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TURQUIE : Un journaliste de la presse d'Etat limogé pour avoir posé une question embarrassante

Samedi 22 Mai 2021

Süleyman Soylu, le ministre de l'Intérieur mis en cause
Süleyman Soylu, le ministre de l'Intérieur mis en cause
Un journaliste de l’agence de presse étatique turque Anadolu a été limogé vendredi après avoir posé une question sur des accusations embarrassantes portées par un parrain de la mafia contre le puissant ministre de l’Intérieur.
 
Depuis trois semaines, la Turquie vit au rythme de vidéos publiées sur YouTube par Sedat Peker, figure de la pègre exilée à l’étranger, dans lesquelles il accuse des membres du gouvernement et du parti au pouvoir AKP de divers crimes et de corruption.  
 
Dans l’une de ces vidéos, M. Peker a notamment affirmé que le ministre de l’Intérieur Süleyman Soylu l’avait protégé et « tuyauté » sur l’ouverture d’une enquête le visant l’an dernier afin de lui permettre de fuir la Turquie avant d’être arrêté.
 
Pressé par l’opposition de démissionner, M. Soylu, l’un des plus puissants membres du gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan, a rejeté les allégations de M. Peker.
 
C’est dans ce contexte qu’un journaliste de l’agence de presse étatique Anadolu a semé le trouble vendredi soir en demandant une réaction sur cette affaire lors d’une conférence de presse des ministres de l’Industrie Mustafa Varank et de l’Agriculture Bekir Pakdemirli.
 
Sous les regards abasourdis des deux ministres, le reporter, Musab Turan, a demandé si le gouvernement avait un plan pour faire face à ce scandale et qualifié M. Soylu de personne dont « le nom est associé à de graves fautes morales », faisant part de sa « honte ».
 
Une vidéo de cette scène s’est propagée comme un feu de paille sur les réseaux sociaux.
 
Face à cette polémique, l’agence Anadolu a rapidement annoncé dans un communiqué le limogeage de son employé, l’accusant d’avoir manqué aux « principes journalistiques » et fait de la « propagande politique ».
 
« Nous avons saisi un procureur pour qu’une enquête soit diligentée afin de vérifier si [le journaliste] appartient ou non à un groupe terroriste », a par ailleurs indiqué Anadolu.
 
« Ceux qui cherchent à nuire à la respectabilité de notre État en paieront le prix », a mis en garde sur Twitter le directeur de la communication de la présidence turque, Fahrettin Altun.
La polémique aura au moins fait un heureux : M. Peker, le parrain de la mafia, a publié la vidéo de la conférence de presse sur sa chaîne YouTube. (AFP)
 
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