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Au Sénégal, retoqué par le Conseil constitutionnel, Macky Sall remixe une nouvelle date de l’élection présidentielle : ce nouveau train ne peut-il pas en cacher un autre ? (Par Diagne Fodé Roland)

Mardi 12 Mars 2024

La saga des coups d'État constitutionnel de Macky/APR/BBY/PDS prend la tournure de la nouvelle re-convocation du corps électoral par décret présidentiel le dimanche 24 mars 24.

 

L’annonce a été faite en même temps que celles de la dissolution du gouvernement, le remplacement du premier ministre candidat par l’ex-président de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), passant de ministre de la défense, puis de l’intérieur et maintenant premier ministre et l’adoption-imposition de la loi d’amnistie.

 

Le Conseil Constitutionnel avait auparavant retoqué la fixation de l’élection au 2 juin, la loi prolongeant le mandat présidentiel en exigeant la tenue de la présidentielle « dans les meilleurs délais » avant la fin du second et dernier mandat de l’actuel président du 2 avril 24.

 

La campagne officielle se fait au moment de cet article sans le candidat du camp patriotique Bassirou Diomaye Faye toujours détenu ainsi que le président du parti Pastef toujours dissout O. Sonko.

 

L’adoption au forceps par la méthode « fast-track » de l’amnistie semble ne pas s’appliquer à ces prisonniers politiques du camp patriotique.

 

Jusqu’ici l’État hors la loi de l’autocrate Macky Sall a continué de se manifester par la répression des manifestations arbitrairement interdites, l’utilisation de nervis armés aux côtés de policiers ou gendarmes pour tuer des manifestants sans armes, des procès fabriqués pour éliminer le principal candidat du parti Pastef, les refus d’exécuter les décisions de justice par le ministère de l’intérieur et la caisse de dépôt et de consignation, le changement forcé de tous les membres de la CENA (commission électorale nationale autonome) pour avoir ordonné le respect des décisions des tribunaux de Ziguinchor et de Dakar, l’attaque du PDS aussitôt soutenue par Macky lui-même contre le Conseil Constitutionnel, l’annulation-renvoi autocratique la veille de l’ouverture de la campagne de la date du 25 février 24, la poursuite des arrestations parallèlement à des libérations provisoires récentes des milliers de détenus politiques, des « dialogues » monologues entre partisans du camp néocolonial.

 

Macky/APR/BBY/PDS qui, après avoir crié sur tous les toits que « force restera à la loi et aux institutions », se sont révélés aux yeux de tous comme les vrais fossoyeurs de la loi, notamment la constitution et les institutions, notamment le Conseil Constitutionnel.

 

Les voilà maintenant tout à coup « respecter la loi et la décision du Conseil Constitutionnel » en fixant la nouvelle date de l’élection présidentielle au 24 mars 2024.

 

La question que tout le monde se pose légitimement est : quel est le prochain coup fourré qui se cache derrière cette posture de soi-disant respect de la loi et des institutions ?

 

Macky/APR/BBY puis PDS sont passés de la stratégie pour une troisième candidature anticonstitutionnelle, puis complotiste pour empêcher la candidature du chef indéniable de l’opposition, leader du camp patriotique, ensuite à la manœuvre pour remettre en cause la validation des 19 candidats retenus par le Conseil Constitutionnel et au remplacement de la date du 25 février par le 24 mars. 

 

Comment ne pas se demander et se préparer à ce « qu’un train en cache un autre » du type d’un coup d’Etat dans les urnes, c’est-à-dire ce que suggère fortement par exemple le ou les fichiers (lequel est vraiment le bon ?) remis au Conseil Constitutionnel et qui font disparaître ou apparaître les électeurs en contradiction flagrante avec ce qui est inscrit sur la carte d’identité et d’électeur.

 

Comment ne pas se demander et se préparer à un chaos planifié le jour de l’élection en lançant des nervis armés agresseurs dans les bureaux de vote ou pour bourrer les urnes ?

 

Comment ne pas se demander ou se préparer à la création artificielle et calculée d’une confusion délibérée de l’électeur ne trouvant pas du tout son bureau de vote ?

 

Comment ne pas se demander ou se préparer aux provocations et à l’expulsion administrative des mandataires des bureaux de vote et des commissions départementales, etc ?

 

Vigilance, vigilance dans cette dernière ligne droite pour neutraliser définitivement la bête cruelle blessée qui a fait tant de mal au peuple.

 

C’est pourquoi, comme le dit notre doyen du PAI, Alla Kane de Yoonu Askan Wi en processus de fusion dans Pastef/Les Patriotes : « il faut un tsunami dans les urnes à l’instar de la courbe qui nous a fait passer du plus fort reste à 16 % en 2019 pour espérer pouvoir atteindre 75 % en 2024 ».

 

Oui les Sénégalais veulent et peuvent en finir avec Macky/APR/BBY/PDS. Une fois la page des libéraux et opportunistes néocoloniaux électoralement tournée, le camp patriotique sénégalais devra œuvrer à grossir le camp souverainiste africain pour s’orienter vers la sortie des griffes du néocolonialisme et faire vivre « l’union libre des peuples libres d’Afrique » selon la juste formule du communiste Tiémoko Garan Kouyaté.

Diagne Fodé Roland

 
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