Après une vraie fausse polémique entretenue par quelques activistes, le projet de Loi de finances rectificative (PLFR 2026) est désormais sur le bureau de l’Assemblée. Très attendu après le changement intervenu à la Primature en mai 2026 et suite à l’accord technique trouvé entre le gouvernement et le Fonds monétaire international (FMI) pour un traitement/restructuration de la dette sénégalaise, le PLFR se veut plus modeste. Il ramène les prévisions de croissance du PIB de 5 % à 2,7 % et projette une baisse conséquente des recettes. L’objectif est de redresser les comptes publics, comme l’avait asséné le premier ministre lors de sa déclaration de politique générale du 8 septembre 2026, tout en asseyant une politique fiscale efficace sans étouffer les assujettis.
Fiscalité des entreprises et rééquilibrage de l'impôt
Sur le plan des recettes, la LFR fait apparaître une redistribution marquée des contributions directes.
Les services fiscaux de l'Etat vont davantage s'intéresser aux bénéfices des entreprises. Dans le PLFR 2026, le Trésor fait passer les objectifs de recettes des impots sur le revenu et sur les bénéfices des sociétés à 854 milliards de FCFA contre 661,7 milliards de FCFA dans la loi de finance initiale (LFI 2026).
Pour l'Etat, cette ambition exigera une plus grande agressivité fiscale pour compenser certaines moins-values liées a la préservation des filets dits de protection sociaux destinés à soulager des couches défavorisées de la population.
Alors qu’elles étaient projetées à 1179,8 milliards FCFA dans la LFI 2026, les recettes tirées de l’impôt sur le revenu salarial ont été revues à la baisse à un niveau de 837 milliards FCFA. Le gouvernement semble engagé dans une dynamique de non affaiblissement du pouvoir d’achat des salariés.
S’il y a un secteur ou l’Etat espère engranger beaucoup de recettes, c’est dans le domaine financier et foncier. Grâce à un encadrement renforcé de ce secteur, le PLFR 2026 va augmenter certains droits d’enregistrement et actes administratifs liés aux opérations foncières, fusions et autres morcellements : 30 000 FCFA pour un duplicata par titre, 20 000 FCFA pour une fusion/morcellement par titre fusionné ou créé, 5 000 FCFA pour autre inscription par titre…
Économie numérique, transactions et télécoms
Dans le contexte du numérique et des services financiers, les réajustements budgétaires s'orientent vers une clarification des flux fiscaux.
Il est ainsi prévu un élargissement de l’assiette sur le numérique avec l’intégration fiscale des plateformes numériques internationales, du commerce en ligne (e-commerce) et des transactions financières dématérialisées (mobile money). A ce titre, les prestataires locaux et internationales - également appelés intermédiaires - feront l’objet d’une meilleure identification par les services de l’Etat.
Mais sur ce terrain, le changement majeur est dans la suppression de la taxe de 1 % sur chaque transaction immédiate du mobile money. Cette mesure qui date de septembre 2025 avait fait l’objet de nombreuses critiques, en particulier des usagers d’un secteur jugé très dynamique.
Dans la PLFR 2026, apparait la « Contribution de solidarité économique des opérateurs de monnaie électronique ». Son montant annuel est basé sur le chiffre d’affaires (CA) des opérateurs de mobile money : 8 % sur un CA de 150 milliards FCFA, 9 % sur un CA compris entre 150 milliards FCFA et 300 milliards FCFA, 10 % au-delà d’un CA de 300 milliards FCFA.
Précision de taille : « la contribution n’est pas déductible de l’impôt sur les sociétés dû par les assujettis ». Les modalités de sa libération sont exposées ci-dessous :
« Le paiement de la Contribution donne lieu, chaque année, au versement de trois acomptes, chacun égal au quart du montant global dû au titre des opérations de l’année précédente et au paiement du solde », lit-on dans le document. « Tout opérateur de transfert d’argent ou de monnaie électronique effectuant des opérations de transfert ou de paiement en monnaie électronique à partir ou à destination du Sénégal » est concerné par cette contribution.
Jeux de hasard et taxes sur la consommation
Le réajustement des recettes intérieures touche directement le secteur du divertissement et des biens de consommation :
Energie et investissements
Le volet des dépenses publiques enregistre un glissement important de l'investissement vers le fonctionnement et le soutien social.
Les dépenses d'investissement public reculent de 555 milliards FCFA. Ce repli va affecter de nombreuses infrastructures routières, portuaires et le logement.







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