Connectez-vous S'inscrire

Boubacar Boris Diop - Hommage à l’une des figures intellectuelles africaines les plus importantes du moment

Lundi 26 Octobre 2026

Boubacar Boris Diop
Boubacar Boris Diop

Argument :

 

« 26 Octobre 2022. Boubacar Boris Diop reçoit des mains du professeur Robert Con Davis-Undiano de l’Université d’Oklahoma le certificat et la plume d’aigle argentée, symboles matériels du prix littéraire Neustadt qui lui a été décerné un an plus tôt. Cette distinction, qui s’ajoutait à d’autres, est une illustration supplémentaire de l’envergure de l’auteur que d’aucuns considèrent comme l’un des rares nobélisables dans les lettres d’Afrique francophone. Boubacar Boris Diop doit cette stature à une production prolifique qui, depuis près d’un demi-siècle s’écrit en romans, nouvelles, théâtre et essais, entre autres genres. Du Temps de Tamango suivi de Thiaroye, terre rouge (1981) à Un Tombeau pour Kinne Gaajo (2024), l’œuvre romanesque de Boubacar Boris Diop reflète les angoisses existentielles des sujets africains et de la société postcoloniale. Elle témoigne des difficultés auxquelles les États africains ont été confrontés dans leur projet de souveraineté et de construction nationale. Ces fictions présentent également un personnel romanesque divers rendant compte de conflits idéologiques, sociaux et politiques avec les institutions ou groupes.

 

Boubacar Boris Diop s’est fait une place prééminente dans la littérature africaine grâce aussi à son pari réussi sur les capacités esthétiques et philosophiques de sa langue maternelle, le wolof. S’engageant dans la voie ouverte par ses illustres modèles que sont l’écrivain Kenyan Ngugi Wa Thiongo et l’auteur sénégalais Cheik Aliou Ndao, il a entamé un travail de revalorisation de sa langue maternelle et une entreprise de vulgarisation de ses possibilités esthétiques par la publication de Doomi Golo (2003). Cette initiative, inédite à l’époque pour un auteur francophone de grande renommée, s’est poursuivie avec d’autres œuvres (Bàmmelu Kocc Barma et Malaanum Lëndëm) et des activités diverses (édition, journal en ligne, enseignement) qui contribuent au rayonnement du wolof.

 

Parallèlement à ce travail littéraire, l’écrivain sénégalais se distingue par une présence constante dans l’espace public sénégalais due en partie à une riche carrière journalistique au cours de laquelle il a eu à collaborer avec les rédactions de Afrique Tribune, Warango, Sud Hebdo, Sud Quotidien, et à diriger le mensuel Démocraties ou encore le quotidien Le Matin.

En veille permanente, Boubacar Boris Diop a aussi rédigé des chroniques et éditoriaux pour divers autres médias sénégalais et étrangers. De plus, ces dernières années, Boubacar il est devenu de plus en plus visible sur les plateaux de télévisions, chaînes YouTube et conférences où il aborde des questions liées à ses textes littéraires.

Son rôle de vigie se matérialise aussi par la publication d’essais lui permettant de donner son point de vue sur les intrigantes relations entre l’Afrique et ses anciens colonisateurs dont l’influence reste encore vivace. Ainsi, La Gloire des imposteurs (2014), publié avec l’ancienne ministre malienne de la Culture, Aminata Dramane Traoré, témoigne d’un souci de faire comprendre aux jeunes Africains les mécanismes les plus inextricables des systèmes politiques qui obstruent la marche de leurs pays vers la paix et la souveraineté. Au plus fort de la crise politique au Sénégal, en 2023, il n’avait pas hésité, avec ses compatriotes Felwine Sarr et Mouhamed Mbougar Sarr, à écrire et à publier dans la presse un texte dénonçant les dérives du pouvoir.

 

Il s’agit donc d’un intellectuel « embarqué dans la galère de son époque » qui use toujours de son devoir de mémoire et de témoignage pour se prononcer sur la marche du monde. Les genres et les supports qu’il met à profit, mis ensemble, constituent un corpus consistant d’œuvres littéraires, médiatiques, politiques, philosophiques, qui mérite d’être interrogé.

Ainsi à l’occasion de son 80ème anniversaire qui sera célébré en 2026, un colloque sera organisé du 26 au 28 octobre à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Cet événement international et interdisciplinaire est appelé à être un moment d’hommage à une éminente figure intellectuelle de l’Afrique contemporaine, à travers des regards croisés sur les grandes lignes et les divers apports de son œuvre multidimensionnelle.»

Nombre de lectures : 105 fois

Nouveau commentaire :



ENQUETES & REPORTAGES - 08/10/2026

REPORTAGE D’INVESTIGATION - Commerce : les portefeuilles électroniques chinois numérisent l’informel africain, le casse-tête de la règlementation (suite & fin)

REPORTAGE D’INVESTIGATION - Commerce : les portefeuilles électroniques chinois numérisent l’informel africain (1ère partie)

07/10/2026

ENTRETIEN EXCLUSIF – Boubacar Boris Diop : « Dans le Sahel, l’enjeu n’est pas la lutte pour la démocratie mais la résistance à des puissances décidées à semer le chaos » (Partie 2 & fin)

09/08/2026









Inscription à la newsletter