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Sanglante journée à la frontière de Gaza, Israël massacre près de 55 Palestiniens

Lundi 14 Mai 2018

A LA FRONTIÈRE DE LA BANDE DE GAZA (Reuters) - Près de 55 Palestiniens, dont des enfants de moins de 16 ans, ont été tués et plus de 1500 blessés par l'armée israélienne lundi à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, jour du 70e anniversaire de la création de l'Etat hébreu et de l'inauguration de l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem.

Dans la petite enclave palestinienne, les haut-parleurs des mosquées ont appelé les fidèles à se rendre en masse près de la clôture de séparation, dans le cadre des manifestations de la "Grande Marche du Retour" lancées le 30 mars dernier.

Depuis la fin mars, 86 manifestants ont été tués par les tirs israéliens à la frontière, ont annoncé les services de secours palestiniens. Il n'y a eu aucun mort côté israélien.

L'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a annoncé une grève générale mardi dans les territoires palestiniens pour "honorer les martyrs" de Gaza.

Ce mouvement de protestation doit culminer mardi 15 mai, jour que les Palestiniens appellent la "Nakba" (la "catastrophe"), marquant l'expulsion de centaines de milliers de Palestiniens lors de la création de l'Etat d'Israël en 1948.

Les manifestants palestiniens ont une nouvelle fois brûlé des pneus le long de la frontière, d'où s'élèvent de longs panaches de fumée noire.

"Le monde doit entendre notre message, même s'il doit y avoir beaucoup de martyrs aujourd'hui. C'est le grand jour, nous allons franchir la clôture et prouver à Israël que le monde n'accepte plus cette occupation", déclare Ali, un professeur de sciences.

Selon l'armée israélienne, trois des manifestants tués de lundi voulaient placer des charges explosives sur la clôture de sécurité.

La mort de dizaines de manifestants depuis un mois et demi a été dénoncée par de nombreux pays à travers le monde mais les Etats-Unis en rendent responsable le mouvement Hamas, qui dirige depuis plus de dix ans la bande de Gaza.

TRACTS ISRAÉLIENS SUR GAZA

L'armée israélienne a largué lundi des tracts sur l'enclave palestinienne, exhortant la population à ne pas se laisser "manipuler" par le Hamas et à ne pas se rendre près de la frontière.

"Nous sommes prêts à répondre aux menaces du Hamas qui veut perturber les célébrations de l'ouverture de l'ambassade des Etats-Unis", a écrit sur Twitter le ministre israélien de la Défense, Avigdor Lieberman.

"Mon conseil aux habitants de Gaza: ne vous laissez pas aveugler par (le dirigeant du Hamas Yehya al) Sinouar, qui envoie inutilement vos enfants à la mort", a-t-il ajouté.

Dans l'après-midi a eu lieu l'inauguration à Jérusalem de l'ambassade des Etats-Unis, qui se trouvait jusqu'ici à Tel Aviv, la communauté internationale ne reconnaissant pas Jérusalem comme capitale de l'Etat juif.

La délégation américaine présente à la cérémonie comprenait notamment le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, la fille du président Donald Trump, Ivanka, et le mari de cette dernière, Jared Kushner.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué "un jour émouvant pour le peuple et l'Etat d'Israël". "Un grand jour pour Israël", a écrit pour sa part sur Twitter le président américain.

"VIOLATION DU DROIT INTERNATIONAL"

Jason Greenblatt, émissaire de Donald Trump au Proche-Orient, a estimé sur Twitter que l'installation de l'ambassade américaine à Jérusalem, "mesure longtemps attendue", était une "condition nécessaire" à l'élaboration d'une "paix durable" dans la région.

Dans son discours lors de l'inauguration de l'ambassade, Jared Kushner a également défendu cette position. "Jérusalem doit demeurer une ville qui rassemble les gens de toutes les religions", a-t-il dit.

"Nous croyons qu'il est possible pour chacune des deux parties de recevoir plus que ce qu'elle donne, afin que tous puissent vivre en paix", a-t-il ajouté, soulignant qu'en installant l'ambassade à Jérusalem son beau-père n'avait fait que tenir une promesse faite de longue date par les Etats-Unis.

Dans son allocution, Jared Kushner a aussi dénoncé la menace que présente selon lui la politique d'ingérence de l'Iran dans la région.

Quant à Donald Trump, il a adressé un message vidéo diffusé lors de l'inauguration, estimant que "les Etats-Unis restent pleinement attachés à faciliter un accord de paix durable".

Le Premier ministre palestinien Rami Hamdallah a condamné, lui, "une flagrante violation du droit international". Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale du futur Etat qu'ils espèrent un jour fonder.

"Choisir un jour si tragique de l'histoire palestinienne (pour inaugurer l'ambassade des Etats-Unis) révèle un mépris total du processus de paix", a-t-il ajouté.

Le Guatemala doit ouvrir à son tour son ambassade à Jérusalem mercredi prochain. Le Paraguay devrait suivre dans le courant du mois.

La Grande-Bretagne a fait savoir lundi qu'elle n'avait pas l'intention de transférer son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem, soulignant qu'elle désapprouvait toujours l'initiative des Etats-Unis.

Pour le président turc Recep Tayyip Erdogan, les Américains, en transférant leur ambassade à Jérusalem, se sont discrédités en tant que médiateurs dans le conflit israélo-palestinien.

Le ministère turc des Affaires étrangères a estimé que le déménagement de l'ambassade encourageait "les massacres perpétrés par les forces de sécurité israéliennes".

L'Egypte a également condamné les tirs des soldats israéliens sur les manifestants.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a dit craindre que l'initiative américaine n'attise les tensions dans la région.

Les représentants permanents des Etats membres de la Ligue arabe se réuniront mercredi pour évoquer ce dossier..
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