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Droits de l’homme : l’ONU demande à la Turquie des investigations en Syrie

Vendredi 18 Septembre 2020

Michelle Bachelet
Michelle Bachelet
La Turquie doit poursuivre les membres de ses unités alliées dans le nord de la Syrie qui pourraient avoir perpétré des crimes de guerre, selon l’ONU. La Haute commissaire aux droits de l’homme lui a demandé vendredi à Genève des investigations indépendantes.
 
De janvier à mi-septembre, son bureau a vérifié le décès d’au moins 116 civils en raison d’engins explosifs improvisés (EEI) dans les zones contrôlées par la Turquie et des groupes armés qui la soutiennent. Plus de 460 personnes ont été blessées.
 
Ces derniers mois, une augmentation des meurtres, des enlèvements, des acheminements illégaux de détenus, y compris en Turquie, des confiscations ou encore des expulsions ont été identifiés dans plusieurs villes, selon le Haut-Commissariat.
 
Parmi les victimes figurent des opposants aux actions des groupes armés proches de la Turquie ou des personnes aisées. Autre problème, les divisions entre certaines de ces entités continuent de faire des victimes civiles et d’occasionner des dommages aux infrastructures.
 
Mme Bachelet dénonce des violations des droits humains et du droit international humanitaire (DIH). Elle appelle les autorités turques à honorer leurs obligations et à garantir de mettre un terme aux violations perpétrées par leurs alliés.
 
Kurdes également ciblés
 
L’utilisation par les parties au conflit en Syrie de ressources telles que l’accès à l’eau comme une arme inquiète aussi la Haute-Commissaire. Les proches de la Turquie ont interrompu à plusieurs reprises l’approvisionnement pour un million de personnes à al-Hassakeh et dans sa région, dont des personnes déplacées extrêmement vulnérables.
 
Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dirigées par les Kurdes, qui contrôlent cette ville, sont également mises en cause. Cette situation est encore plus dangereuse en raison de la pandémie, ajoute la Haute commissaire.
 
Mardi, la Commission d’enquête internationale indépendante de l’ONU avait déjà considéré que des actes de l’Armée nationale syrienne (ANS), encadrée, soutenue et armée par la Turquie dans le nord de la Syrie, constituaient de possibles crimes de guerre. Elle avait demandé à Ankara d’en faire davantage pour la contrôler. En plus de neuf ans de conflit, les violences ont fait près de 390’000 victimes, selon l’ONU. (ATS/NXP)
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