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CAN 2025 : but refusé, penalty accordé, sortie de terrain prématurée... Les trois polémiques de la finale entre Sénégal et Maroc décortiquées par un arbitre

Lundi 19 Janvier 2026

Bruno Derrien, ancien arbitre international français
Bruno Derrien, ancien arbitre international français

Au lendemain de la finale de la CAN 2025, les polémiques arbitrales font plus parler que le sacre des Lions de la Téranga . La faute à une fin de match rocambolesque dans le temps additionnel en trois actes dans le temps : un but refusé au Sénégal, un penalty accordé au Maroc, et le refus des Sénégalais de poursuivre la rencontre ensuite, en guise de protestation. Un enchaînement de faits de jeu sur lesquels revient pour franceinfo: sport Bruno Derrien, ex-arbitre international. 

 

90e+2 minute : but refusé au Sénégal

 

Le premier point de bascule de la soirée intervient en début de temps additionnel, après un match indécis. Sur un corner, Abdoulaye Seck reprend le ballon au second poteau qui, après avoir frappé le poteau, est repris par Ismaïla Sarr qui pense ouvrir le score. Une délivrance de courte durée, puisque l'arbitre congolais, Jean-Jacques Ndala, siffle avant même que le ballon ne franchisse la ligne. Le but est refusé pour une faute d'Abdoulaye Seck sur Achraf Hakimi.

 

"L'arbitre siffle trop vite, parce que le contact est léger. Il aurait dû laisser l’action aller au bout, comme le disent les consignes avec le VAR, pour ensuite éventuellement la revisionner. Il a trop anticipé", analyse Bruno Derrien. Pour lui, la faute n'était pas si évidente : "C’est un léger contact, et c’est d’ailleurs Achraf Hakimi qui lève les bras vers le joueur sénégalais en premier. S’il n’avait pas sifflé, ça ne m’aurait pas gêné."

 

90e+7 minute : penalty accordé au Maroc

 

La soirée prend une nouvelle tournure sur un autre corner, cette fois à l'avantage du Maroc. Au second poteau, El Hadji Malick Diouf ceinture Brahim Diaz au niveau du cou. L'attaquant marocain s'écroule, mais l'action se poursuit. Une fois le ballon sorti, les joueurs marocains accourent vers l'arbitre, qui finit par être appelé par le VAR, avant de désigner le point de pénalty. 

 

"On peut considérer qu’il le prend par l’épaule et le fait tomber, le Marocain en rajoute un peu, mais il y a contact, comme on en a beaucoup dans un match. Certains arbitres sifflent ce genre de contact, d’autres non", estime Bruno Derrien.

 

L'ancien arbitre français ajoute : "Le problème, là, c’est qu’on le siffle dans le temps additionnel et dans un contexte qui pèse lourd. Pour prendre une telle décision, à ce moment du match, avec les enjeux, il faut une faute très nette. D'ailleurs, il ne la siffle pas initialement, mais le VAR intervient alors que les joueurs marocains mettent une grosse pression. On ne peut pas nier le contexte. Mais c’est une micro-faute pour une macro-sanction."

 

90e+17 minute : certains Sénégalais quittent la pelouse

 

Après dix minutes de confusion, le penalty accordé au Maroc n'a toujours pas été tiré. Les Sénégalais ne décolèrent pas, et la majorité des joueurs regagne les vestiaires, à la demande du sélectionneur Pape Thiaw, avant que le capitaine Sadio Mané ne les fasse revenir sur le terrain. Le tout alors que des supporters tentent d'envahir la pelouse et affrontent les stadiers derrière le but marocain. Une confusion qui "aurait dû pousser l'arbitre à renvoyer tout le monde aux vestiaires", estime Bruno Derrien, à partir du moment où des supporters étaient sur la pelouse.

 

"En revanche, on ne peut pas accepter que le Sénégal quitte le terrain sans l'autorisation de l’arbitre. Cela peut valoir à chaque joueur un avertissement", rappelle Bruno Derrien. Et même match perdu, si les Sénégalais n'avaient pas repris la rencontre, précise l'ancien arbitre:

"Le règlement c’est que si une équipe ne revient pas, l’arbitre arrête le match et ensuite c’est la CAF qui décide du résultat. Mais une équipe qui quitte le terrain et provoque l’arrêt du match a forcément rencontre perdue".
[franceinfo]

 
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