Le siège de la banque Edmond de Rothschild à Paris a été perquisitionné vendredi dans le cadre d’une enquête pour corruption d’agents publics visant le diplomate français Fabrice Aidan, cité dans les dossiers liés à Jeffrey Epstein, ont indiqué mardi des sources proches du dossier.
La perquisition s’est déroulée en présence d’Ariane de Rothschild, directrice générale de la banque, selon l’une de ces sources.
L’enquête est menée par le Parquet national financier (PNF), juridiction française spécialisée dans la lutte contre la grande délinquance économique et financière, avec le concours des enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF).
Fabrice Aidan, ancien diplomate détaché auprès des Nations unies — organisation internationale chargée notamment du maintien de la paix — est soupçonné de faits de corruption d’agents publics. Il a été entendu fin février en audition libre, une procédure permettant d’interroger une personne sans placement en garde à vue.
Le diplomate a travaillé à la banque Edmond de Rothschild entre 2014 et 2016, avant de rejoindre le groupe énergétique Engie, qui a mis fin à ses fonctions après les révélations le concernant.
Dans une réaction transmise à la presse française, une source proche de la banque a indiqué que l’établissement « coopère pleinement avec la justice » et qu’une enquête interne avait été lancée dès l’apparition de soupçons visant cet ancien salarié.
Le nom de Fabrice Aidan est apparu dans des documents déclassifiés publiés en janvier par les autorités américaines dans le cadre de l’affaire Jeffrey Epstein, financier américain condamné pour crimes sexuels sur mineures. Selon des informations de presse, il y est mentionné à plusieurs reprises dans des échanges remontant à la période 2010-2017.
Selon des documents consultés par la presse française, son nom apparaît plus de 200 fois dans des échanges avec Jeffrey Epstein, certains remontant à 2010, lorsqu’il était en poste aux Nations unies. D’après des informations publiées par Mediapart et Radio France, il aurait transmis des informations diplomatiques ou rendu des services à l’homme d’affaires américain, ce que conteste son avocate, Me Jade Dousselin.
Celle-ci a indiqué en février que son client contestait « l’entièreté des accusations portées à son encontre », affirmant que des investigations menées notamment par le FBI n’avaient donné lieu à aucune poursuite.
La mention du nom d’une personne dans ces documents ne suppose toutefois pas, en elle-même, l’existence d’un comportement répréhensible.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait annoncé avoir saisi la justice et lancé une enquête administrative ainsi qu’une procédure disciplinaire à l’encontre du diplomate.
Par ailleurs, le groupe Engie a annoncé le 16 mars avoir mis fin aux fonctions de Fabrice Aidan, indiquant que sa suspension préalable était devenue caduque. [AA]







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