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La défense du cardinal Barbarin plaide la relaxe

Jeudi 10 Janvier 2019

La défense du cardinal Barbarin plaide la relaxe

LYON (Reuters) - La défense du cardinal Philippe Barbarin a plaidé jeudi la relaxe de l'homme d'Eglise jugé depuis lundi avec cinq personnes de son entourage pour, notamment, "non dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs" victimes d'un prêtre pédophile.

"Philippe Barbarin, 68 ans, répond-il de fautes pénales ? Ou d’erreurs dans la manière de gérer son diocèse ?", a demandé Jean-Félix Luciani devant le tribunal correctionnel de Lyon, une démarche similaire à celle du procureur, qui n'a pas requis de condamnation mercredi.

Il s’est ensuite adressé à François Devaux, porte-parole de l’association "La Parole libérée" à l’origine des poursuites : "J’ai beaucoup de respect pour ce que vous avez fait, vous avez fait avancer les choses, mais ce procès est de trop ! En quoi la douleur, l’émotion doit-elle créer le droit ?"

Accusé par les parties civiles de vouloir "éviter le scandale public", Jean-Félix Luciani a assuré que son client n’avait jamais voulu fuir le débat.

"On voulait ce débat. Car cela fait deux ans et demi que Philippe Barbarin voit son nom accolé à la pédophilie, alors à un moment donné, on veut s’expliquer", a-t-il dit.

Jean-Félix Luciani a assuré, contrairement aux certitudes affichées par les parties civiles, que son client "ne savait rien avant 2014", et dénoncé les accusations de mensonge proférées mercredi par les avocats des parties civiles.

Philippe Barbarin a déclaré lundi n'avoir jamais cherché à cacher des faits de pédophilie. Il assure n’avoir été informé officiellement des agissements du père Preynat qu’en 2014, faisant fi des "rumeurs" qui circulaient pourtant sur cet homme.

LES VICTIMES ESPÈRENT UNE CONDAMNATION

Jean-Félix Luciani a reconnu que son client avait commis des "erreurs" en ne poussant pas assez les investigations en apprenant des agissements du père Preynat mais a rejeté l'idée que cela vaille "un torrent de boue et le fait de symboliser la pédophilie sur le plan mondial".

A l’issue de cette plaidoirie, monseigneur Emmanuel Gobillard, évêque auxiliaire de Lyon et directeur de communication du diocèse, est allé trouver François Devaux et Alexandre Hezez, le premier plaignant, pour les remercier.

"Merci d’avoir permis de libérer cette parole. Merci d’avoir permis que le procès de Preynat ait pu avoir lieu. Sans vous, il n’aurait pas eu lieu", a déclaré Emmanuel Gobillard.

"Merci de m’avoir permis d’entendre les témoignages de Christian, Mathieu, Stéphane et les autres, ça m’a bouleversé. Ces paroles m’ont changé, je ne suis plus le même homme avant et après", a-t-il ajouté. "Merci d’avoir secoué l’Eglise car il y a des dysfonctionnements, des difficultés, il faut qu’on change, qu’on ne s’arrête pas là."

La défense des avocats du cardinal Barbarin et l'absence de condamnation demandée par le procureur ont ulcéré les victimes. "On a vu que toutes les personnes citées ont cherché à se dédouaner, à faire comme si elles n’avaient jamais rien su", a déclaré Pierre-Emmanuel Germain-Thil, victime du père Preynat.

"Je ne comprendrais pas qu’il n’y ait pas de condamnation", a-t-il ajouté. "Il y a eu suffisamment de choses dites, expliquées, détaillées pour qu’il y ait des sanctions derrière."

La décision du tribunal correctionnel de Lyon a été mise en délibéré au 7 mars 2019.

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