Connectez-vous

​Tunisie - Rached Ghannouchi, chef du parti d’opposition Ennahdha, arrêté

Mardi 18 Avril 2023

Rached Ghannouchi, le fondateur d'Ennahdah
Rached Ghannouchi, le fondateur d'Ennahdah
 
La Tunisie s’attend à une déstabilisation politique, alors que Rached Ghannouchi a été conduit vers un lieu tenu secret après son arrestation lundi.
 
Les autorités tunisiennes ont arrêté lundi le chef du mouvement islamo-conservateur Ennahdha, Rached Ghannouchi, un des principaux opposants au président Kais Saied accusé de dérive autoritaire, a indiqué sa formation.
 
Rached Ghannouchi, 81 ans, qui dirigeait le Parlement dissous en juillet 2021 par Kais Saied, est l’opposant le plus en vue à être arrêté depuis ce coup de force. Rached Ghannouchi a été arrêté par des policiers à son domicile à Tunis et «conduit vers un lieu inconnu», a affirmé Ennahdha dans un communiqué.
 
«Ennahdha dénonce ce développement extrêmement grave et appelle à la libération immédiate de Rached Ghannouchi», a ajouté le mouvement. Les autorités tunisiennes n’ont fait aucun commentaire dans l’immédiat sur cette arrestation.
 
«Guerre civile»
 
Elle survient après des déclarations rapportées par des médias, dans lesquelles Rached Ghannouchi aurait affirmé ce week-end que la Tunisie serait menacée d’une «guerre civile» si l’islam politique, dont est issu son parti, y était éradiqué. L’arrestation de Rached Ghannouchi a eu lieu au moment de l’iftar, le repas de rupture de jeûne du ramadan et quelques heures avant la célébration par les fidèles de la nuit sacrée «du destin».
 
Rached Ghannouchi a comparu en février au pôle judiciaire antiterroriste à la suite d’une plainte l’accusant d’avoir traité les policiers de «tyrans». L’opposant, bête noire du président Saied, avait également été entendu en novembre 2022 par un juge du pôle judiciaire antiterroriste pour une affaire en lien avec l’envoi présumé de djihadistes en Syrie et en Irak.
 
En juillet de la même année, il avait aussi été interrogé pour des soupçons de corruption et blanchiment d’argent liés à des transferts de fonds depuis l’étranger vers une organisation caritative affiliée à Ennahdha. Depuis début février, les autorités ont incarcéré plus de vingt opposants et des personnalités parmi lesquelles des ex-ministres, des hommes d’affaires et le patron de la station la plus écoutée du pays, Radio Mosaïque.
 
«Nouvelle phase»
 
Ces arrestations, dénoncées par des ONG locales et internationales, ont visé des figures politiques de premier plan du Front de salut national (FSN), principale coalition d’opposition dont fait partie Ennahdha. Le président Saied, qui accapare les pleins pouvoirs depuis son coup de force de juillet 2021, a qualifié les personnes arrêtées de «terroristes», affirmant qu’elles étaient impliquées dans un «complot contre la sûreté de l’État».
 
«L’arrestation du chef du plus important parti politique au pays, et qui a toujours montré son attachement à l’action politique pacifique, marque une nouvelle phase dans la crise», a réagi lundi soir auprès de l’AFP le président du FSN, Ahmed Néjib Chebbi. «Cela relève de la vengeance aveugle contre les opposants», a-t-il ajouté.
 
Après son coup de force, Kais Saied a fait réviser la Constitution pour instaurer un système ultra-présidentialiste aux dépens du Parlement, qui ne dispose plus de réels pouvoirs, contrairement à l’Assemblée dissoute dominée par Ennahdha. (AFP)
 
Nombre de lectures : 166 fois

Nouveau commentaire :













Les derniers articles


Inscription à la newsletter