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Après le rejet du plan pour Gaza par Israël, Donald Trump est "fragilisé politiquement", analyse un spécialiste

Lundi 10 Août 2026

Donald Trump est-il en train de perdre la main ? Sur le dossier iranien, le président américain se heurte à la fois aux exigences de Téhéran et aux choix de son allié israélien, Benyamin Nétanyahou. Une situation inhabituelle pour le locataire de la Maison Blanche, qui s'est montré particulièrement mesuré face au Premier ministre israélien.

 

"Il n'a pas répondu finalement frontalement à Nétanyahou, et ça c'est assez rare de sa part", relève Jérôme Viala-Gaudefroy, chargé de cours à Sciences Po Paris et auteur de Les mots de Trump (Dalloz). Benyamin Nétanyahou "impose finalement un séquençage différent" et "rejette au fond ce plan" voulu par Donald Trump.

 

"Une situation inhabituelle" pour Trump

 

Cette retenue tranche avec le ton employé quelques semaines plus tôt par le président américain. En juin, Donald Trump avait notamment qualifié Benyamin Nétanyahou de "cinglé" au sujet de la guerre au Moyen-Orient, mais le rapport de force semble aujourd'hui différent. Le président américain "se rend compte en fait qu'il y a quand même des limites", analyse Jérôme Viala-Gaudefroy.

 

Donald Trump doit composer avec les contraintes politiques de son allié israélien, mais aussi avec celles de l'Iran. "Il voit que sur tous les plans finalement, la réalité des adversaires ou même de ses alliés n'est pas la sienne. Ce qu'il projette ne correspond pas au réel", explique le spécialiste. "Là, on voit qu'il est vraiment dans une limite et ne sait pas vraiment comment réagir."

 

Trump se focalise sur la transformation de Washington

 

Dans ce contexte, Donald Trump semble revenir sur un terrain qu'il connaît mieux : la transformation de la capitale américaine. "Il est beaucoup plus obsédé finalement en ce moment ou passe beaucoup plus de temps sur l'idée de reconstruire Washington", observe Jérôme Viala-Gaudefroy. Le président américain s'exprime régulièrement sur les travaux qu'il souhaite mener dans la capitale, notamment autour de la future salle de bal de la Maison Blanche et d'autres projets architecturaux.

 

De cette manière "il détourne l'attention" de ses difficultés sur la scène internationale, estime le spécialiste, qui évoque également un phénomène "presque psychologique, il parle beaucoup de la salle de bal, de construire son arche, du bassin miroir ", mais pas de sujets électoraux alors que les élections de mi-mandat se rapprochent. 

 

Cette obsession pour la construction s'expliquerait aussi par le parcours personnel du président. "C'est quelqu'un qui vient de l'immobilier et qu'il espère là enfin faire quelque chose et construire", rappelle Jérôme Viala-Gaudefroy.

 

L'économie inquiète davantage les Républicains

 

C'est surtout sur le terrain économique que Donald Trump pourrait être fragilisé auprès des électeurs américains. Les conséquences économiques de l'actualité internationale intéressent en effet les Américains et sur ce terrain, les signaux sont mauvais pour le président.

 

"Pour la première fois depuis au moins une décennie, un sondage de Reuters montre que finalement les Américains font plus confiance aujourd'hui globalement aux Démocrates pour l'économie qu'aux Républicains", affirme Jérôme Viala-Gaudefroy. Un résultat particulièrement préoccupant à l'approche des élections de mi-mandat. 

 

"C'est vraiment un élément très inquiétant dont sont conscients d'ailleurs les élus républicains", estime-t-il.

 

La main sur le Parti républicain

 

Malgré ces difficultés, Donald Trump est loin d'avoir perdu tout son pouvoir. "Il est fragilisé politiquement, mais il ne faut pas oublier qu'il reste quand même institutionnellement assez fort", nuance Jérôme Viala-Gaudefroy. Le président conserve notamment une emprise importante sur le Parti républicain. "À part une petite révolte de 3-4 élus au Sénat et à la Chambre, globalement, il est quand même en contrôle du parti", souligne-t-il.

 

Les Républicains disposent toujours du Congrès et de nombreux pouvoirs au niveau des États. Donald Trump n'est donc "pas totalement fragilisé encore", mais les élections de mi-mandat, prévues dans trois mois, pourraient constituer un premier véritable test. Elles permettront de mesurer si les difficultés actuelles du président américain se traduisent, ou non, dans les urnes. [franceinfo]

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