La prestigieuse université britannique de Cambridge a annoncé vendredi qu’elle allait revoir son processus de recrutement pour les postes académiques de haut niveau, après la démission d’un enseignant accusé de plagiat.
Jason Arday, enseignant en sociologie de l’éducation de 41 ans, a quitté ses fonctions mercredi après l’ouverture par l’université d’une enquête sur ses « qualifications universitaires et nominations honorifiques ».
L’université a indiqué vendredi qu’elle poursuivait ses investigations sur « les circonstances entourant la nomination et le mandat de Jason Arday », qu’elle avait défendu dans un premier temps.
Jason Arday avait fait la une de l’actualité lorsque Cambridge — 4e université au monde selon le dernier classement annuel de Shanghai — l’avait nommé, à 37 ans, plus jeune professeur noir de l’établissement en 2023.
Les conclusions de l’enquête « alimenteront un examen du processus de nomination aux postes académiques de haut niveau », a ajouté Cambridge dans un communiqué.
Ces derniers jours, Jason Arday avait été accusé dans la presse d’avoir plagié certaines parties de sa thèse de doctorat, ce qu’il dément.
Il a depuis affirmé que sa démission ne devait pas être « interprétée à tort comme une acceptation » des accusations le visant.
Outre l’examen du processus de recrutement, le Research Policy Committee de l’université examine aussi « plusieurs plaintes relatives à une inconduite académique » visant M. Arday.
Un groupe d’universitaires a par ailleurs réclamé vendredi une « enquête indépendante » sur sa nomination, a indiqué au Guardian Priyamvada Gopal, professeure d’études post-coloniales à la faculté d’anglais de Cambridge.
« L’université porte une lourde part de responsabilité dans le racisme grotesque que toute cette affaire a déclenché, ainsi que dans le préjudice causé à la fois à la personne prise pour cible et aux universitaires noirs », a-t-elle indiqué.
Une enquête de l’université John Moores de Liverpool, où M. Arday a réalisé sa thèse, l’avait blanchi d’accusations de plagiat déjà portées l’an dernier.
Abondamment commentée dans les médias anglo-saxons, l’affaire a aussi été une illustration de la guerre culturelle qui agite de nombreuses universités, certains alimentant des soupçons sur les critères de recrutement de chercheurs issus de la diversité.
Les accusations de plagiat visant Jason Arday ont été initialement formulées par un chercheur américain, Nathan Cofnas, lui-même renvoyé de Cambridge en 2024 après avoir été accusé de racisme.
Jason Arday et ses partisans soutiennent que le racisme a motivé une partie de l’examen pointilleux de son parcours. [AFP]







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