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Convoité, le Kenya refuse de choisir entre "pommes" et "oranges"

Mercredi 13 Mars 2019

Emmanuel Macron et Uhuru Kenyatta
Emmanuel Macron et Uhuru Kenyatta
NAIROBI (Reuters) - Le président du Kenya, Uhuru Kenyatta, a ironisé mercredi à propos de la concurrence à laquelle se livrent les puissances étrangères, dont la France et la Chine, pour profiter de son dynamisme économique en expliquant ne pas vouloir choisir entre les "pommes" et les "oranges".
 
"Chaque pays est différent et chaque pays apporte des ingrédients différents", a-t-il déclaré alors qu'il était interrogé, en marge d'une visite d'Etat d'Emmanuel Macron à Nairobi, sur l'apport français par rapport à ses concurrents.
 
"On ne peut pas comparer les pommes et les oranges, une pomme est une pomme, une orange est une orange, mais elles sont toutes les deux bonnes", a-t-il souligné lors d'une conférence de presse au côté de son homologue français.
 
"Nous tirons profit de ce que le monde a de mieux à offrir et, dans ce domaine (le domaine ferroviaire), la France a beaucoup à offrir", a-t-il ajouté. "Chacun est unique, tout le monde est différent, Macron est mon meilleur ami mais le président (du Rwanda Paul) Kagamé aussi".
 
"Nous avons besoin d'apprendre et de prendre le meilleur de chacun de nos amis", a-t-il conclu.
"Je ne sais pas si je suis une pomme ou une orange", lui a répondu en plaisantant et en anglais Emmanuel Macron.
 
Considéré comme l'un des "nouveaux lions" d'Afrique qui tirent la croissance du continent, le Kenya affiche une croissance de 6% et est le seul pays de la région à revenu intermédiaire.
 
Partenaire commercial de second rang, la France a enregistré en 2017 une hausse de 12% de ses exportations vers Nairobi (171 millions d'euros) et espère désormais un "tournant dans la relation" afin d'augmenter sensiblement le volume de ces échanges.
 
TROIS MILLIARDS D'EUROS DE CONTRATS
 
"En matière économique, la France accompagne depuis plusieurs années le Kenya, sur des projets de développement en matière d'énergie, d'eau, mais nous ne sommes pas assez présents sur des projets économiques et industriels", a estimé Emmanuel Macron, dont la visite est la première d'un président français depuis l'indépendance du Kenya en 1963.
 
"Nous avons fait avancer plusieurs dossiers, nous avons discuté d'un projet important autoroutier qui sera conclu d'ici demain matin, un projet considérable de près d'un milliard et demi d'euros", a-t-il ajouté. "Au total, ce sera à peu près trois milliards d'euros de contrats qui dans les domaines clefs, dans l'infrastructure, l'énergie et l'eau, qui seront conclus".
 
Concernant le projet "de réhabilitation et d'extension" d'une ligne de chemin de fer permettant de relier la gare centrale à l'aéroport international, porté par un consortium français, le chef de l'Etat a espéré que cette "première liaison ferroviaire moderne en Afrique de l'Est" fonctionne d'ici la fin de l'année 2021.
 
Comme à Djibouti mardi, première étape de sa tournée en Afrique de l'Est, Emmanuel Macron s'est employé à mettre en avant les avantages du partenariat français "équilibré, transparent, qui assure en même temps la possibilité d'apporter un financement soutenable", visant en creux les investissements chinois.
 
Un peu plus tôt, Uhuru Kenyatta avait emmené Emmanuel Macron faire un tour de l'esplanade de la State House - le palais présidentiel - au volant de la Peugeot 3008, une voiture assemblée au Kenya par le groupe automobile français PSA.
 
"Cette année, PSA prévoit d'assembler 1.000 véhicules au Kenya contre 480 aujourd'hui, c'est une très bonne nouvelle pour notre industrie", s'est félicité le président kenyan.
 
Pour Emmanuel Macron, l'assemblage sur place est "l'illustration du partenariat clair et équilibré" souhaité par la France. "Nous croyons que nos entreprises et nos investisseurs peuvent participer clairement à votre stratégie de croissance en fournissant non seulement des voitures mais également des emplois" aux Kenyans.
 
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