Ancien premier ministre du Sénégal, Ousmane Sonko a dénoncé l’immixtion de la France dans les affaires intérieures sénégalaises, en particulier sur le récent durcissement des lois visant l’homosexualité au Sénégal. Dans un entretien accordé à RFI et France 24, le president du parti Pastef Les patriotes a rappelé que la France elle-même a voté des lois notamment contre le port du voile, jugées par des instances des Nations unies contraires et attentatoires aux droits humains. « Vous n’avez pas entendu des autorités sénégalaises se prononcer dessus, ni la presse sénégalaise d’ailleurs. Nous attendons de la France et de vous, de l’Occident en général, la même courtoisie, le même respect », a réagi Ousmane Sonko.
En 2024, les Rapporteurs spéciaux des Nations unies ont condamné l’interdiction par les autorités françaises du port du hijab par les athlètes de confession musulmane à l’occasion des Jeux olympiques de Paris. Ils ont jugé cette mesure « disproportionnée et discriminatoire » au regard de la liberté de religion et des droits culturels de ces athlètes. Pour Amnesty International, cela viole les dispositions anti-discrimination du Comité international olympique (CIO).
Auparavant en 2022, le Comité des droits de l’homme de l’ONU avait également condamné la France après l’exclusion d’une femme voilée inscrite dans un cycle de formation professionnelle d’un lycée public.
En 2018, la même institution des Nations unies avait noté la violation par les autorités françaises de la liberté de religion avec une loi interdisant le port du voile intégral dans l’espace public. Une mesure assimilée à « une forme de discrimination » contre les musulmanes.
A plusieurs reprises, l’ONG Amnesty International a considéré l’interdiction du voile islamique comme une « atteinte à la liberté d’expression » de chaque individu. Elle a également fustigé la prohibition de cette tenue islamique comme facteur de marginalisation des femmes musulmanes.
Ousmane Sonko, devenu président de l’Assemblée nationale en mai 2026, a exclu tout retour en arrière sur les dispositions légales actuelles contre l’homosexualité. Au contraire, « s’il faut encore renforcer la loi, nous la renforcerons », a-t-il souligné.
C’est l’Assemblée nationale du Sénégal, sous la houlette de l’ex premier ministre Sonko, qui a voté les modifications de l’article 319 du Code pénal sur le sujet le 12 mars 2026 par 135 voix sur 165. Promulguée le 30 mars 2026 par le président Bassirou Diomaye Faye, la loi en vigueur depuis 1966 fait passer les peines du simple au double : 5 à 10 ans de prison pour les relations entre personnes de meme sexe. De plus, l’apologie de l’homosexualité est réprimée par un emprisonnement compris entre 3 et 7 ans.
Au nom des principes de souveraineté et d’indépendance qui caractérisent les options des Etats, Ousmane Sonko a souligné que « le Sénégal n’a pas à se justifier, ni devant l’Occident ni devant personne, des lois qu’il prend au nom des valeurs dont se réclame son peuple. »






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