Le coordinateur de La France insoumise (LFI), Manuel Bompard, a vivement critiqué dimanche la politique sécuritaire menée par le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, estimant que ses choix étaient « absolument inefficaces » et appelant à un « changement de doctrine ».
Les deux responsables politiques débattaient dans l’émission « Franc-Jeu », diffusée sur France Inter et France 2, lorsque Bompard a mis en cause les résultats de la politique gouvernementale en matière de lutte contre l’insécurité.
« Monsieur Nuñez, j’assume et je considère que vos choix en matière de politique sécuritaire, de lutte contre l’insécurité, qui doit permettre de garantir la sécurité et la sûreté de l’ensemble de nos concitoyens, ne fonctionnent pas, sont absolument inefficaces », a déclaré Bompard, reprochant au ministre de faire « essentiellement de la communication ».
Le responsable insoumis a plaidé pour le redéploiement d’effectifs sous la forme d’une « police de proximité », estimant que ce dispositif avait permis, là où il avait été mis en place, d’obtenir des résultats en matière de baisse de la criminalité et de sécurité de la population.
Bompard a également appelé à revoir la doctrine française du maintien de l’ordre, en prenant pour exemple d’autres pays européens.
Il a défendu des méthodes « qui ne sont pas construites sur l’idée de la confrontation mais sur la méthode de la désescalade », assurant qu’elles permettaient des manifestations « moins violentes » et se déroulant « bien mieux » tant pour les policiers que pour les manifestants.
Échange sur le racisme dans les forces de l’ordre
Le débat s’est également porté sur la question du racisme au sein des forces de l’ordre, après la suspension de policiers municipaux de Carcassonne accusés d’avoir tenu des propos racistes et misogynes lors d’une patrouille.
Laurent Nuñez avait affirmé quelques minutes auparavant qu’« il n’y a pas de racisme dans la police, ni dans la gendarmerie », tout en reconnaissant l’existence possible de « comportements racistes », qu’il a qualifiés de « cas isolés ».
Interpellé par Manuel Bompard sur ces déclarations, le ministre a maintenu sa position.
« Il y a parfois des comportements racistes dans la police et la gendarmerie, ils sont très minoritaires », a-t-il déclaré, assurant que ces faits donnaient lieu à des sanctions lorsqu’ils étaient établis.
Concernant l’affaire de Carcassonne, Nuñez a indiqué avoir demandé l’ouverture d’une enquête de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) afin de déterminer pourquoi les agents concernés n’avaient pas été sanctionnés dès le signalement de la vidéo. « Ces propos auraient dû être condamnés dès le début, dès qu’ils ont été connus », a-t-il estimé. [AA]






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