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Afrique du Sud - L’ANC conclut un accord pour former un gouvernement de coalition

Vendredi 14 Juin 2024

Le secrétaire général de l’ANC, Fikile Mbalula
Le secrétaire général de l’ANC, Fikile Mbalula

L’ANC, le plus important parti sud-africain, privé de majorité absolue par les dernières élections fin mai, a annoncé jeudi avoir conclu un accord avec plusieurs partis en vue de la formation d’un gouvernement de coalition, à la veille de la première session du nouveau Parlement.  

 

« Nous sommes parvenus à un accord commun sur la nécessité de travailler ensemble », a déclaré le secrétaire général de l’ANC, Fikile Mbalula, lors d’une conférence de presse.  

 

La coalition doit « graviter autour du centre », après un rejet de l’accord par l’opposition de gauche, a-t-il déclaré, et donner naissance à un gouvernement d’union nationale.

 

L’accord doit permettre la reconduction pour un deuxième mandat du président Cyril Ramaphosa lors de la séance parlementaire de vendredi au Cap.  

 

Selon M. Mbalula, la coalition inclut l’Alliance démocratique (DA) de centre droit, le parti nationaliste zoulou Inkatha (IFP), le petit Mouvement démocratique uni de centre gauche et le FF Plus, un parti identitaire blanc.  

 

Les Combattants pour la liberté économique (EFF), de gauche radicale, ont été exclus de l’accord, faute d’entente lors des discussions avec leur dirigeant Julius Malema, a déclaré M. Mbalula.  

 

Le parti de l’ex-président Jacob Zuma, uMkhonto weSizwe (MK), arrivé en troisième position lors des élections, n’est pas non plus partie prenante. Selon M. Mbalula, les discussions vont se poursuivre avec cette formation.  

 

Mais le MK, qui a annoncé son intention de déposer un recours en justice, conteste la validité des résultats des législatives et dénonce des irrégularités. Ses 58 députés ont prévu de boycotter la session inaugurale du Parlement.  

 

« Impérialisme » et « arriération »

 

Depuis l’avènement de la démocratie post-apartheid, il y a 30 ans, le Congrès national africain, ANC, parti historique de Nelson Mandela, détenait la majorité absolue et élisait un président issu de ses rangs.  

 

Mais l’ancien mouvement de libération, affaibli par la corruption et les mauvais résultats économiques, a vu son soutien s’effondrer lors des élections du 29 mai, qui ne lui ont accordé que 40 % des voix, soit 159 sièges sur 400.  

 

En Afrique du Sud, le président est choisi parmi les députés lors d’un vote à bulletin secret de l’Assemblée nationale. Il doit ensuite choisir les ministres qui formeront l’exécutif à Pretoria.
 

L’ANC a invité « tout le monde à participer » au gouvernement, a souligné M. Mbalula.  

 

Mais rapprocher les points de vue entre la DA, dirigée par les Blancs et favorable à l’économie de marché, forte de 87 députés, et l’EFF, qui dispose de 39 sièges et milite pour nationaliser terres et entreprises s’est avéré une gageure.

 

Lors d’une conférence de presse, jeudi, M. Malema, ancien dirigeant de la jeunesse de l’ANC, a déclaré que son parti n’était pas opposé à une large coalition et aurait voté pour le candidat de l’ANC à la présidence si la présidence ou vice-présidence de l’Assemblée lui avait été accordée.  

 

Mais il a dénoncé l’alliance avec la DA et le FF Plus. « Cela représente l’impérialisme, le racisme et la suprématie blanche, l’arriération », a-t-il fustigé.  

 

Un homme d’affaires millionnaire

 

Ancien syndicaliste devenu homme d’affaires millionnaire, M. Ramaphosa, 71 ans, a accédé au pouvoir en 2018 après que M. Zuma a été chassé du pouvoir sous le coup d’accusations de corruption.  

 

Autrefois décrit par Nelson Mandela comme l’un des dirigeants les plus doués de sa génération, il avait joué un rôle clé dans les négociations ayant mis fin à l’apartheid au début des années 1990.

 

Promettant une nouvelle ère pour l’Afrique du Sud, il a, selon ses détracteurs, déçu les attentes, avec notamment un chômage au plus haut.  

 

Le virage au centre négocié dans le cadre de l’accord de coalition pourrait encore nuire à sa popularité, en particulier dans les rangs de l’ANC, à l’ADN progressiste de gauche.  

 

Durant les négociations, la perspective d’une alliance avec la DA a nourri divisions et mécontentements parmi les cadres du parti. Selon les observateurs, des députés de l’ANC pourraient voter contre M. Ramaphosa vendredi, couverts par le secret du vote. [AFP]

 
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