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Chronique d’Albert : Sonko ne perdra rien à la guerre républicaine

Jeudi 5 Septembre 2019

Chronique d’Albert : Sonko ne perdra  rien  à la guerre  républicaine
Le responsable politique du Pastef est désormais l’ennemi juré de la majorité présidentielle. Toutes les déclarations politiques du candidat-Président à la dernière élection de février 2019, sont devenues un poison pour les gouvernants. Les ministres, les députés, les cadres et les alliés du chef de l’Etat se mobilisent individuellement et collectivement pour réduire à néant les propos d’un adversaire très médiatisé, son image publique, sa personnalité et le sens de son combat. Cette stratégie de lutte du pouvoir pourrait paradoxalement  provoquer l’inattendu. Ousmane Sonko sera alors sous la seconde alternance, l’Homme du peuple et de la Vérité. Un gain politique inestimable pour le candidat des patriotes en 2024.
 
Ousmane Sonko, est assurément en train de construire sa personnalité, sa trajectoire et sa stratégie de communication. Il a choisi désormais de se mouvoir entre les filets de l’opposition radicale. C’est un choix éminemment politique. Les suffrages exprimés en sa faveur et qui en ont fait la révélation de l’élection présidentielle ont probablement pesé dans ce choix de l’incarnation de la peau dure d’un opposant radical.
 
Il ne croit, ni à la sincérité de la main tendue du chef de l’Etat à propos du dialogue politique et du dialogue national, ni à la gouvernance sobre et vertueuse. En choisissant la posture de l’adversité la plus radicale, Ousmane Sonko cultive naturellement, sa stature politique, sa personnalité et ses armes. Cette stratégie de positionnement dans l’échiquier national et de construction de sa stratégie de lutte contre la majorité présidentielle est portée par une communication politique orientée dans le sens de faire mal et d’éveiller la conscience des citoyens.
 
L’intelligence de cette communication se mesure à l’usage judicieux de la presse classique, des réseaux sociaux, du choix des moments de l’attaque et du style provocateur par la révélation de « secrets » méconnus du Sénégalais. Il réussit ainsi à construire son image, son discours et le sens de sa stratégie de lutte radicale. Sonko réussit à faire  la différence avec les autres  adversaires du pouvoir par ses capacités à porter sa parole acerbe, son engagement et sa détermination à mener toutes les batailles de son parti, de ses partisans et d’une partie des citoyens électeurs.
 
Entre les batailles démocratiques, les batailles politiques, le Président du Pastef semble de plus en plus choisir de décliner son discours tranchant sur le volet de la gouvernance économique, singulièrement, la gestion des ressources nationales du Sénégal et la mauvaise gouvernance des ressources financières. Ousmane Sonko est sur tous les fronts des ressources : à propos de la terre, du pétrole, du gaz, du fer, des biens publics et des dépenses publiques.
 
Cette stratégie semble porter ses fruits. Le propos du Pastef en chef est relayé et discuté  dans la presse et  dans les réseaux sociaux. Il passe également dans les rangs du pouvoir affichant la peur et la  panique face à un adversaire décidé à en découdre avec la majorité tous les fronts sociaux, politiques et économiques. La majorité présidentielle est désormais psychologiquement contrainte de tenir compte de la posture d’Ousmane Sonko dans l’échiquier politique et de son influence grandissante.
 
Le pouvoir républicain ne peut plus être indifférent à ce rapport de forces entretenu  par une cascade de scandales imaginaires ou réels, peu importe au parlementaire engagé dans une stratégie de conquête du pouvoir. La réplique en règle aux propos de l’ennemi juré de la mouvance présidentielle a fini par se transformer en une stratégie de l’Etat, du camp présidentiel et des proches du Président de la République. Le but recherché par cette stratégie offensive est de réduire précisément, le propos incendiaire, l’image, le sens du combat politique et la sincérité de  cet adversaire émergent.
 
 
Tous les moyens politiques et communicationnels imaginables sont utilisés à cette fin par les animateurs et responsables du pouvoir étatique A la guerre économique comme à la guerre politique. Ce sont peut-être là des procédés démocratiques. Ils sont classiques au Sénégal. Cette stratégie de lutte du pouvoir pour contraindre Ousmane Sonkho au silence et au renoncement à son engagement et à son propos dérangeant la République, peut produire un effet contraire. Sonko pourrait être à termes, cet homme du Peuple et de la Vérité. C’est un risque que la majorité présidentielle a certainement intégré dans sa stratégie et son empressement à « liquider » l’image d’un homme menaçant les intérêts de la majorité présidentielle.
 
L’impression d’un pouvoir harcelé et décidé à étouffer dans l’œuf un adversaire gênant pourrait être ressenti tel quel par les Sénégalais. Le précédé d’un règlement de comptes personnels entre l’Etat et la majorité gouvernante, d’un côté, et un homme engagé politiquement pour conquérir le pouvoir, de l’autre côté, peut être fatal à la majorité. Quand les Sénégalais feront du Candidat-Présidentiel potentiel de 2024, l’homme martyr du peuple et de la Vérité, ce sera trop tard pour les républicains.
 
Sonko n’a rien à perdre, si l’erreur stratégique de l’adversaire peut le mener au Palais Présidentiel.
 
Mamadou Sy Albert
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