La conférence de presse du ministre de la Justice était attendue, tant l’affaire du meurtre de la petite Lyhanna dans le Gers a ému l’opinion publique. Gérald Darmanin a essayé de contrer les critiques contre les lenteurs et les manquements de la justice en organisant ce lundi de premières réunions avec les procureurs. Il souhaite que les 70.000 plaintes impliquant des mineurs soient examinées avant le 14 juillet.
L’annonce n’a pas stoppé les critiques. Beaucoup d’élus, dont Mathilde Panot, de La France insoumise, estiment que le ministre de la Justice, ancien ministre de l’Intérieur, a une part de responsabilité dans le manque de moyens de la justice et de la police, qui explique la lenteur du traitement des signalements.
Mais le garde des Sceaux écarte ce lundi l'idée de démissionner. Pour lui, la défaillance constatée n’est pas liée à une instruction de sa part.
“Une défaillance grave”
Ce lundi, le ministre de la Justice a donc choisi de tenir tête à la colère populaire. La mort de Lyhanna n'est pas liée à "une question de moyens" alloués à la justice, a assuré le garde des Sceaux lors d'une conférence de presse.
Gérald Darmanin a en revanche demandé lundi une "mobilisation générale" des magistrats afin de "faire la vérité" après les défaillances mises au jour, selon lui, dans l'affaire Lyhanna.
"Ce n'est ni une nouvelle loi, ni des moyens supplémentaires qui auraient pu empêcher ce drame", a-t-il ajouté. Le ministre admet une “défaillance grave”.
L'Union syndicale des magistrats a dénoncé ce lundi matin la "communication politique" de Gérald Darmanin. Dans un communiqué, les magistrats expriment leur colère : "Vous revendiquez être le chef du service public de la justice, et comme tel, vous êtes comptable de son manque de moyens. Fixer des objectifs en faisant fi des moyens relève de la pensée magique", lancent les magistrats. "Mais il est sûrement plus facile, face à l’opinion publique, de donner les magistrats en pâture que d'endosser politiquement une responsabilité."
Le ministre de la Justice a ensuite expliqué les consignes transmises aux procureurs de la République. Il leur a demandé de recenser l'intégralité des plaintes pour lesquelles une enquête a été ouverte et pour lesquelles les actes d'enquête n'ont pas été réalisés.
Le garde des Sceaux a également rappelé qu’une enquête administrative avait été ouverte dès l’arrestation du suspect dans la disparition de la jeune Lyhanna et après la découverte du profil inquiétant du suspect, avec neuf plaintes déjà à son actif depuis 2017. La plupart sont encore en cours d’examen. [TRT]






FRANCE


