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Bruxelles prône la mise en détention des migrants expulsables

Vendredi 3 Mars 2017

BRUXELLES (Reuters) - Les Etats de l'Union européenne doivent faire en sorte que les migrants dont la demande d'asile a été rejetée soient mis en détention pour les empêcher qu'ils ne disparaissent avant leur expulsion, a estimé jeudi le commissaire aux Migrations.
 
"Le taux de retour doit être amélioré", a déclaré Dimitris Avramopoulos en présentant les propositions de la Commission européenne en la matière.
 
Selon les estimations de Bruxelles, il y aurait environ un million de personnes dans l'UE devant être renvoyées chez elles mais seulement un tiers d'entre elles rentrent effectivement dans leur pays.
 
Parmi les mesures recommandées par la Commission pour améliorer le taux de retour figurent des délais de recours moindres contre les rejets d'asile et l'émission d'ordres de retour sans date d'expiration, ainsi qu'une augmentation du nombre de mises en détention y compris pour les mineurs, ce qui est pour l'instant interdit dans certains Etats.
 
La Commission demande aussi aux Etats de l'UE d'appliquer davantage la règle qui prévoit qu'un migrant peut être détenu jusqu'à 18 mois avant d'être expulsé si cela s'avère nécessaire pour que la reconduite hors du pays ait bien lieu. Les groupes de défense des droits de l'homme sont défavorables aux détentions prolongées.
 
"Ceux qui ne peuvent prétendre au statut de réfugié doivent être renvoyés. Mais, dans l'intervalle, ils doivent rester quelque part, dans des conditions de dignité, dans le but d'éviter qu'ils ne s'échappent", a déclaré Dimitris Avramopoulos.
 
Outre l'expulsion, la Commission a également proposé de créer un programme d'aide au retour volontaire. Elle a aussi décidé d'augmenter son financement à l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour qu'il y ait davantage de retours organisés à partir de la Libye où arrivent de nombreux migrants africains qui veulent s'embarquer pour l'Europe.
 
En outre, le programme de deux ans qui devait répartir dans les divers pays de l'UE quelque 160.000 migrants entrés notamment par la Grèce et l'Italie, les deux points principaux d'arrivée dans l'UE, ne fonctionne pas. Selon la Commission, 13.546 personnes seulement ont quitté la Grèce et l'Italie pour se rendre dans les autres Etats membres. Le programme expire en septembre.
 
Il y a là un point de contentieux très important entre d'une part la Grèce et l'Italie, l'Allemagne et la Suède - les deux pays qui accueillent le plus de migrants en destination finale - et, d'autre part, la Pologne et la Hongrie, qui refusent d'accueillir le moindre réfugié.
 
Bruxelles brandit depuis longtemps la menace de sanctions. Jeudi, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a déclaré qu'il utiliserait "tous les moyens (...) pour faire en sorte que les engagements pris soient honorés". Mais Dimitris Avramopoulos a ajouté : "Nous n'en sommes pas là".
 
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