Que deviennent les fruits des forts taux de croissance économique revendiqués par la plupart des Etats d’Afrique de l’Ouest et confirmés par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ? En lieu et place des jubilations oratoires auxquelles se livrent des autorités étatiques, Oxfam se pose des questions et étale son pessimisme. «Dans la plupart des pays, les avantages de cette croissance économique sans précédent n’ont profité qu’à une toute petite minorité », s’insurge l’Ong sur son site internet. Les inégalités ont atteint des niveaux extrêmes : les riches se sont enrichis davantage tandis que les pauvres sont devenus encore plus pauvres. La région (ndlr : Afrique de l’Ouest) dispose également du système de santé le plus faible et du taux d’accès à l’eau et à l’éducation le moins élevé. »
Pourtant, rappelle l’ONG anglo-saxonne, «en 2018, six des dix pays à la croissance la plus rapide du continent africain étaient des pays ouest-africains : Côte d’Ivoire, Sénégal, Ghana, Burkina Faso, Bénin et Niger. » Ces performances notables n’ont pas empêché pauvreté et inégalités de prendre l’ascenseur dans des proportions inquiétantes. Ainsi, « les 1% les plus riches des Ouest-Africains gagnent plus que le reste de la population de la région réunie. » En comparaison, « l’Afrique de l’Ouest abrite le plus grand nombre de pays où 30% de la population vit avec moins de 1,90 dollar par jour. »
Au Nigeria, si 60% de la population vivote sous «le seuil absolu de l’extrême pauvreté», soit avec moins de 1,25 dollar par jour, par contre la richesse cumulée des 5 personnes les plus riches est de 29,9 milliards de dollars, soit plus que le budget fédéral en 2017.
Au Nigeria, la fortune des 5 plus riches est supérieure au budget du pays en 2017
Au Ghana, rapporte Oxfam, « l’un des hommes les plus riches du pays gagne plus en un mois qu’une des femmes les plus pauvres du pays ne pourrait gagner en 1000 ans. » Ici, les inégalités ne sont pas moindres : « entre 2006 et 2016, la distribution des richesses a généré 1000 nouveaux millionnaires (en dollars) tandis que près d’un million de personnes supplémentaires ont basculé dans la pauvreté. »
La fuite des capitaux à travers différents stratagèmes d’évitement fiscal fait perdre aux pays ouest-africains l’équivalent de 9,6 milliards de dollars par an. Une manne financière significative qui va alimenter les trésoreries des multinationales alors qu’elle « serait suffisante pour construire 100 hôpitaux modernes et bien équipés » dans toute cette partie du continent africain.
En termes d’inégalités, ces fonds perdus génèrent des conséquences tragiques dans divers domaines dont le service public de l’Education. D’une part, « les femmes de familles aisées au Mali sont 15 fois plus susceptibles d’avoir suivi un enseignement secondaire que celles issues de familles pauvres. » D’autre part, « on estime que 70% des filles les plus pauvres au Niger n’ont jamais fréquenté l’école primaire. »
Sous-financement des services publics
Les inégalités entre catégories se ressentent également dans le secteur de l’agriculture, rapporte l’enquête d’Oxfam. Alors qu’elles représentent 60 à 79% de la force de travail agricole, les femmes du Nigeria « ont dix fois moins d’opportunités de posséder leur propre terre que les hommes. Elles ne représentent en effet que 3,5% des propriétaires dans le pays. »
Quid des efforts à entreprendre par les Etats ouest-africains pour amorcer un début de renversement d’un système d’inégalités qui perdure ? Selon l’Indice régional d’Oxfam qui mesure, pour chaque pays, l’Engagement à la Réduction des Inégalités (ERI), « les gouvernements d’Afrique de l’Ouest exacerbent (plutôt) les inégalités en sous-finançant les services publics tels que la Santé et l’Education, tout en sous-taxant les entreprises et les (personnes) les plus riches. »
Cette démission non avouée des Etats d’Afrique de l’Ouest dans la réduction nécessaire des inégalités est porteuse de danger car « la crise ne fera que s’aggraver », rendant du coup l’éradication de l’extrême pauvreté en « rêve lointain. »
Pourtant, rappelle l’ONG anglo-saxonne, «en 2018, six des dix pays à la croissance la plus rapide du continent africain étaient des pays ouest-africains : Côte d’Ivoire, Sénégal, Ghana, Burkina Faso, Bénin et Niger. » Ces performances notables n’ont pas empêché pauvreté et inégalités de prendre l’ascenseur dans des proportions inquiétantes. Ainsi, « les 1% les plus riches des Ouest-Africains gagnent plus que le reste de la population de la région réunie. » En comparaison, « l’Afrique de l’Ouest abrite le plus grand nombre de pays où 30% de la population vit avec moins de 1,90 dollar par jour. »
Au Nigeria, si 60% de la population vivote sous «le seuil absolu de l’extrême pauvreté», soit avec moins de 1,25 dollar par jour, par contre la richesse cumulée des 5 personnes les plus riches est de 29,9 milliards de dollars, soit plus que le budget fédéral en 2017.
Au Nigeria, la fortune des 5 plus riches est supérieure au budget du pays en 2017
Au Ghana, rapporte Oxfam, « l’un des hommes les plus riches du pays gagne plus en un mois qu’une des femmes les plus pauvres du pays ne pourrait gagner en 1000 ans. » Ici, les inégalités ne sont pas moindres : « entre 2006 et 2016, la distribution des richesses a généré 1000 nouveaux millionnaires (en dollars) tandis que près d’un million de personnes supplémentaires ont basculé dans la pauvreté. »
La fuite des capitaux à travers différents stratagèmes d’évitement fiscal fait perdre aux pays ouest-africains l’équivalent de 9,6 milliards de dollars par an. Une manne financière significative qui va alimenter les trésoreries des multinationales alors qu’elle « serait suffisante pour construire 100 hôpitaux modernes et bien équipés » dans toute cette partie du continent africain.
En termes d’inégalités, ces fonds perdus génèrent des conséquences tragiques dans divers domaines dont le service public de l’Education. D’une part, « les femmes de familles aisées au Mali sont 15 fois plus susceptibles d’avoir suivi un enseignement secondaire que celles issues de familles pauvres. » D’autre part, « on estime que 70% des filles les plus pauvres au Niger n’ont jamais fréquenté l’école primaire. »
Sous-financement des services publics
Les inégalités entre catégories se ressentent également dans le secteur de l’agriculture, rapporte l’enquête d’Oxfam. Alors qu’elles représentent 60 à 79% de la force de travail agricole, les femmes du Nigeria « ont dix fois moins d’opportunités de posséder leur propre terre que les hommes. Elles ne représentent en effet que 3,5% des propriétaires dans le pays. »
Quid des efforts à entreprendre par les Etats ouest-africains pour amorcer un début de renversement d’un système d’inégalités qui perdure ? Selon l’Indice régional d’Oxfam qui mesure, pour chaque pays, l’Engagement à la Réduction des Inégalités (ERI), « les gouvernements d’Afrique de l’Ouest exacerbent (plutôt) les inégalités en sous-finançant les services publics tels que la Santé et l’Education, tout en sous-taxant les entreprises et les (personnes) les plus riches. »
Cette démission non avouée des Etats d’Afrique de l’Ouest dans la réduction nécessaire des inégalités est porteuse de danger car « la crise ne fera que s’aggraver », rendant du coup l’éradication de l’extrême pauvreté en « rêve lointain. »







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