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France : Dominique de Villepin alerte sur un risque de « guerre civile » après les incidents du 17 octobre

Jeudi 22 Octobre 2026

Scène de violence en France le 17 octobre 2026
Scène de violence en France le 17 octobre 2026

L’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin a exprimé jeudi son inquiétude face à une « mécanique de guerre civile » après les incidents qui ont marqué les manifestations du 17 octobre, appelant le président Emmanuel Macron à répondre aux revendications des lycéens.

 

Cinq jours après les violences et les pillages survenus dans plusieurs villes françaises, Dominique de Villepin a dénoncé une « bataille de récits » entre La France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN).

 

« Ils sont ravis, dans une crise politique extrêmement grave, de pouvoir jouer le parti de la colère d’un côté et le parti de l’ordre de l’autre », a-t-il déclaré.

 

L’ancien chef du gouvernement a également contesté les accusations établissant un lien entre LFI et les groupes d’ultragauche, mis en cause par plusieurs responsables gouvernementaux après les violences.

 

« L’ultragauche déteste LFI », a-t-il affirmé, évoquant de « très grandes différences historiques » entre ces mouvements.

 

La procureure de Paris, Laure Beccuau, avait pour sa part indiqué ne pas pouvoir confirmer que les auteurs des dégradations dans la capitale appartenaient à l’ultragauche.

 

Interrogé sur les appels à instaurer l’état d’urgence, notamment formulés par le RN et Bruno Retailleau, Dominique de Villepin a estimé que la situation actuelle ne pouvait être comparée aux émeutes de 2005, survenues lorsqu’il dirigeait le gouvernement.

 

« Les situations sont différentes », a-t-il souligné, rappelant que les violences de 2005 impliquaient principalement de très jeunes personnes.

 

Revenant sur son passage à Matignon, il a reconnu avoir commis « des erreurs », assurant toutefois avoir tiré des enseignements de son expérience.

 

Un appel à répondre aux revendications des lycéens

 

Alors qu’Emmanuel Macron doit recevoir vendredi des représentants des organisations lycéennes à l’Élysée, l’ancien Premier ministre a appelé le chef de l’État à « faire un geste ».

 

« Le président doit d’abord les écouter et reconnaître leurs nécessités », a-t-il déclaré, plaidant notamment pour une remise à plat de Parcoursup, la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur.

 

Sur le plan économique, Dominique de Villepin a également proposé de confier aux partenaires sociaux la fixation du salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic), actuellement déterminé par décret.

 

« C’est le Moyen Âge », a-t-il estimé, appelant les organisations syndicales et patronales à assumer cette responsabilité.

 

Enfin, l’ancien Premier ministre a promis, en cas d’arrivée au pouvoir, un « big bang fiscal », proposant notamment de mettre fin aux « 185 milliards d’euros de niches fiscales et sociales ».

 

Il a toutefois assuré qu’aucune réforme ne serait engagée sans consensus. « Il n’y aura pas de réforme sans consensus », a-t-il affirmé, promettant également qu’il n’y aurait « pas de blocage » du pays. [AA]

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