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AFFAIRE BARTHELEMY DIAS : Un cadavre dans l’armoire

Samedi 12 Novembre 2016

AFFAIRE BARTHELEMY DIAS : Un cadavre dans l’armoire
La politique de "Tout Sauf Wade" devait expliquer l'élan de solidarité de l'opposition de naguère envers Barthélémy Dias après l'assaut de sa mairie suivi de mort d'homme en décembre 2011.
Aujourd'hui, ceux qui l'avaient adulé le poussent vers la Justice, au risque d'être accusés d'avoir facilité :
 un recel de cadavre et de malfaiteur ; une  entrave à la justice.
 
Par Pathé MBODJ - Ceux qui veulent aujourd'hui traduire le député-maire Barthélémy Dias en justice devraient également comparaître à  ses côtés pour complicité de recel de cadavre, recel de malfaiteur et entrave au bon déroulement de la justice, à tout le moins : pendant cinq ans, du 22 décembre 2011 à octobre 2016, ceux qui veulent le faire juger ont réfuté la thèse de l'assassinat,  prétendant que le mort relevé n'était pas celui du présumé assassin, sans préciser où se trouverait alors celui pour lequel le député-maire est aujourd'hui poursuivi, rejetant donc toute implication de Barthélémy Dias dans la mort de Ndiaga Diouf, l'excluant ainsi et conséquemment de toute inculpation, comme s'évertuait alors à faire la majorité au pouvoir de l’époque.
 
Mieux : au nom du "Tout sauf Wade" qui avait favorisé un agglomérat de politicaillons autour du vainqueur de mars 2012, l'inculpé d'aujourd'hui fut couvert d'un manteau d'impunité, avec son élection en tant que député, d'abord, maire ensuite, d'une formation membre de la nouvelle majorité. Sans avoir pourtant réussi à trouver la quadrature du cercle, il est fortement question dorénavant, entre alliés de circonstance aux humeurs variables, de rejeter toute proximité avec Barthélémy Dias et de le renvoyer devant les Cours et Tribunaux, à la recherche d'une curieuse justice qui semble s'appliquer en fonction des alliances qui se font et se défont au gré des majorités.
 
À ces co-accusés de circonstance, il faudrait ajouter les témoins que le futur inculpé veut faire citer par ses conseils, principalement l'éventuel commanditaire du commando du 22 décembre 2011. Ce jour-là, dans la matinée, des individus à bord de véhicules ont attaqué la mairie de Mermoz-Sacré-Cœur sise à la Sicap Baobabs. Des échanges de projectiles eurent lieu et une arme à feu au moins a été utilisée. Vers la fin de la journée, le bruit courut de la mort d’un individu atteint par balle et le lien est fait entre les tirs provenant de la mairie, lieu des événements,  et le décès de Ndiaga Diouf qui aurait eu lieu suite aux heurts devant la mairie.
 
Les péripéties subséquentes donneront lieu à l’arrestation du maire le 24 décembre avant une liberté provisoire après plusieurs mois de préventive et …une élection comme député en 2012. Une ordonnance de 2014 renvoyait Barthélémy Dias en Correctionnel et c’est cette procédure qui a abouti à sa convocation, suivie d’un renvoi pour demander la levée de son immunité parlementaire. Le prévenu s’est présenté devant la commission le 8 novembre dernier. 
 
Devant ses collègues,  Barthélemy Dias a réitéré ses accusations envers la formation politique au pouvoir à l'époque des faits, cherchant à faire de son éventuel procès une affaire politique, titillant, au passage, l'actuel président de la République pour ses déclaration de solidarité envers l’incriminé du 22 décembre 2011.
 
La commission parlementaire ad-hoc mise en place pour l'affaire Barthélémy Dias votera sans surprise la levée de l'immunité parlementaire du député attrait en Cour pour assassinat présumé en 2011 : habitués à la morne habitude du suivisme (Oumar Sarr, Ousmane Ngom, Abdoulaye Baldé), les membres de la commission s'exécuteront devant la volonté de la Justice de juger le présumé meurtrier de Ndiaga Diouf.
 
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