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Des migrants débarqués à Lampedusa fâchent Salvini

Lundi 20 Mai 2019

Quarante-sept migrants ont été débarqués dimanche soir à Lampedusa, une île au sud de la Sicile, après la saisie sur ordre de justice italienne de leur bateau de sauvetage. Cette décision a provoqué la colère du ministre italien de l'intérieur, Matteo Salvini.
 
Le navire affrété par l'ONG allemande Sea-Watch, battant pavillon néerlandais, qui stationnait dans les eaux italiennes tout près de l'île de Lampedusa, a été saisi dans la journée par la police financière italienne sur ordre d'un procureur de Sicile. Les migrants à bord ont été ensuite transférés à Lampedusa.
 
Le vice-premier ministre et chef de la Ligue (extrême droite), Matteo Salvini, qui a semblé découvrir en temps réel à la télévision le débarquement, a immédiatement réagi, demandant, qui, au gouvernement, avait pu prendre une telle décision contre son avis formel.
 
Déjà à couteaux tirés avec lui, son partenaire gouvernemental du mouvement 5 étoiles, Luigi Di Maio, a rétorqué qu'il n'acceptait pas ses insinuations. Il a rappelé qu'il était obligatoire de faire débarquer les passagers d'un bateau saisi par la justice. Parallèlement à ce nouveau couac gouvernemental en pleine campagne pour les élections européennes, des échauffourées ont eu lieu dimanche soir à Florence entre police et 2000 personnes venues protester contre la présence de M. Salvini, qui tenait une réunion politique dans la ville.
 
Projet Salvini contraire au droit 
 
Le rapporteur spécial de l'ONU contre la torture, le Zurichois Nils Melzer, s'en est pris au projet de Matteo Salvini contre ceux qui sauvent des migrants en mer. Il demande au gouvernement italien de renoncer à ce dispositif qui viole selon lui le droit international.
 
Le principe de non refoulement «devrait toujours s'imposer par rapport aux législations nationales», affirme-t-il dans une lettre aux autorités italiennes avec cinq de ses collègues experts indépendants de l'ONU. Ils appellent l'Italie «à arrêter de mettre en danger» les migrants, dont ceux qui demandent l'asile et les victimes de mauvais traitements, en prétextant la lutte contre les trafiquants.
 
Au contraire, les politiques «restrictives» ne contribuent qu'à étendre les abus contre les migrants, selon eux. L'Italie avait interdit il y a quelques mois le navire Aquarius d'utiliser ses ports pour débarquer des migrants. La Suisse avait ensuite refusé d'aider le bateau à poursuivre son dispositif.
 
Selon le projet de décret-loi italien, une amende serait prise contre tout navire qui sauverait un migrant en mer pour l'acheminer sur le territoire national. Les ONG ou les bateaux pourraient également voir leur autorisation d'activité révoquée ou suspendue.
 
Lettre «risible»
 
Le ministre italien de l'intérieur avait réagi à la lettre de Nils Melzer avant qu'elle ne soit rendue publique lundi par l'ONU. Il a considéré comme risibles ces déclarations. (ats/nxp)
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