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Coronavirus : la Croix-Rouge redoute de larges tensions sociales en Europe, inquiétudes pour l'Amérique Latine, incertitudes en Afrique

Mercredi 1 Juillet 2020

La Fédération internationale des sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) redoute des tensions sociales en Europe et dans d’autres régions si les gouvernements ne répondent pas aux défis économiques et à la crise sociale. La menace est «élevée», a dit mercredi son président.
 
«Il est temps de répondre à la pauvreté avec des mesures sociales», a affirmé Francesco Rocca aux correspondants accrédités auprès de l’ONU à Genève. Il a lui-même alerté sur la situation dans son propre pays et réitère son inquiétude après les tensions récentes entre locaux et travailleurs étrangers confinés dans le sud.
 
Ces émeutes ont lieu dans des zones où les populations sont souvent plus vulnérables. La Croix-Rouge distribue depuis des mois de la nourriture et une assistance à «de nombreuses familles», dit M. Rocca. Mais il devient difficile de maintenir durablement cette aide.
 
Cette situation pourrait s’étendre largement en Europe et dans d’autres régions, selon le président de la FICR. «Tout dépendra de la manière dont les gouvernements répondront à la crise», dit-il.
 
Inquiet pour l'Amérique latine
 
Outre les questions sociales, il appelle les Etats comme la Suisse, entrés dans une phase sanitaire plus calme, à ne pas relâcher les efforts. «Nous devons continuer à dialoguer avec les citoyens» pour qu’ils honorent la distanciation physique et les dispositifs d’hygiène et évitent les rassemblements trop importants, pour ne pas alimenter une reprise des cas.
 
Plus largement, M. Rocca est notamment inquiet de la situation en Afrique et en Amérique latine. Le Brésil montre les problèmes lorsque l’économie est mise davantage en avant que la santé, affirme-t-il. Il demande aux dirigeants politiques, pas seulement dans ce pays et aux Etats-Unis, de «suivre les conseils de la communauté scientifique». Et de ne pas discriminer les travailleurs de santé, accusés dans des pays de propager le virus.
 
Il demande encore à ceux d’entre eux qui oeuvrent «dans les communautés» à ne pas détourner leur attention du contrôle d’autres pathologies qui affectent les plus vulnérables. La FICR et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) aident de leur côté des milliers de migrants bloqués aux frontières, en raison de restrictions.
 
Plus de 70’000 réfugiés vénézuéliens en Colombie sont eux rentrés dans leur pays. Ils sont au centre de l’attention de l’organisation, même si les infections semblent «sous contrôle» selon elle, et font face à de nombreux défis.
 
Dialogue mené en Afrique
 
En Afrique, face à des mensonges véhiculés sur la crise, des dizaines de sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge dialoguent avec les populations pour évaluer comment celles-ci voient cette pandémie. Autre problème, beaucoup de personnes ne peuvent honorer un confinement parce que plus de 85% des travailleurs en Afrique subsaharienne oeuvrent dans l’économie informelle et ne peuvent s’appuyer sur une protection sociale.
 
Au total, 18 millions de personnes pourraient elles basculer dans la pauvreté. Avec plus de 13,5 millions de volontaires, la FICR et ses membres sont de leur côté au centre des efforts pour tester et dialoguer avec les communautés dans les pays. (ATS/NXP)
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