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Arrestation de Sonko et dissolution administrative de Pastef : l’Etat néocolonial ne respecte plus rien ! (Par Diagne Fodé Roland)

Lundi 14 Août 2023

Arrestation de Sonko et dissolution administrative de Pastef : l’Etat néocolonial ne respecte plus rien ! (Par Diagne Fodé Roland)
 
L’arbitraire du régime présidentialiste vient de coupler l’arrestation de l’opposant, probable vainqueur de la présidentielle 2024, à l’annonce de la dissolution de Pastef aussitôt suivie de prises d’assauts répressives de ses sièges et d’arrestations de responsables nationaux et locaux. Après les échecs des multiples et incessants abus de pouvoir sans aucun fondement juridique sérieux, c’est maintenant la force brutale sans aucune base légale qui est mise en branle pour écarter Sonko et Pastef de participer et inévitablement gagner la compétition électorale.
 
Ahurissant la technique flagrante du « voleur qui crie au voleur » caractéristique du communiqué du Ministère de l’Intérieur décrétant la « dissolution de Pastef ».
 
Quel est le Sénégalais, l’Africain, l’humain, voire l’enfant tout court qui peut gober la sentence inquisitoire gouvernementale selon laquelle :
 
+ « le parti politique Pastef, à travers ses dirigeants et ses instances, a fréquemment appelé ses partisans à des mouvements insurrectionnels, ce qui a entraîné de lourdes conséquences, incluant de nombreuses pertes en vies humaines, de nombreux blessés, ainsi que des actes de saccage et de pillage de biens publics et privés » ;
 
N’est-ce pas plutôt les complots ourdis pour « réduire l’opposition à sa plus simple expression », visant surtout Sonko et Pastef qui ont provoqué la colère populaire de la jeunesse dans les rues des villes du pays ?
 
Franchement où est le respect de la disposition de l’article 4 selon laquelle « La Constitution garantit des droits égaux aux partis politiques, y compris ceux qui s’opposent à la politique du Gouvernement en place », ce d’autant plus que la calomnie de « l’appel à l’insurrection » à ne pas confondre avec « appel à la résistance constitutionnelle » est une exclusivité de l’actuel président qui date de 2011.
 
+ « les nombreuses pertes en vie humaines, de nombreux blessés » sont ainsi allégrement attribués à Pastef et non à ce que tout le monde a vu, c’est-à-dire aux « nervis à côté des FDS », des manifestants torturés ou blessés par une répression aveugle qui confine au crime très souvent contre des manifestations interdites sans aucune base légale sérieuse;
 
+ les « actes de saccage et pillage » sont aussi attribués péremptoirement à la « résistance constitutionnelle » de Sonko et de Pastef ;
 
+ « les dernières en date sont les graves troubles à l’ordre public enregistrés au cours de la première semaine du mois de juin 2023, après ceux du mois de mars 2021 », « troubles » dont les causes sont mises sous le boisseau pour camoufler la responsabilité criante de l’arbitraire gouvernemental et inverser bourreau (le pouvoir) et victime (Pastef et Sonko).
 
Ainsi « l’enquête en cours sur les évènements de 2021 puis de 2023 » annoncée par le Président Macky Sall est transformée par le bon vouloir du prince en transfert forcé de Sonko de la prison à domicile à la prison tout court et en communiqué de dissolution administrative de Pastef-Les Patriotes aussitôt suivi bouclage de ses locaux et arrestations de militants. Voilà à quoi est ramenée « l’exemplaire démocratie sénégalaise » vantée sur tous les tons par les thuriféraires du régime libéral néocolonial aux abois.
 
Tout le monde voit que, parce qu’ayant obtenu l’adhésion majoritaire de l’opinion publique nationale, Pastef-Les Patriotes et son leader candidat à la présidentielle subissent les pires agressions liberticides de l’État libéral néocolonial par :
 
+ les gazages policiers ou les agressions des nervis des Nemmeku Tour, les interdictions d’exercer le droit constitutionnel de manifester, de s’exprimer, d’informer, de critiquer, de faire des mobilisations financières citoyennes, les emprisonnements de responsables, de manifestants, de journalistes ;
 
+ les insultes diffamatoires de « terroristes, salafistes, rebelles, appels à l’insurrection, etc », les menaces de mort, les stigmatisations ethnicistes, les radiations ou sanctions visant le camp patriotique, les plaintes des patriotes victimes contre ces forfaits sont sans suite assurant l’impunité aux calomniateurs du camp présidentiel néocolonial ;
 
+ la flagrance des complots judiciaires contre Sonko qui explosent en plein vol sous les yeux de tous.
 
Cette liste non exhaustive des forfaitures illégales et déloyales d’État contre Pastef et Sonko montre que le REGIME DE MACKY/APR/BBY A PEUR DE LA COMPETITION ELECTORALE AVEC PASTEF ET SONKO.
 
Ce régime finissant incapable de trouver un successeur fiable même dans ses propres rangs divisés, cherche à provoquer le chaos prétexte au renoncement de la renonciation publique à la troisième candidature de celui qui sera l’ex-président autocrate à partir du 25 février 2023.
 
Aux provocations répressives illégales et arbitraires, la gouvernance néocoloniale vient d’ajouter la menace de participer à une éventuelle guerre d’ingérence françafricaine dans les affaires intérieures du Niger en ayant en ligne de mire l’état d’urgence pour suspendre officiellement les libertés et droits prétexte à un éventuel renvoi de la présidentielle 2024 pour rester encore au pouvoir.
 
Le régime de la seconde alternance fait en pratique exactement le contraire des principes et valeurs inscrits dans le préambule de notre Constitution qui proclame « la séparation et l’équilibre des pouvoirs conçus et exercés à travers des procédures démocratiques ; le respect des libertés fondamentales et des droits du citoyen comme base de la société sénégalaise ; le respect et la consolidation d’un Etat de droit dans lequel l’Etat et les citoyens sont soumis aux mêmes normes juridiques sous le contrôle d’une justice indépendante et impartiale ; l’accès de tous les citoyens, sans discrimination, à l’exercice du pouvoir à tous les niveaux ; l’égal accès de tous les citoyens aux services publics ; le rejet et l’élimination, sous toutes leurs formes, de l’injustice, des inégalités et des discriminations ; la volonté du Sénégal d’être un Etat moderne qui fonctionne selon le jeu loyal et équitable entre une majorité qui gouverne et une opposition démocratique, et un Etat qui reconnaît cette opposition comme un pilier fondamental de la démocratie et un rouage indispensable au bon fonctionnement du mécanisme démocratique ».
 
Réduit au stratagème « après moi le déluge », l’autocratie libérale néocoloniale régnante imite en cela son prédécesseur historique qui, en 1960, a interdit le PAI, premier parti communiste Marxiste-Léniniste de notre pays, avant de phagocyter le PRA dans son parti unique et de faire un putsch civilo-militaire de la fraction de la bourgeoisie compradore représentée par Léopold Senghor et Lamine Gueye contre la fraction nationaliste de la bourgeoisie bureaucratique représentée par Mamadou Dia et Valdiodio N’diaye.
 
L’autocratie libérale néocoloniale s’inscrit ainsi dans la logique coloniale qui, une fois la conquête violente réalisée, a mis en place une prétendue « démocratie » coloniale qui a intégré par étape les « élites » colonisées aux joutes électorales avant de se lancer dans les criminelles répressions mortifères pour imposer violemment le passage du colonialisme au néocolonialisme.
 
Macky/APR/BBY répètent manifestement cette logique répressive fascisante qui bafoue les conquêtes démocratiques qui ont permis deux alternances libérales néocoloniales en instaurant de fait l’État hors la loi néocolonial.
 
Il est temps qu’au delà de la résistance d’une jeunesse qui refuse le saccage de leur espoir dans une vie meilleure au pays, l’ensemble des forces vives du pays dresse un rempart démocratique pour rétablir l’État de droit, le respect par le régime de Macky/APR/BBY des lois en vigueur par le respect du droit constitutionnel de manifester, de se réunir pacifiquement, la libération de Sonko et de tous les détenus politiques, l’abrogation du scandaleux décret de dissolution de Pastef, la participation de Sonko et de tous les candidats en dehors de Macky Sall et l’organisation consensuelle par une autorité ou un organe consensuel indépendant de l’élection présidentielle de 2024.
 
Tous debout sur le pont pour sauver le pays et stopper la fascisation du régime libéral néocolonial pour que vivent les conquêtes démocratiques durement gagnées ! Rappelons à Macky/APR/BBY que c’est à ces conquêtes démocratiques du peuple qu’il doit d’avoir été le 4ème président du Sénégal.
12/08/23
Diagne Fodé Roland
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