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L’OTAN va envoyer des F-16 en Ukraine

Mercredi 10 Juillet 2024

Les pays membres de l’OTAN ont multiplié les gages mercredi d’un soutien renforcé à l’Ukraine, leurs dirigeants réunis à Washington tentant de surmonter les incertitudes politiques qui entourent ce sommet historique.

 

« La Russie est sur le pied de guerre » dans son industrie d’armement avec l’aide de la Chine et de la Corée du Nord, a averti le président américain Joe Biden, à l’ouverture officielle de ce sommet marquant les 75 ans d’existence de l’Alliance.

 

« Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser l’Alliance être distancée », a-t-il ajouté d’une voix forte, après les interrogations sur son état de santé et sa capacité à défendre les couleurs du camp démocrate, à quatre mois de l’élection présidentielle américaine.

 

Dès avant l’ouverture officielle de leur réunion, plusieurs pays de l’OTAN ont annoncé avoir commencé à transférer des avions de combat F-16 à l’Ukraine.

 

Ces appareils « rapprochent d’une paix juste et durable », s’est félicité le président ukrainien Volodymyr Zelensky, présent dans la capitale américaine.

 

Les F-16, en provenance du Danemark et des Pays-Bas, « voleront dans le ciel ukrainien cet été », a assuré le secrétaire d’État américain Antony Blinken.  

 

Défense antiaérienne

 

La Maison-Blanche a de son côté ajouté que la Belgique et la Norvège s’étaient engagées à fournir d’autres appareils à l’Ukraine, qui fait face à un barrage croissant de missiles russes contre ses villes et infrastructures.

 

Après avoir fêté en grande pompe la veille au soir le 75e anniversaire de l’alliance militaire occidentale, les leaders des États de l’alliance se sont retrouvés au sein du Conseil de l’Atlantique Nord, l’organe politique suprême de l’OTAN.

 

Le président américain Joe Biden a confirmé mardi soir que les alliés allaient aussi fournir à l’Ukraine un total de cinq systèmes de défense antiaérienne supplémentaires, dont quatre batteries de type Patriot, des missiles sol-air particulièrement efficaces pour intercepter les missiles balistiques russes.

 

L’Allemagne, les Pays-Bas, la Roumanie et l’Italie doivent également y contribuer.

 

La Russie a intensifié dernièrement ces frappes de missiles contre l’Ukraine, en dévastant notamment le plus grand hôpital pour enfants du pays, à Kyiv. Les missiles russes ont aussi détruit la moitié des capacités de production d’électricité de l’Ukraine.

 

L’ombre de Trump

 

Plus de deux ans après l’invasion russe de l’Ukraine, les Alliés vont également s’engager à développer leur industrie de défense, a indiqué mercredi le secrétaire général sortant de l’OTAN, Jens Stoltenberg.  

 

« Ce nouvel engagement envoie au monde un message sans ambiguïté », a souligné sur ce point Joe Biden.

 

L’Ukraine souhaite recevoir une invitation formelle à rejoindre l’OTAN, mais devra encore attendre face à l’opposition de plusieurs pays, dont les États-Unis.

 

Les membres de l’organisation sont toutefois d’accord pour reconnaître que l’Ukraine est sur une « trajectoire irréversible » vers son adhésion à l’Alliance atlantique, ont affirmé des diplomates. Et, selon le chancelier allemand Olaf Scholz, les décisions prises par l’OTAN « procurent à l’Ukraine la clarté dont elle a besoin ».

 

Les chefs d’État et de gouvernement sont arrivés mardi dans la capitale américaine, à l’exception du président français Emmanuel Macron qui les a rejoints mercredi. Il tentera de réaffirmer sa place sur la scène internationale, alors que ses partenaires s’inquiètent d’un affaiblissement de la France après les élections législatives.

 

Le sommet de Washington intervient dans un climat d’incertitude politique aux États-Unis, où le président Biden fait face à une fronde d’élus démocrates le sommant d’abandonner la course à un second mandat en novembre face à Donald Trump. L’acteur américain George Clooney, fervent démocrate, l’a appelé mercredi à jeter l’éponge.

 

L’ombre de l’ancien président républicain, qui s’est souvent montré critique de l’OTAN et dont certains propos ont semblé fragiliser le principe d’assistance mutuelle prévu par l’article 5 du traité, plane sur le sommet.

 

« Je m’attends à ce que, quel que soit le résultat des élections, les États-Unis restent un allié solide et loyal de l’OTAN », a toutefois déclaré mercredi M. Stoltenberg.

 

Le premier ministre hongrois Viktor Orban, qui assure la présidence de l’UE, aura l’occasion de rendre compte de ses récents déplacements à Moscou et à Pékin, très mal perçus notamment à Washington.

 

Le président ukrainien doit lui rencontrer des élus, avant de participer à un Conseil OTAN-Ukraine jeudi, au dernier jour du sommet. Ce jour-là sera scruté l’état de la forme du président Biden lors d’une rare conférence de presse. [AFP]

 
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