Des manifestations ont eu lieu samedi dans plusieurs villes du Niger, notamment à Niamey, pour protester contre une résolution du Parlement européen demandant la libération « immédiate et sans condition » de l’ancien président Mohamed Bazoum.
Selon le correspondant d’Anadolu sur place, plus d’un millier de personnes se sont rassemblées à la Place de la Concertation, devant le siège du parlement à Niamey, à l’appel d’organisations de la société civile.
Des membres du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), organe militaire au pouvoir depuis le coup d’État du 26 juillet 2023, du Conseil Consultatif de la Refondation (CCR), du parlement de transition et du gouvernement étaient présents parmi les participants.
Plusieurs orateurs ont pris la parole pour dénoncer une ingérence dans les affaires intérieures du Niger.
Abdourahamane Oumarou, président du mouvement Urgences panafricaines, a qualifié la résolution de « paternaliste » et estimé que les peuples africains avaient « définitivement dépassé » ce type d’attitude.
Le gouverneur de la région de Niamey, le général Ousmane Abdou Harouna, a déclaré que l’Union européenne (UE) semblait oublier que le Niger « a cessé d’obéir sans réfléchir » depuis le coup d’État de 2023.
Le président du parlement de transition, Mamoudou Harouna Djingarey, a pour sa part affirmé qu’« aucune puissance extérieure ne saurait s’ériger en donneur d’ordre au Niger ».
Dans une déclaration à Anadolu, l’acteur de la société civile Inoussa Moussa a estimé que la résolution du Parlement européen constituait « une manœuvre de la France dans ses vaines tentatives de reprendre sa place au Sahel et de continuer à exploiter les ressources minières de ses anciennes colonies ».
Il a ajouté que « le Niger et les deux autres pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont souverainement décidé de prendre leur destin en mains ».
La résolution du Parlement européen, adoptée le 12 mars 2026 à Strasbourg, condamne la « détention arbitraire » de Mohamed Bazoum et de son épouse Khadidja, et appelle à leur libération immédiate ainsi qu’à celle des autres personnes détenues après le coup d’État.
Le mandat constitutionnel de M. Bazoum, élu en 2021, devait prendre fin le 2 avril 2026.
Dès le 13 mars 2026, le gouvernement nigérien avait convoqué la chargée d’affaires par intérim de l’UE à Niamey pour lui remettre une lettre de protestation officielle, dans laquelle il condamnait une ingérence dans ses affaires intérieures.
Mohamed Bazoum reste détenu depuis le coup d’État du 26 juillet 2023 au palais présidentiel, en compagnie de son épouse. [AA]






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