Une série d’explosions a retenti vendredi près d’une base militaire accueillant des forces américaines dans le nord de l’Irak, tandis que des sirènes ont retenti à Bahreïn, quelques heures après que l’armée américaine a annoncé avoir achevé sa 13e nuit de frappes contre l’Iran depuis la reprise des hostilités.
Le conflit s’est à nouveau enflammé au cours de la semaine dernière, les États-Unis pilonnant l’Iran, tandis que Téhéran s’en prend à des navires dans le détroit d’Ormuz et vise des cibles américaines et des alliés des États-Unis dans la région.
Les rebelles houthis, alliés de l’Iran, ont accentué la pression en prenant pour cible deux pétroliers saoudiens en mer Rouge, mettant ainsi à exécution leur menace de couper une voie alternative pour le pétrole.
Malgré l’impopularité de la guerre aux États-Unis et les dégâts considérables qu’elle a causés en Iran, cette nouvelle vague de combats ne semble pas près de s’arrêter.
Le ministère iranien de la Santé a annoncé que 55 personnes avaient été tuées et que plus de 600 autres avaient été blessées lors des frappes de ces dernières semaines.
Vendredi matin, un journaliste de l’Associated Press a entendu au moins sept explosions dans la ville d’Erbil, capitale de la région kurde semi-autonome d’Irak. Il a vu au moins quatre panaches de fumée noire s’élever depuis des zones situées à proximité ou à l’intérieur d’une base située à l’aéroport de la ville.
Alors que les États-Unis bombardaient l’Iran, Téhéran a pris pour cible plusieurs pays de la région qui accueillent des troupes américaines. Bahreïn a fait retentir ses sirènes à deux reprises vendredi, mais aucun dégât n’a été signalé.
Des frappes américaines ont touché une base navale des Gardiens de la révolution dans le nord de l’Iran, selon ce qu’ont rapporté vendredi matin les agences de presse semi-officielles iraniennes Fars et ISNA.
Des explosions dues aux bombardements américains menés pendant la nuit ont également été signalées sur l’île iranienne de Qeshm, qui abrite une base de moyens navals, notamment des drones marins que l’Iran peut utiliser pour attaquer des navires dans le détroit d’Ormuz.
D’autres détonations ont retenti dans la province d’Ispahan, où se trouvent une importante base aérienne iranienne et l’un des sites nucléaires du pays. D’autres frappes auraient touché la province du Khuzestan, au sud-ouest de l’Iran, et la province du Fars, au sud.
Le Commandement central américain a plaidé que cette dernière salve visait à « affaiblir davantage la capacité de l’Iran à menacer les marins civils et les navires commerciaux transitant par les eaux régionales ».
Les houthis s’en mêlent
La capacité de l’Iran à fermer le détroit d’Ormuz — et à provoquer un chaos économique bien au-delà du Moyen-Orient — lui confère un formidable levier dans toute négociation.
Ses alliés houthis n’ont fait que renforcer ce levier en prenant pour cible, jeudi, deux pétroliers saoudiens en mer Rouge, augmentant ainsi les risques liés au transport maritime sur une autre voie vitale pour le pétrole du Moyen-Orient.
Le Brent, référence internationale, a brièvement dépassé les 100 $ US le baril à la suite de ces attaques, mais il est depuis redescendu.
Le président américain, Donald Trump, a menacé les houthis de « sanctions militaires majeures » si leurs attaques contre les navires se poursuivent.
M. Trump a aussi mis en garde l’Iran à propos de ses attaques contre les navires, écrivant jeudi sur les réseaux sociaux que les fonds iraniens sanctionnés détenus par les États-Unis seraient utilisés pour couvrir les frais de réparation des navires endommagés pendant le conflit.
On ignore quels mécanismes juridiques M. Trump utiliserait pour accéder à ces fonds et les dépenser.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a condamné cette proposition, écrivant sur X que « dès que les gouvernements normalisent la confiscation, les avoirs de personne ne sont plus en sécurité ».
« Le chaos qui s’ensuivra ne sera ni agréable ni pacifique », a-t-il prévenu.
L’Iran affirme avoir le droit de réguler le trafic et, éventuellement, de percevoir des droits de passage dans le détroit d’Ormuz, qui était ouvert à tous sans péage avant la guerre.
Le pays a attaqué des navires empruntant une route traversant le détroit supervisée par les forces américaines et censée échapper au contrôle de Téhéran. [Associated Press]






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