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Le ton monte entre la Turquie et Israël après le bain de sang à Gaza

Mercredi 16 Mai 2018

Netanyahou (g.) et Erdogan
Netanyahou (g.) et Erdogan
Istanbul - La Turquie a demandé mercredi au consul général d'Israël à Istanbul de quitter le pays temporairement, au lendemain d'une mesure similaire prise par Israël à l'encontre du consul général turc à Jérusalem.

Selon l'agence étatique Anadolu, le ministère turc des Affaires étrangères a demandé au consul général israélien à Istanbul, Yossi Levi Safri, de quitter la Turquie "pour un certain temps" sur fond de fortes tensions entre les deux pays après la mort lundi de près de 60 Palestiniens sous les balles israéliennes dans la bande de Gaza.
 
 
Le président turc Recep Tayyib Erdogan avait déjà demandé à l'ambassadeur israélien à Ankara de partir mardi, tout en rappelant son ambassadeur à Tel Aviv pour consultations. En réponse, Israël a ordonné au consul général turc à Jérusalem de partir temporairement.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a également convoqué mercredi le chargé d'affaires turc en Israël pour un blâme après le "traitement inapproprié" dont a été victime selon lui l'ambassadeur israélien Eitan Naeh à son départ de l'aéroport à Istanbul.

Dans un communiqué, le ministère explique que M. Naeh a été soumis à "un contrôle de sécurité draconien en présence de médias turcs convoqués à l'avance".

Il invite en retour les médias à venir filmer le chargé d'affaires Umut Deniz lors de sa convocation dans les locaux du ministère à Jérusalem mercredi après-midi.

- "Etat d'apartheid" -

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, issu de la mouvance islamo-conservatrice, a pris la tête des réprobations d'Israël après le carnage de Gaza lundi, accusant Israël de "génocide", jugeant que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu était à la tête d'un "Etat d'apartheid" et avait du "sang des Palestiniens" sur les mains.

M. Netanyahu a de son côté affirmé qu'il n'avait pas de "leçons de morale" à recevoir du président turc : "il ne fait aucun doute qu'il comprend parfaitement le terrorisme et les massacres", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Cette montée de tensions risque de saborder la fragile normalisation que les deux pays ont lancée en 2016 après une grave crise diplomatique déclenchée par un raid israélien contre un navire d'une ONG turque se dirigeant vers la bande de Gaza en 2010.

A l'appel de différentes organisations, des centaines de manifestants ont protesté devant le consulat israélien à Istanbul mardi.

Un rassemblement, qui s'annonce imposant, doit se tenir vendredi à 12H00 GMT à Istanbul, à l'appel de M. Erdogan, sous le slogan "Halte à l'oppression".

Par ailleurs, le site officiel de la présidence turque a également indiqué que M. Erdogan qui était en visite à Londres a recontré sur place une délégation de Juifs ultra-orthodoxes du groupe anti-sioniste Neturei Karta.

Ce très petit groupe dissident, en marge des juifs ultra-orthodoxes, possède des membres en Israël et à l'étranger. Ils s'opposent à l'existence d'un Etat juif avant la venue du Messie.
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