Sébastien Lecornu a confirmé qu'il allait faire passer le budget avec l’article 49 alinéa 3. La possibilité de faire adopter le budget par ordonnances est laissée de côté. Les deux pistes ont été étudiées jusqu’au dernier moment par le chef du gouvernement.
Le Premier ministre avait promis de ne pas s'en servir. Pourtant, lundi 19 janvier, BFMTV a révélé que Sébastien Lecornu allait faire adopter le budget en activant le 49.3. Il a expliqué et entériné son choix lors du Conseil des ministres, avant de s'exprimer devant les Français lors du compte-rendu à la presse.
"J’avais fait un pari, de se dire qu’après deux censures il fallait gouverner différemment", a rappelé le Premier ministre à l'issue du Conseil des ministres. C'est "avec un certain regret et un peu d’amertume", qu'il a confirmé que le gouvernement allait utiliser le 49.3 mardi pour le vote du budget. "Pour tenir ma parole, il faudrait que je m’entête. (...) En m'entêtant trop longtemps, je serai moi-même source de désordre", a-t-il insisté.
Un "semi-échec"
"Il faut être humble. C’est un semi-succès, semi-échec", a reconnu Sébastien Lecornu. Il se félicité tout de même que sa méthode ait fonctionné dans le cadre du PLFSS : "Ça a fonctionné sur la Sécurité sociale, personne n’y croyait". Il a insisté sur les "compromis et les concessions de la part de chacun" qui ont été nécessaires pour y parvenir.
Emmanuel Macron a salué en Conseil des ministres une copie budgétaire qui garantit la "stabilité" et "permet au pays d’avancer", a relayé la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.
Des motions de censure déposées
Les réactions de l'opposition ne se sont pas fait attendre à l'issue de la prise de parole de Sébastien Lecornu. Marine Le Pen a indiqué sur X que le Rassemblement allait déposer une motion de censure. "Compte tenu des annonces irresponsables pour acheter le PS au mépris de l’intérêt national, annonces qui se traduiront par plus d’impôts et plus de dette, le groupe RN déposera évidemment une motion de censure", a-t-elle écrit. Même son de cloche du côté de la France insoumise : "Contre ce budget et pour la dignité du Parlement, nous déposerons une motion de censure contre le gouvernement."
La piste des ordonnances, étudiée jusqu'au dernier moment par Sébastien Lecornu, est donc abandonnée. En choisissant l'article 49 alinéa 3, le Premier ministre engage donc la responsabilité du gouvernement, rappelle Le Monde.
Un budget "négocié" avec le PS ?
Il semblerait que si le Premier ministre a fait ce choix après un long week-end de réflexion, c'est qu'il dispose de garanties suffisantes pour espérer se maintenir au pouvoir afin d'assurer l'adoption du texte. Ce lundi 19 janvier au matin, dans la matinale de BFMTV, Amélie de Montchalin assurait qu'il n'y aurait "pas de 49.3 sans garanties" car la priorité du gouvernement était avant tout de doter la France d'un budget.
Tout de suite après l'annonce, l'ex-ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, a dénoncé un budget négocié avec le PS qui "reprend" selon lui "tous les ingrédients socialistes qui ont conduit au déclin de la France", relaie Le Monde.Dimanche 18 janvier, Boris Vallaud avait ouvert la porte d'une "non-censure" au vu des directions prises par le budget du gouvernement dans Le Parisien. La veille, sur le plateau de TF1, le chef du Parti socialiste avait fait part d'une possibilité de "non-censure" si Sébastien Lecornu respectait quelques conditions.







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