Le 22 juillet 2016, Jean Bigirimana, journaliste de 37 ans travaillant pour Iwacu, média indépendant emblématique au Burundi, se rend à Bugarama, à 40 km au nord de la ville de Bujumbura, pour y rencontrer un homme qui travaille pour les services de renseignements. Ses collègues, sa femme et ses deux enfants commencent à s’inquiéter en fin d’après-midi en ne le voyant pas revenir.
Le journal alerte la police, sans succès. Iwacu va finir par lancer sa propre enquête. « On a découvert qu’il avait été contacté par quelqu’un des services de renseignement », expliquait au micro de RFI en 2024 le fondateur d’Iwacu, Antoine Kaburahe. D’après « un témoin oculaire », indiquait-il, « Jean a été enlevé [de force, NDLR] par un véhicule aux vitres teintées. Ça, c’est un fait qui nous a été communiqué ».
« Finalement, les langues se sont déliées, on a appris qu’il a été effectivement emmené et on n’a jamais retrouvé sa trace », ajoute le fondateur d’Iwacu. ... Dix ans après sa disparition, aucune enquête sérieuse n’a été initiée par les autorités burundaises jusqu’ici.
Antoine Kaburahe, fondateur du média Iwacu, qui vit aujourd’hui en exil depuis 2015, sait qu’il ne faut pas se faire d’illusions : il faudra encore attendre pour connaître la vérité sur ce qui est arrivé à son confrère. [RFI]







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