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COVID-19 : la justice des Pays Bas annule le couvre-feu, des pirates s’attaquent à Pfizer

Mardi 16 Février 2021

La justice néerlandaise, saisie par les opposants aux restrictions sanitaires après de violentes émeutes, a ordonné mardi de lever le couvre-feu, un coup de canif aux stratégies de lutte contre la COVID-19 en Europe, où les gouvernements tentent d’endiguer la propagation des variants plus contagieux ou dangereux.
 
Dans le même temps, la question des vaccins, déjà teintée de géopolitique avec les succès vantés par le Kremlin du vaccin russe Spoutnik V, est portée sur le terrain du roman d’espionnage avec des révélations citant les services de renseignement de Séoul : des pirates nord-coréens ont cherché à pénétrer les systèmes informatiques du géant pharmaceutique américain Pfizer, producteur du premier vaccin mis sur le marché.
 
La Corée du Nord, voisine et partenaire d’échanges de la Chine où la pandémie était apparue en décembre 2019, affirme sans convaincre n’avoir connu aucun cas de contamination, quand la maladie a fait plus de 2,4 millions de morts dans le monde.
 
Le Service national du renseignement (NIS) « nous a informés de ce que la Corée du Nord avait tenté d’obtenir des technologies comprenant le vaccin et des traitements contre la COVID-19 au moyen d’une cyberattaque pour pirater Pfizer », a déclaré aux journalistes à Séoul le député Ha Tae-keung.
 
En juillet, c’est le Royaume-Uni qui s’était dit « absolument sûr » de l’implication de Moscou dans des cyberattaques visant à voler des données de recherche sur un vaccin contre le coronavirus. La Russie avait farouchement nié.
 
Couvre-feu annulé
 
Mais pour l’heure c’est sur le terrain politico-judiciaire que se joue une bataille en Europe, au moment où des pays comme l’Allemagne vont jusqu’à refermer des frontières - pour l’instant avec la République tchèque et le Tyrol autrichien - pour endiguer la propagation des variants.
 
« Le couvre-feu est une violation profonde du droit à la liberté de mouvement et à la vie privée », a admis le tribunal de La Haye saisi par des opposants aux restrictions, estimant que le gouvernement néerlandais avait abusé des pouvoirs d’urgence et ordonnant que cette mesure soit levée « immédiatement ».
 
Le couvre-feu instauré aux Pays-Bas fin janvier avait auparavant mené aux pires émeutes que le pays ait connues depuis des décennies.
 
« J’ai vraiment reçu des centaines, des milliers de messages de félicitations, les personnes sont très contentes, se sentent libérées », a commenté Willem Engen,  un professeur de danse devenu l’un des plus influents opposants aux mesures anti COVID-19 à la tête du groupe Viruswaarheid (Vérité sur le virus), promettant des « manifestations de joie ».
 
Alors que cela fera bientôt un an que les Européens sont confrontés à des mesures sanitaires d’urgence allant, selon les périodes et les pays, du simple port du masque au confinement total, une brèche avait été ouverte la semaine dernière par le Parlement tchèque, qui avait refusé de prolonger l’état d’urgence comme demandé par le gouvernement.
 
Les Italiens exaspérés
 
En Italie, la volte-face du gouvernement qui a renoncé lundi à autoriser la réouverture des remontées mécaniques dans les stations de ski, a provoqué l’exaspération.
 
« C’est un désastre. Ça fait une semaine qu’on dame les pistes pour l’ouverture et qu’on prépare le protocole sanitaire, cette annonce de dernière minute est inadmissible », s’emportait Denis Trabucchi, moniteur de ski de la station Cima Piazzi à Valdidentro, en Lombardie. « On voit des images de foules dans les centres commerciaux qui restent ouverts, alors qu’ici on est en plein air ! », s’est-il insurgé.
 
Ailleurs, ce sont les fermetures ou restrictions aux frontières qui provoquent l’exaspération, comme celle des transporteurs routiers bloqués dans le nord de l’Italie à la frontière autrichienne, Vienne ayant décidé lundi de filtrer les véhicules se dirigeant en transit vers l’Allemagne et qui risqueraient de se retrouver bloqués sur son territoire.
 
La France craint d’être victime à son tour de ce tour de vis aux frontières allemandes, que Berlin menace d’appliquer aussi à sa frontière avec le département français de la Moselle, où se propage le variant sud-africain. Le gouvernement français a fait savoir lundi qu’il « ne souhaite pas que l’Allemagne ferme complètement la frontière ».
 
Le Japon vaccine
 
Ailleurs dans le monde, le Japon a annoncé qu’il commencerait mercredi à administrer des vaccins, réservés dans un premier temps à un nombre réduit de personnels hospitaliers, le reste de la population devant attendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, à l’approche des Jeux olympiques.  
 
Singapour, centre financier plongé dans la pire récession de son histoire, a annoncé une enveloppe de près de 7 milliards d’euros pour aider les entreprises et financer la campagne de vaccination.
 
Le Chili, qui a été l’un des premiers pays d’Amérique latine à lancer sa campagne de vaccination massive le 24 décembre, a commencé lundi à vacciner ses enseignants dans le but de rouvrir les écoles.
 
Le Kazakhstan a annoncé être le premier pays à avoir homologué une production nationale du vaccin russe Spoutnik V, un type de partenariat que Moscou veut multiplier à travers le monde.
 
L’Autorité palestinienne a de son côté accusé Israël d’avoir bloqué la livraison de 2000 doses du vaccin russe destinées à la bande de Gaza, enclave de deux millions d’habitants sous contrôle du mouvement islamiste Hamas. Celui-ci a dénoncé un « crime » de l’État hébreu.
La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 2 408 243 morts dans le monde depuis fin décembre 2019, selon un bilan établi mardi par l’AFP. (AFP)
 
 
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