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ONU - Le chef des Casques bleus fustige les divisions au Conseil de sécurité

Jeudi 25 Mai 2023

Jean-Pierre Lacroix
Jean-Pierre Lacroix
Le patron des opérations de paix des Nations unies, incarnées par les Casques bleus, fustige les «divisions» entre grandes puissances au Conseil de sécurité de l’ONU, fragilisant ces forces de maintien de la paix qui auront 75 ans lundi.
 
Dans un entretien accordé à l’AFP à New York, Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint des Nations unies depuis 2017, vante toutefois « la longue liste » de pays, en Afrique surtout, qui ont bénéficié du « million d’hommes et de femmes ayant servi sous le drapeau de l’ONU » depuis 1948.
 
Chaque 29 mai marque la « Journée internationale des Casques bleus des Nations unies » créée en 2002 par l’Assemblée générale car, le 29 mai 1948, le Conseil de sécurité avait établi la première opération de maintien de la paix : l’organisme des Nations unies chargé de la surveillance de la trêve au Moyen-Orient (Onust).
 
4200 soldats de la paix tués
 
Cette année, en raison du long week-end férié aux États-Unis pour le Memorial Day, l’ONU a célébré jeudi ce 75e anniversaire en mémoire des « plus de 4200 (Casques bleus) tués pour la cause de la paix » depuis 1948, selon le secrétaire général Antonio Guterres.  
 
Il a fait observer une minute de silence également pour les « 103 noms de plus qui se sont ajoutés en 2022 à cette liste ».
 
Mais 75 ans après la création de ces Casques bleus — dans la foulée de la fondation des Nations unies à la fin de la Seconde Guerre mondiale, « nous pâtissons du fait que nos États membres sont divisés », déplore Jean-Pierre Lacroix, en allusion à la paralysie du Conseil de sécurité par les antagonismes entre États-Unis, Russie et Chine depuis plus de dix ans.  
 
Et même si le Conseil renouvelle régulièrement les mandats des missions de maintien de la paix, le diplomate onusien réclame « davantage d’unité des États membres afin qu’ils puissent peser de manière active et unie sur la mise en œuvre d’accords de paix et de processus politiques ».
 
Car l’ONU a maintenant « plus de difficulté à atteindre les objectifs ultimes du maintien de la paix : se déployer, appuyer la mise en œuvre d’un accord de paix et ensuite partir graduellement », regrette cet ancien ambassadeur de France de 63 ans.
 
Plus de 87 000 personnes de 125 pays sont actuellement dépêchées sur 12 opérations de paix à travers le monde : Liban, Mali, République démocratique du Congo, Chypre, Inde et Pakistan, entre autres.  
 
Et, fait valoir M. Lacroix, « la liste des pays qui ont retrouvé la stabilité est longue », citant la Côte d’Ivoire, le Liberia, la Sierra Leone, l’Angola et le Cambodge dans les années 1990 et 2000.  
 
Mais, souffle-t-il, « la communauté internationale était à l’époque beaucoup plus unie et les processus politiques dans ces pays avaient été mis en œuvre avec l’appui actif et uni de nos États membres ».
 
Coûteuses et de plus en contestées, particulièrement en Afrique, les missions de maintien de la paix peuvent être aussi extrêmement périlleuses militairement et diplomatiquement, à l’instar de la Mission de stabilisation au Mali (Minusma).
 
Mission au Mali menacée?
 
Dans ce pays du Sahel, les militaires français de l’opération Barkhane sont partis en 2022 sous la pression d’une junte hostile qui, même si elle s’en défend, a fait appel aux mercenaires russes du groupe Wagner.
 
L’Allemagne, plus grande contributrice à la Minusma avec un millier de Casques bleus, a confirmé début mai le retrait de ses troupes d’ici un an.
 
Avec au total quelque 12 000 soldats de la paix déployés, cette mission de l’ONU a subi le plus de pertes dans le monde ces dernières années. Depuis sa création en 2013, 185 de ses membres sont morts dans des actes hostiles.
 
Alors, la Minusma est-elle menacée ?
Jean-Pierre Lacroix « ne le pense pas », mettant en avant les « relations régulières et transparentes avec les autorités maliennes » et des « manifestations de soutien à la Minusma dans des régions » du Mali.
 
Pour le chef des opérations de paix des Nations unies, « la grande majorité des États » voisins et des 15 membres du Conseil de sécurité « considèrent que la Minusma continue de jouer un rôle important qu’il s’agisse du soutien au processus politique de transition […] ou de la protection des civils ». (AFP)
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