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En Afrique du Sud, les élections les plus incertaines depuis 30 ans

Vendredi 24 Mai 2024

Johannesburg, vue d'en haut.
Johannesburg, vue d'en haut.

Les partis sud-africains se préparent à un dernier week-end de grands meetings avant l'élection législative mercredi, qui promet d'être la plus contestée depuis 30 ans, le parti au pouvoir étant menacé d'enregistrer un recul historique dans les urnes.

 

A Soweto, l'ANC va remplir samedi un stade de 90.000 places de partisans en jaune, en présence de l'actuel président Cyril Ramaphosa, 71 ans. Son slogan: "Allons plus loin ensemble".

 

L'Alliance démocratique (DA), premier parti d'opposition, se réunira en bleu dimanche en banlieue de Johannesburg. Et les Combattants pour la liberté économique (EFF, gauche radicale) en rouge samedi dans le Limpopo (nord-est).

 

Le MK, nouveau parti mené par l'ex-président Jacob Zuma, qui compte largement grignoter des voix de l'ANC, tiendra aussi meeting en vert dimanche dans le Mpumalanga (est), l'un des bastions traditionnels du parti au pouvoir depuis la fin de l'apartheid.

 

Les Sud-Africains de l'étranger ont déjà voté et en début de semaine, ce sera le tour d'un million d'électeurs ayant demandé une procuration (maisons de retraite, prisons, hôpitaux) avant le scrutin de mercredi, décrété jour férié.

 

Le Congrès national africain (ANC), en dépit d'un désamour croissant, devrait rester le plus gros parti au Parlement. Mais il pourrait perdre, pour la première fois depuis l'élection de Nelson Mandela en 1994, sa majorité absolue. Actuellement, il compte 230 députés sur un total de 400 (57,5%).

 

"Il va y avoir des négociations" après ce scrutin inédit, estime auprès de l'AFP l'analyste politique Sandile Swana. "Il y aura une grande consultation entre les différents camps pour déterminer la suite et plancher sur la formation du prochain gouvernement".

 

L'ANC est largement tenu responsable d'un chômage endémique touchant près du tiers de la population active, une croissance en berne et une criminalité record. Les 62 millions de Sud-Africains sont aussi confrontés à des pannes d'eau répétées et à une grave crise énergétique engendrant des coupures d'électricité allant jusqu'à 12 heures par jour.

 

- "Déterminés" -

 

La multiplication des affaires de corruption impliquant des figures du parti ont par ailleurs profondément entamé la confiance des électeurs.

 

Selon un sondage de la Social Research Foundation (SRF) publié vendredi, les intentions de vote pour l'ANC s'effritent: elles sont passées en un peu moins d'une semaine de 45,9% à 40,8%, sur la base d'un taux de participation de 60%.

 

L'ANC était tombé à quelque 40% des intentions de vote il y a quelques semaines mais semblait reprendre du poil de la bête ces derniers jours. Selon le sondage de SRF, le DA est crédité de 23,7%, l'EFF de 7,3% et le MK de 13,3% d'intentions de vote.

 

Plus de 27 millions d'électeurs inscrits voteront pour des listes, à la proportionnelle. Les 400 nouveaux députés éliront ensuite le président.

 

Jacob Zuma, ancien pilier du parti historique et ennemi juré du flegmatique président Ramaphosa, lui a volé la vedette pendant la campagne, créant la surprise en raflant entre 10 et 14% des intentions de vote dans les sondages.

 

Tête de liste du parti populiste baptisé du nom de la branche armée de l'ANC du temps de la lutte contre l'apartheid, Umkhonto We Sizwe (MK), M. Zuma a été déclaré inéligible à dix jours du scrutin, en raison d'une condamnation pour outrage en 2021.

Sa photo sera toutefois affichée sur les bulletins de vote, déjà imprimés, a précisé la Commission électorale (IEC).

 

Selon nombre d'observateurs, la non-candidature de "JZ" ne devrait pas entamer le vote en faveur du MK dont il reste le leader, l'organisation pouvant même tirer parti de cette exclusion sur fond de discours anti-système.

 

Le MK, qui s'est dit "déterminé" et a appelé ses partisans au calme, a assuré que "les gens voteront massivement pour Jacob Zuma" en dépit d'une décision de justice "biaisée".

 

Charismatique en diable, l'ex-président de 82 ans, poussé à la démission en 2018 après une série de scandales et encore jugé pour corruption, bénéficie d'un fervent soutien populaire, notamment dans sa province du Kwazulu-Natal (est).

 

Les forces de sécurité sur le qui-vive ont récemment déclaré avoir identifié des "menaces" mais être prêtes à faire face à toute tentative de troubles. [AFP]

 
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