L’association des femmes avocates du Sénégal, «Sen Avocates» a consacré sa première activité aux femmes pensionnaires de la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Rufisque à travers l’organisation le jeudi 22 octobre 2026 d’une Journée de sensibilisation et de dépistage gratuit du cancer du col de l’utérus et du sein; et des IST, et la mise à disposition de médicaments.
Organisée en marge du mois d’octobre rose sous le haut patronage du Ministre de la Justice, garde des sceaux, Maître Moussa Sarr, en partenariat avec l’ONG Enda Santé, la Direction de l’administration pénitentiaire, le Ministère de la Santé à travers son district sanitaire de Rufisque, cette première activité de ces professionnels du droit a voulu lancer un signal fort : la santé est un droit humain fondamental non négociable qui doit profiter à tous y compris aux personnes en détention. Elle a été rehaussée de la présence de la Directrice de la Maison d’arrêt et de correction (MAC) de Rufisque, Mme Jusline Rolane Mpamy, de la représentante du bâtonnier Maître Ndeye Fatou Touré également membre de l’association «Sen Avocates», et de la Présidente de l’Association des greffières du Sénégal Maître Anne Cécile Coly.
Pour la Présidente de l’Association Sen Avocates, Maitre Khady Camara, la privation de liberté n’implique pas la privation du droit à la santé, de l’accès aux soins et aux traitements car, «au delà de l’erreur, il y a la présomption d’innocence». Mieux, c’est un droit reconnu par la constitution du Sénégal, par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et par la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP).
Le choix du thème de cette première journée, « La santé, un droit humain fondamental» est donc loin d’être fortuit parce que «la Santé n’est pas un privilège ; c’est un droit» dira Maître Khady Camara.
Soulignant l’importance de cette activité de sensibilisation et de dépistage du cancer du col de l’utérus et du sein, la présidente de «Sen Avocates» a repris à son compte l’adage selon lequel il vaut mieux prévenir que d’essayer de guérir des maladies aux soins extrêmement coûteux même pour des personnes nanties, a fortiori pour des personnes privées de liberté. Elle a promis aux pensionnaires femmes de la MAC de Rufisque un accompagnement de leur Association pour l’accès aux soins et l’accès au traitement avec les partenaires au delà de cette journée de dépistage.
La Présidente s’est réjouie de la présence à cette activité de toute la famille judiciaire et a magnifié l’accompagnement de l’ONG Enda Santé qui est connue pour son engagement aux cotés des pensionnaires des prisons du Sénégal et du Ministère de la Santé.
La représentante du bâtonnier, Maitre Ndeye Fatou Touré, a salué une belle initiative de l’association des femmes avocates qui ont enlevé leurs robes d’avocat et laisser derrière elles leurs cabinets pour venir plaider au service d’un autre droit ; le droit à la santé. Pour Maitre Touré, le cancer du col de l’utérus et du sein peut devenir plus qu’une maladie. Elle peut finir en une fatalité qui engloutit tout : terrains, maisons, comptes en banque, tant son traitement est coûteux.
«C’est une maladie qui vous ruine avant de vous tuer», dixit Maitre Touré pour qui la seule solution reste la prévention. Mais au préalable, il faudra vaincre la peur de se faire dépister, a-t-elle ajouté.
Pour sa part, Mme Yacine Ciss, a réitéré la disponibilité d’Enda Santé à accompagner toute initiative visant à restaurer la dignité humaine car pour elle, l’accès à la santé est avant tout une question de dignité humaine.
À noter qu’Enda Santé travaille depuis longtemps avec le Ministère de la Santé sur plusieurs autres maladies comme l’hépatite B et le VIH, et avec les prisons de Dakar, Ziguinchor, Mbour et Kolda.
Bacary SEYDI (correspondance particulière)







FRANCE


