se reconnaît pas dans sa gouvernance. Dans une démocratie pluraliste comme la nôtre, peut-on se permettre, pour ce qui est de la charte fondamentale du pays, de se lever un beau matin pour annoncer, qui plus est au détour d’un discours de reniement, la tenue d’un référendum sans la moindre esquisse de consultation avec les acteurs politiques et la société civile ?En vérité, le constat vu et revu est que Macky Sall met en œuvre une conception personnelle et même personnaliste du pouvoir.

Et cela, les beaux discours convenus n’y peuvent rien car l’homme semble ainsi structuré, mentalement et politiquement. C’est un dirigiste, comme l’est Abdoulaye Wade. Aujourd’hui, son silence sur le scandale du deal qui a exfiltré Karim Wade de prison est une manifestation violente de ce caractère là. Hier, son célèbre «J’ai décidé… Un point un trait» en était une autre. Avant-hier, dans un bureau de vote de sa circonscription électorale de Fatick, il avait également usé de la force pour accomplir un devoir civique qui ne lui commandait point d’user de la force. On ne se refait pas toujours, et la nature ne ment pas systématiquement.

Il est vrai que le caractère sur-dominant du pouvoir exécutif, le sien, sur les autres démembrements institutionnels de la République est une tentation non négligeable pour tout locataire du palais de l’avenue Senghor de se faire passer pour un monarque, l’extrême contraire d’un républicain. Mais est-ce raisonnable pour quelqu’un qui, quatre ans auparavant, avait les allures d’un ange à qui des centaines de milliers de ses compatriotes avaient donné le bon Dieu sans confession ? 
 
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