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Le président iranien critique Trump, affirme que l'époque des murs est "révolue"

Samedi 28 Janvier 2017


Téhéran - Le président iranien Hassan Rohani a critiqué samedi, sans le nommer, le président américain Donald Trump, affirmant que l'époque de la construction de murs entre les pays était "révolue".

Il n'a toutefois pas réagi directement à la décision du président Trump d'interdire pendant trois mois l'entrée de ressortissants de plusieurs pays musulmans, dont les Iraniens, aux Etats-Unis.
 
"Aujourd'hui, on n'est plus à une époque où on construit des murs entre les nations. Ils (les dirigeants américains, ndlr) ont oublié qu'il y a quelques années le mur de Berlin s'est effondré", a déclaré M. Rohani lors d'un discours retransmis à la télévision d'Etat.

"Il faut supprimer les murs entre les peuples. Le monde d'aujourd'hui n'est pas un monde où l'on renforce les écarts entre les nations", a-t-il ajouté.

M. Trump a signé mercredi un décret donnant le coup d'envoi au projet de construction d'un mur le long de l'immense frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, sa promesse de campagne la plus emblématique.

Vendredi, il a signé un autre décret pour interdire pendant trois mois l'entrée aux Etats-Unis de ressortissants de sept pays musulmans: Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen. A l'exception de ressortissants détenteurs de visas diplomatiques et officiels et qui travaillent pour des institutions internationales.

Le président Rohani s'est gardé de réagir à ce décret.

L'Iran et les Etats-Unis n'ont plus de relations diplomatiques depuis plus de 37 ans, mais environ un million d'Iraniens vivent aux Etats-Unis, selon les estimations officielles iraniennes. Il s'agit de la plus forte communauté iranienne vivant à l'étranger. De nombreux Iraniens se rendent également chaque année aux Etats-Unis pour voir leur famille.

M. Rohani, qui intervenait lors d'une conférence internationale sur le tourisme, a affirmé que depuis l'accord nucléaire avec les grandes puissance conclu en juillet 2015, l'Iran avait lui "ouvert ses portes aux touristes étrangers".

Jeudi, avant que le président américain ne signe son décret, l'actrice iranienne Taraneh Alidousti, 33 ans, à l'affiche du film "Le client" nommé aux Oscars, avait annoncé qu'elle boycotterait la cérémonie prévue en février à Hollywood.

"L'interdiction de visa portée par Trump contre les Iraniens est raciste. Qu'elle s'applique ou non à un événement culturel, je n'assisterai pas aux #AcademyAwards 2017 en signe de protestation", avait-elle écrit sur son compte Twitter.

Interrogé par l'AFP, Moshen Najari, un habitant de Téhéran de 33 ans, a noté que "les Américains eux-mêmes sont en majorité des immigrants". "Désigner quelques pays en les qualifiant de terroristes n'est pas logique", a-t-il ajouté.

Sima, jeune femme de 27 ans, affirme elle que cette décision du président américain "n'a rien à voir avec le terrorisme". "Les Etats-Unis ont de bonnes relations avec l'Arabie saoudite et ils se moquent de savoir combien de terroristes viennent" de ce pays, grand rival de l'Iran dans la région, ajoute-t-elle.
 
 
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