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Football - Enquêtes ouvertes après la terrible tragédie de Yaoundé

Mardi 25 Janvier 2022

Une bousculade survenue avant le huitième de finale de la CAN, lundi soir, a fait au moins huit morts et des dizaines de blessés, à Yaoundé.
 
Au lendemain d’une bousculade qui a fait huit morts à l’entrée du grand stade de Yaoundé avant un match de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), le Cameroun et la Confédération africaine de football (CAF) enquêtent et veulent éviter un nouveau drame à l’approche des ultimes rencontres.
 
Ce lundi soir devait être une grande fête dans le pays hôte. Les Lions indomptables s’apprêtaient à jouer leur 8e de finale contre les Comores au grand stade d’Olembé de la capitale, lorsqu’un mouvement de foule à une porte d’entrée au moins a précipité des dizaines de fans à terre, avant que d’autres ne leur marchent dessus, selon des témoignages convergents, qui évoquent des forces de sécurité et du personnel sanitaire «dépassés par les événements».
 
Le professeur André Omgbwa Eballe, directeur de l’hôpital du district d’Olembé, était allé au match et attendait devant la porte Sud, puis a rallié son établissement pour recevoir des dizaines de blessés. «C’était un afflux incroyable, je n’avais jamais vu autant de monde devant ce stade», a témoigné le médecin.
 
«C’est quand la police a ouvert les grilles que les uns sont tombés et les autres leur ont marché dessus», poursuit-il. «Là, j’ai vu le courage des Camerounais, c’était vraiment de la débrouillardise, j’ai vu des gens en réanimer d’autres, d’autres faire du bouche à bouche, sinon on aurait eu plus de morts», raconte le professeur, avant de lâcher: «Devant les grilles, la police et le contrôle sanitaire ont été dépassés par les événements.»
 
Comme pour la plupart des rencontres de la sélection nationale, des milliers de supporters étaient massés devant le complexe d’Olembé, certains munis d’un ticket, d’autres non, dans l’espoir de rentrer, assurent le professeur Eballe et d’autres témoins.
 
Policiers dépassés
 
Le stade de 60’000 places a été spécialement construit pour la CAN et à peine achevé pour le début de la compétition le 9 janvier. Pour éviter la propagation du coronavirus, une jauge de remplissage des stades à 60% a été instaurée, augmentée à 80% quand jouent les Camerounais, et les supporters doivent présenter conjointement un certificat de vaccination et un test négatif.
 
Le système de sécurité prévoit trois rangées de contrôle, un alignement de barnums pour la vérification des pass sanitaires, un autre pour les fouilles de sécurité et un troisième avec des grilles de 2m50 de haut pour la vérification des billets.
 
«Les gendarmes nous demandaient de nous mettre en rang mais il y avait des indisciplinés qui disaient: «Poussez, poussez», a décrit un témoin devant l’hôpital de district d’Olembé.
 
«Alors les premières personnes sont tombées, les autres leur montaient dessus pour passer et d’autres montaient sur la barrière. Ceux de devant disaient: «Vous êtes en train d’écraser des personnes», mais ils n’écoutaient pas», ajoutait le jeune homme.
 
«Je me suis retrouvé écrasé contre une femme qui hurlait qu’elle ne pouvait plus respirer. A un moment, l’entrée a cédé et j’ai pu passer, c’était un chaos terrible, témoigne aussi une autre personne prise dans la bousculade. Les gens savent qu’on laisse rentrer des spectateurs après le coup d’envoi, c’est pour cela que certains ont essayé d’entrer sans billet.»
 
Le drame a fait huit morts, dont un enfant et deux femmes, et 38 blessés, dont sept grièvement, a détaillé le ministre de la Communication René Emmanuel Sadi.
 
Le président camerounais Paul Biya a ordonné une enquête «afin que toute la lumière soit faite sur cet incident tragique», poursuit le ministre, dont le gouvernement «appelle une fois de plus» les Camerounais «au sens des responsabilités, à la discipline et au civisme de tous pour la réussite totale de cette grande fête sportive».
 
La CAF, qui a également annoncé une «enquête» dans la nuit, tenait dans la matinée de ce mardi une réunion de crise avec le Comité camerounais d’organisation de la CAN (CoCan).
 
«Nous allons, avec la CAF et le gouvernement, trouver des mesures idoines pour améliorer les choses et faire en sorte que tout se déroule dans la sérénité, mais on ne peut pas garantir la perfection dans ce domaine, aucun pays ne le peut», assurait à l’AFP à la mi-journée Abel Mbengue, porte-parole du CoCan, invoquant des «drames similaires en Europe, en France, en Espagne, en Angleterre...»
«Les nouvelles mesures vous seront annoncées dans la soirée», a-t-il promis.
 
Le Cameroun accueille depuis le 9 janvier et jusqu’au 6 février la compétition reine du football africain dans les stades de cinq villes. (AFP)
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